«L'entrevue éclair avec...» Lamara Papitashvili, auteure qui raconte des histoires migrantes plus vraies que nature – Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Lamara Papitashvili, auteure qui raconte des histoires migrantes plus vraies que nature

«L’entrevue éclair avec…» Lamara Papitashvili, auteure qui raconte des histoires migrantes plus vraies que nature

«Une Terre, quatre visages»: le double choc culturel de quatre adolescents

Publié le 10 septembre 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : Calvin Harris

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd'hui, on a eu le plaisir de jaser à nouveau avec Lamara Papitashvili, auteure qu'on avait apprivoisée en 2021 au moment où les Éditions David publiaient «Adieu, Staline!» Alors que son plus récent roman, «Une Terre, quatre visages», paraît en librairie, l'occasion était toute désignée de discuter de multiculturalisme, d'immigration et de choc culturel, des thèmes qui trouvent un écho à travers son histoire personnelle et familiale.

Lamara, quel bonheur de te retrouver pour un brin de jasette! En octobre 2021, on avait fait ta connaissance alors que ton roman Adieu, Staline! était lancé en librairie. Quels échos cette œuvre a-t-elle récoltés auprès du public francophone, et à quoi as-tu occupé ton temps depuis notre dernière discussion?

«Avec Adieu, Staline!, les lecteurs ont apprécié le voyage historique dans un coin de la planète qu’ils ne connaissaient pas forcément: la Géorgie et le Liban des années 1930. Le roman est aussi jalonné de morceaux de musique classique, car le personnage principal est musicien. J’ai donc reçu énormément de commentaires positifs au sujet de cette dimension musicale. Un lecteur a même tellement aimé qu’il a créé sa propre liste de lecture sur Spotify, suivant la chronologie des morceaux du livre, et l’a intitulée Adieu, Staline!»

«Plus que tout, je crois que les lecteurs ont trouvé les personnages attachants. Plusieurs m’ont demandé si je comptais publier une suite à cette histoire. Justement, un roman — dont je fais la relecture en ce moment — paraîtra l’an prochain et reprendra certains de ces personnages. Ce sera une fiction, mais hautement inspirée de mon enfance en Syrie: une saga familiale qui s’étendra sur près de soixante ans.»

Te souviens-tu? On t’avait demandé de quelle façon tes racines multiculturelles – à titre de rappel, tu es née en Syrie d’une famille aux origines géorgienne, ukrainienne et russe – influençaient la personne que tu es aujourd’hui. Tu nous avais répondu, entre autres, que si on te reposait la question dans un an, tu nous répondrais sans doute autre chose… Bon, quatre ans ont passé, finalement, mais on est curieux de te lire à ce sujet!

«En effet, le temps nous fait évoluer… Aujourd’hui, je m’assure surtout de transmettre à mes enfants les bonnes valeurs diverses que j’ai eu la chance d’observer dans les différentes cultures où j’ai vécu. Par exemple: la générosité, la politesse et le savoir-vivre appris en Syrie; le sens de la famille et les liens d’amour inconditionnel hérités de mes racines caucasiennes; la cuisine libano-syrienne, nourrissante et réconfortante; le pragmatisme dans la résolution de problèmes acquis au Canada.»

«Ce savoir se transmet aussi à travers les langues, qui portent elles-mêmes la culture en elles. Mes filles sont d’ailleurs polyglottes: elles parlent le français, l’anglais, l’allemand et apprennent actuellement l’espagnol.»

Si l’occasion était toute désignée pour renouer le contact avec toi, c’est parce que les Éditions David ont annoncé la sortie de ton plus récent roman, Une Terre, quatre visages, qui voit le jour le 3 septembre. À travers cette histoire multiculturelle, qui traite de thèmes qui te sont chers, le déracinement, la quête d’identité et l’espoir d’un nouveau départ, on suit quatre adolescents venus des quatre coins du monde s’installer au Canada. Comment t’est venue l’inspiration pour cette histoire, et comment sont nés, dans ton imaginaire, les personnages d’Athéna, Tarek, Alex et Naomi?

«Moi-même, j’ai été immigrante à l’adolescence. C’est pourquoi, avec mon roman Une Terre, quatre visages, j’ai voulu raconter ce que cela signifie d’arriver dans un pays étranger à cet âge charnière. Près d’un quart des Canadiens sont nés à l’étranger. Cela veut dire qu’en marchant dans une rue, nous croisons constamment des histoires de migration, de familles venues de partout. Cette diversité rend le pays riche, mais elle implique aussi que beaucoup de jeunes vivent souvent un double choc culturel: celui de leur famille (plus lente à s’adapter) et le leur (plus rapide, mais parfois conflictuel avec leurs parents).»

«Mes personnages adolescents vivent ce double choc: ils doivent se construire eux-mêmes tout en portant leur famille, leur passé et leurs propres défis.»

Ce qui fait la beauté de ton roman, c’est définitivement la façon dont tu as tissé le fil narratif en quatre récits entremêlés, puisque les trajectoires de ces quatre adolescents, «aussi chaotiques qu’émouvantes», se croiseront un beau jour. Histoire de nous mettre l’eau à la bouche, peux-tu nous parler brièvement des défis auxquels seront confrontés ces personnages remplis d’humanité et de bonne volonté?

«Athéna, Tarek, Alex et Naomi sont quatre adolescents venus de Grèce, du Liban, du Vietnam et de la République démocratique du Congo. Chacun vit son propre choc culturel.»

«À Toronto, Athéna a le mal du pays. La Grèce lui manque terriblement et la solitude pèse sur son quotidien. Sa mère, accaparée par deux emplois, est rarement présente. À l’école, Athéna envie Amy, une camarade de classe dont la vie semble parfaite. Mais les apparences sont souvent trompeuses…»

«Tarek, un adolescent libanais installé à Ottawa, ne rêve que d’une chose: retourner au Liban, là où il se sentait heureux. Ses parents exercent une pression constante sur lui pour qu’il excelle dans ses études et devienne un jour avocat ou médecin. Mais un incident imprévu avec un camarade de classe bouleverse son quotidien. Pourra-t-il un jour se sentir à sa place au Canada

«À Sudbury, Alex, d’origine vietnamienne, étouffe sous le poids des attentes et des traditions familiales, et rêve d’indépendance. Sa rencontre avec Jessy marque un tournant, mais provoque aussi des tensions avec sa famille qui refuse de le voir s’éloigner. Réussira-t-il à construire une relation avec Jessy tout en préservant ses liens familiaux?»

«Naomi quitte la République démocratique du Congo pour rejoindre Montréal, remplie d’espoir à l’idée de retrouver sa mère qu’elle n’a pas vue depuis ses quatre ans. Pourtant, l’accueil glacial qu’elle reçoit sème le doute en elle. Pourquoi sa mère l’a-t-elle abandonnée si jeune? Et surtout, existe-t-il encore un chemin vers la réconciliation?»

À part l’écriture et la lecture, deux passe-temps qui t’ont toujours permis d’ouvrir des portes sur le monde, que tu n’as jamais hésité à franchir, cela dit, à quoi occupes-tu tes temps libres, sinon?

«Ces derniers temps, je les passe surtout avec mes filles et mon mari, à cuisiner des plats internationaux, à lire des histoires, à faire des promenades…»

«Je crois aussi qu’il est important de continuer à apprendre de nouvelles choses. J’ai donc commencé un nouveau sport, le padel, et je continue à pratiquer le Pilates et le yoga. La santé physique est très importante pour moi, car elle contribue directement à une meilleure santé mentale. Voilà pourquoi je privilégie une alimentation saine et un corps actif afin de me sentir mieux.»

«Et puis, les enfants adorent le sport! D’ailleurs, elles apprennent beaucoup plus vite que moi…»

Une Terre, quatre visages de Lamara Papitashvili est présentement disponible en librairie  au coût de 19,95 $ (papier). Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions David.

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