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Crédit photo : Entract Films
L’univers des backrooms (ou «arrière-salles» en français) est né sur les forums et plateformes en ligne. Ces histoires reposent sur le concept d’espaces vides infinis qui sont familiers, mais profondément dérangeants.
En 2022, Kane Parsons, alors âgé de seulement 16 ans, transforme ce concept en série de vidéos sur YouTube sous le pseudonyme Kane Pixels. Il remporte un franc succès, tant et si bien que l’une de ces vidéos cumule aujourd’hui plus de 70 millions de vues.
Face à cet engouement, le studio A24 décide, l’année suivante, d’en faire une adaptation cinématographique et fait le choix audacieux, mais sensé, de confier la réalisation à son propre créateur.
Aujourd’hui âgé de vingt ans, Parsons signe ici son premier long métrage, et tout porte à croire qu’il risque de nous surprendre encore bien longtemps!

Image tirée du film «Backrooms». Photo: Entract Films
La découverte d’un lieu surréaliste
Clark (incarné par Chiwetel Ejiofor, que l’on a notamment vu dans 12 Years a Slave et The Life of Chuck) a renoncé à ses ambitions de devenir architecte et travaille dans un magasin de meubles peu fréquenté afin de payer ses factures, un quotidien qui ne parvient pas à le satisfaire.
À la suite d’une séparation qui l’a laissé amer et sans logement, il se voit contraint de vivre dans le sous-sol de son lieu de travail. Il sort très peu, si ce n’est pour rendre visite à sa thérapeute Mary (jouée par Renate Reinsve connue pour son rôle dans Sentimental Value), qui tente de l’aider à confronter ses démons.
Un jour, Clark fait une découverte étonnante: l’endroit où il passe la majeure partie de son temps cache un univers parallèle auquel il est possible d’accéder simplement en traversant les murs.

Image tirée du film «Backrooms». Photo: Entract Films
Intrigué, mais aussi terrifié, il en parle à Mary, qui peine à le croire. Il lui promet alors de revenir avec des preuves de l’existence de ce lieu étrange, mais les choses tournent rapidement au cauchemar.
Clark comprend rapidement qu’il ne parviendra probablement jamais à s’échapper de cette autre dimension. Désespéré, il envoie un message à Mary pour lui annoncer qu’il ne reviendra pas, la poussant ainsi à partir à sa recherche.
Inconfort et incompréhension
Backrooms n’est pas un film qui cherche constamment à faire sursauter son public, mais plutôt une œuvre qui éveille la curiosité et empêche de rationaliser jusqu’à la toute fin.
L’anxiété s’installe dès la scène d’ouverture, alors qu’un premier personnage, envahi par la panique, tente désespérément de trouver une sortie. Sa respiration haletante et les mouvements de caméra brusques suffisent à plonger le spectateur dans un état de tension immédiat.
Les effets sonores jouent un rôle essentiel dans le film, créant une tension constante qui nous garde rivés au bout de notre siège.
Le film crée également un profond malaise grâce à ses espaces parfois étroits et oppressants, parfois, au contraire, beaucoup trop vastes, à ses bruits inquiétants, dont l’origine demeure souvent inconnue, ainsi qu’à ses phénomènes inexpliqués, qui nous poussent inévitablement à nous gratter la tête pour tenter d’y trouver une explication logique.
Ces espaces semblent d’ailleurs être générés à partir — ou peut-être par — la psyché des visiteurs, devenant de plus en plus abstraits et surréalistes à mesure qu’ils s’y enfoncent.

Image tirée du film «Backrooms». Photo: Entract Films
Il y a d’ailleurs quelque chose de profondément dérangeant dans les espaces liminaux, ces lieux vides et dénués de présence humaine que le film exploite avec efficacité. Ces endroits, qui devraient sembler familiers ou rassurants, évoquent plutôt des lieux hantés.
Les portes et les entrées placées à des endroits improbables remettent constamment nos repères en question, tandis que les pièces qui se répètent à l’infini, comme des copies les unes des autres, accentuent la désorientation.
Celles-ci donnent l’impression que les personnages qui s’aventurent dans cet univers parallèle resteront perdus à jamais.
Autre élément troublant: même après avoir vu le film dans son intégralité, il demeure difficile de comprendre avec certitude en quoi consistent ces arrière-salles.
Le récit ne semble offrir que des pistes et des possibilités, sans jamais fournir de réponses définitives. On a l’impression qu’il nous manque des informations pour réellement capter l’essence de l’histoire, ce qui peut être frustrant, mais ajoute au mystère et à l’inconfort.
Il est aussi difficile de savoir ce qu’il advient réellement de la thérapeute après son excursion dans cet endroit étrange…
D’ailleurs, il est essentiel de souligner le choix des acteurs, qui incarnent leurs personnages avec justesse et parviennent à rendre crédible cet univers tordu et déroutant.
L'avis
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