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Crédit photo : Universal Studios @ Tous droits réservés
Le réalisateur du septième opus intitulé Jurassic World Rebirth, Gareth Edwards, est clairement un fan de Steven Spielberg, non seulement de son adaptation de Jurassic Park, mais de plusieurs de ses œuvres phares, telles que Jaws et Raiders of the Lost Ark.
Pendant 135 minutes, Edwards, qui a aussi fait sa marque à travers le cinéma de genre se focalisant sur les monstres, soit par son premier film Monsters, ou avec la deuxième adaptation américaine de Godzilla en 2014, ne cesse de citer ces films, soit par une panoplie de séquences d’action se déroulant sur l’eau, alors que les protagonistes font face à des dinosaures pouvant nager et détruire leurs bateaux, soit par un scénario qui rend hommage aux films d’aventures lors desquels on explore une île abandonnée qui regorge de merveilles et de secrets qui ne devraient pas être découverts…

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À travers cette prémisse assez simpliste qui célèbre ce que le cinéma populaire offre de mieux, ainsi que le retour de David Koepp à la scénarisation, il était naturel de croire que ce renouveau, ou plutôt cette renaissance de la franchise Jurassic Park serait un succès qui égaliserait ce que Steven Spielberg avait mis de l’avant avec le premier film.
Et même sa suite, The Lost World, qui est, à mon avis, aussi excellente que l’originale, mais pour d’autres raisons qui lui sont propres.
Ici, le fait qu’il ait décidé d’engager le cinéaste britannique pour revitaliser la franchise Jurassic Park avec le scénariste qui a coécrit l’original avec Crichton était assez inspiré. Du moins, c’était une meilleure solution que celle qui aurait consisté à donner les clés à Colin Trevorrow pour enterrer la saga avec d’innombrables stupidités scénaristiques, telles que des clones humains, ou pire encore, une œuvre de presque deux heures trente se focalisant sur des criquets au lieu de dinosaures dans Jurassic World Dominion!
Un scénario simple (et carrément ennuyant)
Malheureusement, Jurassic World Rebirth est lui aussi d’un ennui presque total, et ce, malgré quelques bonnes séquences d’action et des acteurs principaux solides ayant une chimie beaucoup plus intéressante que Chris Pratt et Bryce Dallas Howard dans les trois derniers Jurassic World.
Et pourtant, Koepp a choisi de garder l’histoire la plus simple possible, à savoir celle d’une experte en opération secrète, Zora Bennett (Scarlett Johansson), qui est engagée par un représentant d’une compagnie pharmaceutique (Rupert Friend) pour récupérer trois échantillons de dinosaures génétiquement modifiés, lesquels pourraient sauver des milliards de vies à travers le monde.
C’est que leur sang contient une molécule clé permettant la fabrication d’un médicament pouvant prévenir plusieurs maladies.

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Cette dernière fait ici équipe avec le docteur Henry Loomis (Jonathan Bailey) et le capitaine Duncan Kincaid (Mahershala Ali) dans le but d’infiltrer une île près de l’Équateur où les dinosaures ont été créés afin de servir d’attractions pour Jurassic World. Évidemment, la mission ne se passera pas comme prévu, et l’équipe de Zora devra trouver un moyen d’en sortir avant d’être tués par des créatures qui ont une force de loin plus puissante qu’un Tyrannosaure!
Comme nous pouvons le voir, le récit ne se complique pas du tout la vie comme nous l’avions vu dans les opus précédents, et c’est dans unique but: pour que l’action soit maximisée autant que possible.
Et malgré cela, Edwards n’arrive pas, avec ce plus récent opus, à redonner de la sauce spielbergienne à la franchise Jurassic Park, même s’il a essayé très fort de lui rendre hommage à travers son scénario. Ici, les dinosaures n’ont plus le même esprit de nouveauté et le sens de l’émerveillement qu’ils dégageaient en 1993 – ce sont des créatures numériques que nous voyons toujours dans d’innombrables films et qui ne sont pas capables de se différencier du lot.
Hélas, même des scènes qui devraient être théoriquement impressionnantes, dont celle où la caméra de John Mathieson se focalise sur le docteur Loomis, lequel regarde avec éblouissement deux dinosaures en plein rituel d’accouplement, ne fonctionne pas du tout.
Les créatures n’ont pas l’air réalistes, elles paraissent même artificielles, comme baignées dans un écran vert très perceptible qui leur enlève le côté impressionnant de tous les autres opus de Jurassic Park (à l’exception de Jurassic Park III, qui contenait toutefois lui aussi plusieurs effets spéciaux discutables).
On peut dire ce que l’on veut sur l’ère post-Spielberg, en particulier sur les trois derniers Jurassic World, mais les effets visuels des créatures vedettes sont tous d’une très grande réussite. Dans Rebirth, nous avons parfois affaire à des dinosaures fort bien construits, mais sans plus, surtout lors d’une scène d’action au cours de laquelle la famille Delgado, Ruben (Manuel Garcia-Rulfo) Teresa (Luna Blaise) Isabella (Audrina Miranda) et Xavier (David Iacono) doit s’échapper d’un T-Rex qui ne cesse de les poursuivre.

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Le rythme dans cette séquence est haletant, et la façon dont la caméra bouge lors d’une scène sur l’eau, où seul un canot flottant leur permet de naviguer sur les rapides sinueux, alors que le T-Rex fonce droit sur eux, traduit l’action comme si c’était un manège.
C’était d’ailleurs une séquence du livre original de Crichton qui n’a pas été incluse dans le film de Spielberg.
Plus de trente ans plus tard, nous voyons maintenant cette scène sur grand écran, et elle ne déçoit pas du tout. Malheureusement, toutes les autres scènes avec la famille Delgado, qui est séparée du groupe de Zora, ralentit la progression narrative du film et n’ajoute rien de concret au récit.
Scarlett Johansson, Mahershala Ali et Jonathan Bailey nous gardent attentifs
Il est difficile de s’attacher émotionnellement à des personnages qui enchaînent les décisions risibles les unes à la suite des autres, comme si c’était voulu, et qui n’ont pas le même sens de la chimie qu’a Johansson, Bailey et Ali à l’écran, tous trois de grands acteurs qui nous rappellent, à travers leurs performances, pourquoi ils sont si populaires auprès d’un large public.
Johansson est exceptionnelle dans le rôle de Zora et possède une bonne synergie avec Bailey, qui est aussi très impressionnant en tant que médecin qui sort de sa zone de confort dans cette aventure autant excitante qu’horrifiante. Cependant, la véritable vedette du film est Mahershala Ali, qui éclipse tout le monde dès qu’il est introduit à l’écran. Ce dernier possède un sens du charme si ineffable que peu d’acteurs sont capables d’égaler!
Dans chaque scène, il nous montre à quel point il est en contrôle de son personnage, et ce, malgré quelques pointes narratives ridicules, surtout lors d’un dénouement assez amusant qui est ruiné par quelques décisions qui ne font aucun sens. Mais ce n’est vraiment pas grave, puisqu’Ali a l’air de s’amuser dans ce blockbuster, en attendant les développements de Blade chez Marvel, un projet qui ne cesse d’enchaîner les d’obstacles, ce qui l’empêche de briller devant les caméras depuis 2019!

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En somme, rien n’est plus ridicule que les opus précédents de Jurassic World, et ce Rebirth n’est lui non plus pas un film qui accomplit son effet désiré lorsque le générique de fin apparaît à l’écran. Oui, il y a plusieurs séquences qui sont assez solides en soi, et le jeu d’acteurs mérite d’être souligné, mais le reste de Jurassic World Rebirth reste assez oubliable, malgré la passion qu’a fait preuve Edwards de transposer l’univers de Crichton à l’écran, dans la pure tradition de Steven Spielberg.
Le seul problème, c’est qu’il n’y a qu’un seul cinéaste qui est capable de faire du Spielberg, et c’est Spielberg lui-même. Son style est inimitable et transcende les générations. Les intentions d’Edwards sont beaucoup plus intéressantes que celles de Trevorrow, mais ne stimulent pas vraiment l’imagination.
En vrai, peut-être que ça serait mieux qu’on cesse de faire renaître de ses cendres une franchise qui n’a pas réellement de raison d’être sans l’œil de Spielberg derrière la caméra, lequel nous a tous captivés, d’une façon ou d’une autre, par la création d’un monde que nous n’avions encore jamais vu au cinéma auparavant, et qui a changé la façon dont les blockbusters sont vus, et appréciés, et ce, pour toujours…
Le film «Jurassic World Rebirth» en images
Par Universal Studios @ Tous droits réservés
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