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Crédit photo : Universal Studios @ Tous droits réservés
Ainsi, la dimension horrifique a donc été complètement délaissé pour cette suite, et M3GAN (jouée par Amie Donald et Jenna Davis) devient maintenant une héroïne d’action sur le même piédestal que le T-800 d’Arnold Schwarzenegger dans Terminator 2: Judgement Day de James Cameron.
D’ailleurs, celle-ci a dû délaisser son côté plus malveillant afin d’aider sa créatrice, Gemma Forester (Allison Williams) à trouver le contractant qui a oser voler la technologie contribuant à la création de M3GAN pour satisfaire ses propres desseins néfastes.

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Ce vol a d’ailleurs contribué à la création d’un androïde portant l’acronyme AMELIA (Autonomous Military Enforcement Logistics and Infiltration Android), joué par Ivanna Sakhno, lequel, après avoir surpassé l’algorithme de son créateur, planifie de conquérir le monde par la prolifération de l’intelligence artificielle. On reprend exactement la même trame narrative de Terminator 2, mais avec une dimension beaucoup plus comique et loufoque que le premier M3GAN!
Les fans de cinéma d’horreur seront assurément déçus par le fait que le cinéaste n’ait pas souhaité refaire un film calqué sur le premier, en plus d’avoir déconstruit toutes les fondations du premier. Cela étant dit, ce qu’il offre avec M3GAN 2.0 est encore plus divertissant (et ludique) que l’œuvre de 2023, pour le meilleur, et parfois pour le pire.
Une suite qui en met plein la vue du début à la fin
Un public qui n’est pas trop friand d’œuvres maximalistes où on en met plein la vue du début à la fin, en rehaussant l’intensité des scènes d’action et les mouvements élaborés de caméra d’une séquence à l’autre, ne va peut-être pas apprécier ce que Gerard Johnstone offre cette fois-ci.
En effet, à peu près tout a été exagéré de façon cartoonesque dans le but de maximiser les pointes d’humour au cours de cet opus de 120 minutes. Qui plus est, l’histoire, pourtant assez simple au départ, se complexifie davantage lors de la deuxième moitié du film, offrant des rebondissements narratifs qui se veulent palpitants, mais qui ne font pas vraiment de sens lorsqu’on se met à y pendant quelques secondes.
Je ne divulgâcherai rien ici, mais disons que l’intrigue principale devient (très) excessive rapidement. Tout est à la puissance onze: les prouesses super héroïques de M3GAN, les séquences d’action sortant tout droit de Robocop de Paul Verhoeven, et la relation entre les personnages humains, qui est moins texturée que celle du premier, et beaucoup plus comique.

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Par exemple, il y a plusieurs gags récurrents entre Gemma et sa nièce Cady (Violet McGraw) faisant référence à la filmographie de Steven Seagal, soit par des mouvements physiques d’Aïkido sortant tout droit de ses films, ou encore par des répliques verbales que seuls les adeptes de son œuvre pourront reconnaître. Il y a peu (ou pas) de scènes où nous connectons avec les personnages de façon véritablement sérieuse, et ce, même lorsqu’on se remémore les événements traumatisants du premier film.
Et c’est quasiment parodique: chaque réplique est une punchline, et les personnages semblent beaucoup plus caricaturaux que dans le premier chapitre. Les acteurs savent tous dans quel registre camper leurs personnages et rappeler au public que cette suite n’est pas un film d’horreur et ne devrait donc pas être regardée dans l’attente de moments horrifiants ou ultra-violents (même s’il y en avait peu dans le premier).
D’ailleurs, l’ensemble des moments plus choquants du film sont auréolés d’une dimension burlesque, soit dans son montage, où l’on voit un méchant se faire tuer par le jingle d’une émission de nouvelles, ou par les multiples chutes rappelant Home Alone de Chris Columbus, lorsque la horde de méchants désire éliminer M3GAN, AMELIA, Gemma et Cady lors du climax.
Un mélange des genres efficace avec, en prime, une incroyable prestation d’Ivanna Sakhno
Johnstone est tout de même capable de mélanger efficacement les genres, notamment la comédie, le film d’action, la science-fiction et le thriller, surtout lors de scènes plus sérieuses et à travers lesquelles il fait la démonstration des habiletés d’AMELIA.
Alors que le scénario prend son temps avant que M3GAN revienne à l’avant-plan dans toute sa splendeur, le réalisateur compense ce manque à l’écran avec une incroyable prestation d’Ivanna Sakhno, qui, avec Shin Hati de la série Ahsoka, continue sa lignée d’antagonistes sans émotions qui tuent avant de parler.

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Contrairement à cette série qui se déroule dans l’univers de Star Wars, l’actrice fait montre d’un registre beaucoup plus flexible dans M3GAN 2.0, alors qu’elle utilise de multiples déguisements pour s’approcher de cibles potentielles l’empêchant de réaliser ses ambitions de domination mondiale. Ivanna Sakhno se donne toujours à fond, et ce, peu importe quel rôle elle interprète, et elle ne fait pas exception ici.
Lorsque M3GAN effectue son grand retour et confronte directement AMELIA, la succession de séquences d’action qu’offre Gerard Johnstone s’avère une réelle pièce de bravoure, avec l’usage d’une caméra dynamique qui suit les multiples contorsions que font les robots dans un combat au corps-à-corps. Le montage, serré, ajoute un climat de tension incroyablement palpable, et ce, même si la dimension comique de la suite est toujours présente dans les multiples surprises scénaristiques offertes dans ce dénouement, incluant plusieurs références visuelles à Upgrade de Leigh Whannell.
Johnstone a visiblement eu beaucoup de plaisir à offrir une comédie d’action ultra-divertissante qui ne se prend jamais au sérieux, et dont la prémisse, assez simple à la base, est devenue si ésotérique et si éloignée de sa marque de commerce. De plus, le réalisateur a tenu à inclure dans son scénario un fort message contre l’utilisation non contrôlée de l’IA, pour nous rappeler que nous ignorons à quel point nous soutenons une technologie au détriment de la créativité humaine.
Il reste à voir si un troisième opus va envoyer M3GAN vers des territoires inexplorés pour davantage de plaisir (M3GAN in Space?), mais, pour le moment, la saga n’est pas prête à s’arrêter là avec cette deuxième entrée qui nous emmène totalement ailleurs.
Un spin-off dans le même univers, SOULM8TE, sortira en janvier, et se concentrera sur une relation entre un homme et un androïde.

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Alors que de plus en plus de gens et de compagnies sont optimistes face au pouvoir de l’intelligence artificielle, un film comme M3GAN 2.0 sert de rappel, à savoir que la seule chose qui assurera la survie de l’être humain, c’est sa connexion avec d’autres êtres humains. Un robot, même le plus sophistiqué qui soit, ne remplacera jamais ce fait inextricable.
Il est possible qu’un jour nous réalisions cela, mais avec la prolifération d’appareils mis à notre disposition, qui distorsionnent notre façon de penser, l’avenir de la race humaine n’est pas très prometteur…
Le film «M3GAN 2.0» en images
Par Universal Studios @ Tous droits réservés
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