«28 Years Later» de Danny Boyle: une suite qui manque cruellement de mordant – Bible urbaine

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«28 Years Later» de Danny Boyle: une suite qui manque cruellement de mordant

«28 Years Later» de Danny Boyle: une suite qui manque cruellement de mordant

L'adrénaline laisse place à la consternation

Publié le 20 juin 2025 par Manon Beauchemin

Crédit photo : IMDb @ Tous droits réservés

En 2002, le réalisateur Danny Boyle et le scénariste Alex Garland ont uni leurs forces pour nous offrir «28 Days Later», un film d’horreur à petit budget qui a marqué les esprits, en plus d'obtenir un succès retentissant au box-office. Vingt-trois ans plus tard, ils sont à nouveau réunis pour nous offrir «28 Years Later» à travers lequel ils nous proposent, cette fois-ci, une vision d'un Royaume-Uni toujours sous le choc et dont les habitants tentent de se remettre du virus qui a transformé une partie de sa population en zombies. Bien qu’il représente une suite logique des évènements qui se sont produits vingt-huit ans auparavant, le long métrage, actuellement à l'affiche dans les cinémas du Québec, ne parvient tout simplement pas à stimuler les spectateurs comme ses prédécesseurs et manque cruellement de direction.

Après une scène d’ouverture convaincante évoquant les débuts de la pandémie, on fait un saut dans le temps et l’on atterrit sur une petite île anglaise où se sont réfugiés les habitants qui n’ont pas été infectés par le virus.

Image tirée du film «28 Years Later»

Afin de survivre, ceux-ci ont adopté un mode de vie digne du Moyen-Âge dans lequel chaque membre de la communauté a un rôle bien précis à jouer pour permettre à la société de subsister malgré la menace qui, elle, se tient non loin de là…

Un scénario qui sème la confusion

Si vous avez, vous aussi, adoré les deux premiers longs métrages de la série, il se peut fort bien que vous soyez déçu∙e par celui-ci, puisqu’il ne contient pas la tension ou l’anxiété des films précédents, ni la profondeur du premier volet de la série.

De plus, le rythme est un peu lent et le scénario va dans tous les sens, semant parfois la confusion.

Dans un premier temps, Jamie (Aaron Taylor-Johnson, que l’on a pu voir dans The Fall Guy ou Nosferatu), amène Spike, son fils de 12 ans (Alfie Williams, vu dans la série His Dark Materials), «chasser le zombie» au tir à l’arc sur le continent anglais.

Mais ces derniers ont évolué au fil du temps et plusieurs d’entre eux ne sont plus aussi «vivants» qu’ils l’ont déjà été.

Certains rampent sur le sol et se nourrissent de vers, alors que ceux qui sont plus en forme sont facilement tués par le jeune garçon, sans qu’il y ait réellement d’appréhension… ou de suspense.

Image tirée du film «28 Years Later»

Lorsque le père et le fils reviennent sur l’île, une dispute éclate entre eux et Spike décide d’amener sa mère malade, Isla, (interprétée par Jodie Comer que l’on a pu apercevoir dans Killing Eve et The Bikeriders) voir un médecin, ce qui change totalement la direction du film.

Puis, avec l’arrivée de Ralph Fiennes (qui joue dans le récent Conclave) en tant que médecin recouvert d’iode (ça repousse les zombies, selon lui) et architecte d’un temple fait avec les crânes des disparus, le film prend, une fois de plus, une autre tournure.

Or, ces trois parties sont plus ou moins cohérentes entre elles et l’on se demande parfois où le film nous emmène…

Une suite pas tout à fait à la hauteur des attentes

Dans le contexte d’une série, il est nécessaire de se demander si les attentes étaient trop élevées.

En effet, le premier film a contribué à relancer le genre du film de zombies et à introduire l’ambiance postapocalyptique dans l’ère moderne, au lendemain du 11 septembre 2001, jouant ainsi avec nos peurs collectives les plus effrayantes.

Quant au deuxième volet, 28 Weeks Later, sorti en 2007, il a su maintenir l’atmosphère inquiétante du premier, et ce, malgré un changement de réalisateur (Juan Carlos Fresnadillo, Intruders), en plus d’ajouter une bonne dose d’adrénaline.

Image tirée du film «28 Years Later»

De son côté, 28 Years Later ressemble davantage à un drame prenant place dans la période d’après-guerre qu’à un suspense d’horreur comme annoncé. Le côté humain prend ici toute la place.

Il pourrait sans doute nous rappeler les années de la pandémie de COVID-19 à la suite desquelles, encore bouleversés, on tente de se remettre de ce moment hautement difficile, mais encore faut-il réellement souhaiter y repenser…

Tout n’est pas perdu

Malgré cela, 28 Years Later se distingue par certains aspects, le plus remarquable d’entre eux étant certainement son esthétisme irréprochable.

Le long métrage a été tourné principalement avec un iPhone 15 Max, des caméras numériques, des drones et en pellicule, et le résultat est carrément spectaculaire.

Les images d’Anthony Dod Mantle, directeur de la photographie et collaborateur fréquent de Danny Boyle, révèlent des paysages anglais d’une rare beauté, ce qui nous donne inévitablement envie de nous y rendre pour les contempler de nos propres yeux.

Image tirée du film «28 Years Later»

La brochette d’acteurs est, elle aussi, impressionnante, et d’ailleurs les performances de Ralph Fiennes et de Jodie Comer sont parfaites en tous points.

Les quelques touches d’humour dispersées ici et là sont les bienvenues, et heureusement elles ne change pas l’ambiance générale du film, qui est supposée être lourde et sanglante. Cependant, la fin du film frôle la parodie tellement elle est absurde.

Le petit Jimmy, qui s’est échappé de chez lui lors de la troublante scène d’ouverture, a grandi et est désormais le leader des «Jimmies», un groupe constitué d’individus à l’allure démodée qui traquent les zombies pour les tuer dans un rituel à la fois violent et grossier…

Pour résumer, 28 Years Later ne plaira probablement pas à ceux et celles qui ont adoré les deux premiers volets de la série et qui désirent voir un long métrage semblable, bourré d’action, qui donnent des frissons dans le dos et qui surprend par son audace. Cela dit, il pourrait vous convenir si vous vous rendez au cinéma sans aucune attente, dans l’unique but de découvrir une toute nouvelle œuvre!

Le film «28 Years Later» en images

Par IMDb @ Tous droits réservés

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