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Crédit photo : 20th Century Studios @ Tous droits réservés
Ce n’est donc pas surprenant si les inspirations visuelles ne sont pas simplement limitées au cinéma de genre, mais sont beaucoup plus recherchées que ce que l’on croit. Était-il possible de mélanger les ralentis saccadés de Wong Kar-wai à travers des séquences de fusillades poétiques rappelant le bullet ballet de John Woo? C’est sujet à débat, mais Grabinski parvient tout de même à créer une palette stylistique unique pour que son film de science-fiction se démarque du lot.
Avec une prémisse assez ordinaire en soi qui répète plusieurs éléments connus de films de voyages dans le temps, pour captiver le spectateur, il fallait absolument qu’il y ait quelque chose de surprenant dans sa proposition ou, du moins, un récit qui divertit.
Heureusement, Mike & Nick & Nick & Alice est très divertissant et contient énormément de surprises. C’est donc malheureux que, outre ses projections à South by Southwest (SXSW) aux États-Unis, le public québécois ne puisse visionner Mike & Nick & Nick & Alice en salle.

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Ce long métrage, c’est le genre de divertissement ludique qui est encore meilleur si on le voit dans une salle comble, puisque le film requiert notre participation à travers la chimie qu’entretiennent Mike (James Marsden), un gangster souhaitant bâtir une nouvelle vie, et Nick (Vince Vaughn), un ami et collègue travaillant à la même opération que le protagoniste et qui, au début du film, lui demande une ultime faveur.
De fait, Nike veut que Mike kidnappe un individu à l’aide de chloroforme. Une tâche qui paraît simple en soi, jusqu’au moment où il réalise que la personne devant être kidnappée est… Nick.
C’est assez compliqué à décrire sans tout révéler, mais voici ce que vous devez savoir: Nick a voyagé dans le temps pour tenter d’empêcher le meurtre de Mike. Ce dernier a été piégé par quelqu’un d’autre pour avoir transmis de l’information à la police qui a mené à l’arrestation de Jimmy Boy (Jimmy Tatro), le fils d’un puissant patron du crime organisé, Sosa (Keith David).
Or, Mike n’a jamais divulgué d’informations à qui que ce soit. Le Nick qui a voyagé dans le futur le sait, mais le Nick dans le présent menace la sécurité de Mike, puisqu’il a récemment appris que son ami entretient une liaison amoureuse avec sa femme, Alice (Eiza González).
Un scénario simple élevé par le talent de ses acteurs
Tous les sujets que présente Grabinski dans Mike & Nick & Nick & Alice manquent assez d’originalité, y compris ce qui a trait aux machines à voyager dans le temps et du seul acteur jouant deux personnages différents.
Après tout, l’an dernier, plusieurs personnages (soit des clones, des jumeaux, ou des variants d’un autre univers) ont été interprétés par un seul acteur dans The Monkey, Mickey 17, The Alto Knights, Sinners, Superman, Frankenstein, Predator: Badlands, et même la deuxième saison de Peacemaker.
Un film qui sort après tout cela paraît assez banal en soi.

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Cela dit, BenDavid Grabinski maintient un rythme effréné dans son scénario et parvient à créer quatre personnages captivants auxquels le public va facilement s’attacher. Un récit qui est rempli d’éléments familiers ne devrait pas contenir des personnages archétypaux qui n’ont aucun développement psychologique, sinon l’œuvre serait vouée à l’échec. Heureusement, chaque acteur apporte beaucoup de nuances dans son interprétation de personnages qui sont beaucoup plus complexes qu’on le croit.
Il est difficile de discuter du double jeu de Vince Vaughn dans ce film sans divulgâcher des éléments scénaristiques, mais l’acteur américain est très à l’aise dans la tâche de souligner les subtilités des deux versions de son personnage. Son sens du minutage est excellent, surtout lors des scènes d’action à grand déploiement où la comédie physique est de mise. C’est une performance qui est en parfaite continuité avec son passage dans le cinéma de genre, notamment ses collaborations avec S. Craig Zahler dans Brawl in Cell Block 99 et Dragged Across Concrete.
Ces films incroyables ont permis à Vaughn d’explorer des territoires inusités pour les amateurs d’un acteur que l’on voit beaucoup plus souvent dans des comédies que dans des films d’action. Il est ici très à l’aise avec son interprétation des deux versions de Nick, puisque son registre est beaucoup plus dramatique que comique.
Un film qui célèbre le cinéma de genre
Tout comme S. Craig Zahler, qui a su créer sa signature à travers ses propres influences cinématographiques et musicales, Grabinski adopte la même approche stylistique dans Mike & Nick & Nick & Alice. Il comprend qu’il ne surpassera pas Wong Kar-wai, John Woo et même le maître du cinéma d’arts martiaux Chang Cheh (par son utilisation incessante de crash-zooms avant une scène de combat dans le but de maximiser la tension dramatique), mais cela ne l’empêche pas d’approprier leurs caractéristiques d’auteur dans sa propre œuvre et de célébrer ce qui l’anime dans le septième art.
Cela a pour effet de dynamiser constamment les multiples séquences d’action, toutes chorégraphiées d’une main de maître. On reconnait même l’influence de John Woo à travers des moments imitant le gun-fu de la franchise John Wick, car sans A Better Tomorrow, The Killer, et Hard Boiled, la modernisation de ce sous-genre de films d’action n’existerait pas.
Sous la direction assurée de Grabinski, le directeur de la photographie Larry Fong livre son meilleur travail depuis Batman v. Superman: Dawn of Justice de Zack Snyder. La caméra, toujours nerveuse, s’adapte constamment aux situations loufoques des protagonistes, et Fong ne craint pas de bouger son dispositif dans des endroits inattendus. Tous les flashbacks sont présentés en noir et blanc, ce qui vient distordre la conception qu’a Nick de l’espace-temps après que celui-ci ait utilisé une machine pour voyager dans le temps.

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Outre les inspirations du cinéma hongkongais, BenDavid Grabinski puise notamment chez Sam Raimi en volant un plan fétiche que l’on retrouve dans The Quick and the Dead lors de la meilleure scène du film, contenant un caméo des plus inattendus!
En somme, pour tout amateur de films de genre, l’expérience de visionnement de Mike & Nick & Nick & Alice se résume à 107 minutes de pur plaisir qu’on aurait aimé découvrir dans les salles obscures, mais qui fonctionnent quand même très bien à la maison, malgré tout.
Le film «Mike & Nick & Nick & Alice» en images
Par 20th Century Studios @ Tous droits réservés
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