«Immortelle» de Nicholas Sparks et M. Night Shyamalan – Bible urbaine

LittératureRomans étrangers

«Immortelle» de Nicholas Sparks et M. Night Shyamalan

«Immortelle» de Nicholas Sparks et M. Night Shyamalan

L’histoire incroyable d’un amour immatériel

Publié le 13 novembre 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : Michel Lafon @Tous droits réservés

L’auteur américain Nicholas Sparks, qui a fait fondre une kyrielle de cœurs avec son roman à succès «Les pages de notre amour», publié en 1996 et adapté au grand écran sous le titre «The Notebook», est tout autant doué que Douglas Kennedy – qui m’avait bouleversé avec «Isabelle, l’après-midi» – pour rendre attachants ses personnages et leur faire vivre des émotions sincères, capables de transcender la fiction pour nous émouvoir. Avec «Immortelle», l’écrivain flirte avec le drame romantique et l’horreur fantastique pour nous entraîner dans la spirale d’une histoire touchante, bouleversante, surprenante.

Si vous êtes un fin observateur, vous avez remarqué que ce roman – qui s’intitulait initialement L’Empreinte – n’est pas uniquement l’œuvre de Sparks. En effet, le cinéaste de renom M. Night Shyamalan, devenu célèbre avec ses œuvres Le sixième sens, Split et plus récemment Trap, dans lequel l’une de ses deux filles, Saleka Night Shyamalan, tient la vedette sous le nom de scène Lady Raven, a fait équipe avec Nicholas Sparks, porté par ce désir commun de raconter une histoire ayant la capacité, et je cite l’auteur, «de nous bouleverser et de nous faire réfléchir sur les mystères universels de l’expérience humaine».

Alors que Sparks avait déjà en tête les pièces d’un puzzle qui n’attendait que d’être assemblé, enthousiaste à l’idée de donner vie à un univers où la romance rencontre l’étrangement inquiétant, reste que c’est sa collaboration avec le cinéaste, qu’il a toujours admiré d’ailleurs, qui a aidé l’écrivain à «transformer ces bribes d’idées en une œuvre complète pour la littérature et le cinéma».

Parce que oui, Immortelle sera bel et bien adapté au grand écran sous le titre Remain par M. Night Shyamalan lui-même et il sortira le 21 octobre 2026.

Après le deuil, la renaissance

Cette histoire nous est racontée du point de vue de Tate Donovan, un architecte de 38 ans au tempérament un brin immature et solitaire. Élevé dans un milieu mondain dans le Upper East Side new-yorkais, il n’a jamais manqué de rien, sauf peut-être de l’affection de ses parents.

Hélas, ces derniers n’auront pas eu la chance de se rattraper, puisqu’ils ont péri dans un accident d’avion. C’est sa sœur, Sylvia, de cinq ans son aînée, qui est devenue sa figure maternelle.

Cette belle âme, qui a toujours chéri la vie, ne l’a pas eu facile avec ses problèmes au cœur, elle qui devait rester emmurée dans sa chambre lorsqu’elle était plus jeune: «Sylvia était connectée à la nature comme personne, chérissant la beauté et la vie sous toutes ses formes, peut-être parce qu’elle en avait été tant privée enfant.»

Or, la nature, elle la contemplait à travers sa fenêtre.

Puisque la vie ne tient qu’à un fil, au moment où le récit prend forme, Sylvia est décédée depuis un an, emportée par la maladie. Paralysé et attristé au plus haut point par la perte de sa sœur bien aimée, Tate est tombé en dépression. C’est son meilleur ami, Oscar, qui a eu une peur bleue pour lui, qui l’a encouragé à suivre une thérapie comportementale dialectique dans l’espoir qu’il finisse par voir la lumière au bout du tunnel.

Ainsi, après avoir passé quelques semaines dans cet hôpital psychiatrique et avoir consulté un psychiatre, le docteur Rollins, Tate, remis sur pied, mais toujours fragilisé, se rend au volant de son Austin Martin – à l’aise, dites-vous – au cap Cod avec pour mission de dessiner la maison de rêve de son ami Oscar, de sa femme Lorena et de leurs cinq enfants.

Une merveilleuse idée d’Oscar afin d’aider son ami à se changer les idées et à s’épanouir à nouveau dans ses fonctions.

Quand on ne cherche pas l’amour, c’est lui qui nous trouve

Tate, qui loge dans une maison d’hôtes de style victorien à quelques kilomètres au sud de là où habite Oscar, n’aurait jamais pensé – ô grand jamais – qu’il trouverait l’amour dans cette spacieuse demeure. Et qui est l’heureuse élue, vous demandez-vous? J’y viens, j’y viens.

Elle s’appelle Wren. Elle a de magnifiques yeux verts perçants et brillants, un sourire charmeur, et elle est toujours vêtue avec soin. Elle est imbattable à des jeux de mimes et de devinettes. Elle adore cuisiner, surtout du bœuf bourguignon, et elle trouve la plénitude à travers sa pratique du yoga. Elle rêve, un jour, d’intégrer une école de cuisine réputée à Paris et de voir le monde. Et qui sait si, au hasard d’une rencontre inopinée, elle trouvera le grand amour, elle qui a essuyé quelques déceptions amoureuses par le passé.

Le seul hic, c’est qu’elle est morte.

Wren est décédée il y a deux ans, mais elle erre dans cette grande demeure, jour après jour, dans l’inconscience de son immatérialité et du temps qui s’écoule inlassablement. Si Tate arrive à voir son fantôme, ce n’est pas parce qu’il y croit – d’ailleurs, son obstination à ne pas y croire m’a fait perdre patience et frôle la parodie sur près d’une centaine de pages –, c’est bien parce que Sylvia, avant de mourir, lui a transféré son don de clairvoyance avec son souffle.

«Contrairement à moi, elle croyait en Dieu et aux mystères de l’inconnu, y compris aux fantômes et à l’au-delà».

Tate Donovan n’aura donc d’autre choix que d’élargir ses croyances, car, peu après le décès de sa sœur, il se met à avoir des manifestations visuelles, appelées «oscillopsies», et le fait qu’il soit le seul à les remarquer, comme la présence de Wren dans la demeure, en dit long sur son nouveau don de clairvoyance.

De fil en aiguille, au gré des apparitions du fantôme de Wren, Tate et elle échangent, se confient, s’apprivoisent, prêtent l’oreille aux blessures de l’un et aux problèmes de l’autre, et finissent par devenir dépendants de ces précieux moments de recueillement et de proximité. Jusqu’à ce qu’un premier «Je t’aime» émerge à la surface, provoquant une onde de choc…

Et la dimension horrifique, elle?

Elle sait se faire attendre, celle-là! Et c’était d’ailleurs ma crainte au cours de ma lecture, puisque durant près de la moitié du livre, je n’ai pas ressenti de moments d’effroi lors des apparitions sporadiques de Wren, car son fantôme diurne est plutôt attachant!

C’est que je n’avais pas encore fait la connaissance du fantôme nocturne de Wren, plus inquiétant celui-là, et moins beau à voir aussi. Tate non plus ne s’attendait pas à cette vision…

C’est à partir de ce moment-là que le récit baigne davantage dans l’horreur et le fantastique, puisqu’on finit par assister à des scènes carrément stressantes, en plus d’en savoir plus sur les causes ayant mené Wren à la mort. Le protagoniste, qui va avoir des visions de nuit à glacer le sang, va par la suite devenir obsédé par l’idée de comprendre ce qui a bien pu arriver à «sa douce» pour qu’elle connaisse une fin aussi abrupte, aussi jeune.

Je n’en dis pas plus.

À part, peut-être, qu’il va vous falloir être un peu patient avant de découvrir la signature stylée de M. Night Shyamalan, qui a su inspirer Nicholas Sparks dans l’écriture de scènes à teneur surnaturelles.

Et l’enquête que mèneront Tate et son ami Oscar – qui lui fait une confiance aveugle – leur fera voir les vrais visages des habitants de Heatherington, qui ont tous des squelettes au placard.

Arrivé à la dernière partie du livre, j’étais tellement absorbé par les scènes d’action, comparables à un bon thriller, que je n’ai pas vu que mon heure de coucher était passée depuis un bon moment.

Qu’à cela ne tienne, la nuit a peut-être été plus courte, mais j’ai au moins vécu un sacré bon moment de lecture.

L'avis


de la rédaction

Nos recommandations :

Thrillers et polars Critique-Dream-Girl-Laura-Lippman

Le thriller «Dream Girl» de Laura Lippman

Vos commentaires

Revenir au début