«From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait – Bible urbaine

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«From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait

«From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait

Une œuvre en deux visions artistiques opposées

Publié le 6 juin 2025 par Maxance Vincent

Crédit photo : Lionsgate @ Tous droits réservés

Après que le chef-d’œuvre «John Wick: Chapter 4» ait établi un nouveau standard au niveau du cinéma d’action, on aurait pu croire que la populaire franchise faisait ses adieux au moment où le protagoniste terminait son histoire six pieds sous terre. Or, comme cette série est incroyablement lucrative et que cet univers d'assassins et de tueurs à gages qu’a développé le réalisateur Chad Stahelski à travers quatre opus est riche à souhait, le studio Lionsgate développe activement plusieurs films et séries dérivés afin de la faire durer dans le temps, et ce, sans sa figure principale et son créateur. Cependant, la série télévisée «The Continental: From the World of John Wick» a tellement été désastreuse que le cinéaste a repris le contrôle de l’univers de John Wick lorsque les projections tests du nouvel opus, «From the World of John Wick: Ballerina», n’avaient pas été bien reçues.

Le cinéaste Len Wiseman avait initialement été choisi pour diriger ce projet, qui se focalise sur une figure mineure de John Wick: Chapter 3 – Parabellum, la ballerine Eve Maccaro (Ana de Armas), qui est également une assassine accomplissant des missions pour l’organisation du Ruska Roma. Celle-ci désire se venger contre «The Chancellor» (Gabriel Byrne), le chef d’une secte qui a tué son père lorsqu’elle était petite.

Allant à l’encontre d’une tradition établie entre le Ruska Roma et cette secte qui n’a pas de nom ou de réel développement, Eve, avec l’aide de Winston Scott (Ian McShane), traque le chancelier afin de mettre sa vengeance à exécution. Sauf que la directrice du Ruska Roma (Anjelica Huston) désire éliminer la ballerine puisqu’elle a désobéi à ses ordres, et engage ainsi John Wick (Keanu Reeves) pour l’inciter à faire ce qu’il fait de mieux…

Ana de Armas interprétant Eve dans «Ballerina». Photo: Murray Close

Un réalisateur polarisant qui livre une première heure décevante

Wiseman est l’un des pires choix possibles pour la réalisation d’un film jouant avec les mêmes sensibilités esthétiques qu’a mises de l’avant Stahelski dans les quatre précédentes œuvres. En plus d’être un cinéaste polarisant, toujours mal reçu par la critique, son approche dans la construction de scènes d’action ne va pas du tout de pair avec les chorégraphies complexes de séquences de gun-fu que Stahelski a modernisées en 2014 avec le premier John Wick – le père fondateur de cet art est sans aucun doute John Woo, avec ses films A Better Tomorrow, The Killer, et Hard Boiled.

Nous pouvons constater cela dès la scène d’ouverture au cours de laquelle le père d’Eve se fait attaquer par des membres de la secte. La photographie de Romain Lacourbas ne possède pas la même expressivité que celle de Dan Laustsen: les couleurs ne sont pas aussi vives, et ont une apparence beaucoup plus artificielle, alors que la chorégraphie elle-même semble trop plastique et moins excitante que ce que Stahelski tentait de raffiner durant quatre films.

Il s’ensuit une succession de séquences bavardes qui offrent parfois quelques moments d’inspiration, mais qui viennent réellement mettre en place un scénario impressionnant. En réalité, les seules séquences mémorables de cette section, clairement dirigée par Wiseman, sont celles possédant une connexion forte à la franchise de John Wick: les conversations avec Winston et Charon (Lance Reddick, dans son ultime apparence posthume au cinéma après son décès en 2023, exactement une semaine avant la sortie de John Wick: Chapter 4) ou un échange rempli de tension avec le «Baba Yaga».

Je l’avoue, une larme a été versée lorsque Reddick est apparu à l’écran, surtout après les hommages qu’ont faits Winston et John Wick à ce personnage lorsqu’il a été tué dans le dernier opus. Cette séquence avait une tout autre signification après la mort de l’acteur, même si l’arc narratif avait déjà été planifié et tourné des mois avant son départ. Le fait de le revoir, même pour un bref moment, dans son rôle le plus iconique à vie, était le plus bel hommage que l’on pouvait faire pour cet excellent acteur qui nous a quittés beaucoup trop tôt.

Or, c’est dans la scène où Eve rencontre John Wick où nous avons droit à un réel échange de forces. Reeves nous rappelle exactement pourquoi son personnage est l’un de ses meilleurs, alors qu’Eve n’a pas le même poids émotionnel que le public possède avec l’assassin, qui apparaît lors de scènes se déroulant entre les événements du troisième et du quatrième film. Ici, Ana de Armas est égale à elle-même pendant la quasi-totalité du film et donne le mieux qu’elle peut en jouant une protagoniste qui n’a pratiquement aucun réel attachement avec le public dans un scénario qui préfère voir défiler des scènes d’action plutôt que des moments mieux équilibrés où nous comprenons pourquoi le désir de vengeance est nécessaire afin qu’Eve se libère de ses démons intérieurs.

Norman Reedus jouant Daniel Pine dans «Ballerina». Photo: Lionsgate

Ainsi, et c’est dommage dans un sens, nous n’avons pratiquement pas de connexion émotionnelle avec la protagoniste, même si de Armas est une réelle star du cinéma d’action. Elle nous avait déjà prouvé son talent lors de son apparence brève dans No Time to Die, où elle avait volé l’écran au James Bond de Daniel Craig dans une longue scène tournée en IMAX qui a fait la démonstration incroyable de ses prouesses dans le cinéma d’action.

Ballerina agit donc comme un véhicule parfait pour qu’elle développe ses habiletés à un niveau supérieur, surtout lors de la dernière partie qui a été réalisée par Chad Stahelski. 

Chad Stahelski arrive à la rescousse pour une deuxième heure époustouflante

Qui aurait cru qu’engager le réalisateur du pire opus de la série Die Hard et du remake désastreux de l’un des plus grands films de Paul Verhoeven avec Total Recall allait produire un film n’ayant pas les mêmes qualités établies par Stahelski? Tout le monde sauf Lionsgate, visiblement! Et lorsque les projections tests de Ballerina ont reflété cette évidence, Chad Stahelski a supervisé plusieurs mois de photographie additionnelle dans le but de reconstruire le film et de sauver la réputation de la franchise qu’il a conçue avec David Leitch, cette fois sans la participation de Wiseman, autant sur le plateau qu’au montage. Wiseman a pu ainsi conserver son crédit unique de réalisateur, mais ce film n’est absolument pas le sien. 

Cette dernière partie se déroulant dans un village isolé est exactement ce que j’attendais d’une œuvre imprégnée de l’univers de John Wick: des séquences d’action incroyablement bien construites, qui montrent les exploits physiques de sa star principale et de l’équipe de cascadeurs assemblée pour créer un art dans la construction de ses fusillades et de combats au corps-à-corps (avec une manette de télévision ou des patins comme armes), ce qui amène une légère touche de burlesque à la Buster Keaton.

La photographie ressemble davantage à celle développée par Laustsen depuis le deuxième opus, surtout lors du morceau de bravoure durant lequel Eve se bat contre plusieurs membres de la secte avec un lance-flamme. Ce moment n’atteint pas les sommets de la scène du « Dragon’s Breath» dans John Wick: Chapter 4, mais c’est largement mieux que ce que nous avions vu de Wiseman lors des scènes d’action du début.

Lance Reddick interprétant Charon et Ana de Armas jouant Eve. Photo: Larry D. Horricks

Même lorsque John Wick apparaît finalement dans le feu de l’action, Stahelski n’oublie jamais la raison pour laquelle ce personnage est autant redouté de tous. Avant qu’un des membres se fasse tuer d’une manière ultra-violente, il crie: « Oh, mon Dieu, c’est John Wick! » Il est fidèle à sa réputation, non pas de boogeyman, mais bien de celui qui est envoyé pour l’éliminer. Tout le monde, même les figures les plus fortes, a peur de lui.

La confrontation finale entre John Wick et Eve est aussi excellente, et on est ravis de voir que Stahelski a pu le mettre en scène, alors que la franchise aurait pu effriter davantage sa réputation auprès de Wiseman.

Mais est-ce qu’il y a réellement un avenir avec l’univers de John Wick sans Keanu Reeves et Stahelski? Car les meilleures parties de Ballerina ont été réalisées par son cocréateur et mettent en vedette Reeves. Ce sont ces séquences qui sauvent ce film, car le méchant est une réelle déception, surtout après le terrifiant Marquis de Gramont dans le quatrième John Wick. L’antagoniste dans Ballerina est le chef d’une secte qui a tué le père d’Eve. Mais quelle secte? Et pourquoi le chancelier est-il si redoutable? On l’ignore durant les 125 minutes que dure ce film. Et c’est d’autant plus dommage, car Gabriel Byrne est un excellent acteur, mais il ne peut rien faire de mieux avec un scénario qui ne l’aide en rien.

Maintenant, le personnage de John Wick est mort dans le quatrième film, et son cinéaste passe à autre chose en se préparant au tournage du remake de Highlander, mettant en vedette Henry Cavill. Wiseman n’a pas du tout livré la marchandise ici, et il est clair qu’il ne reviendra pas pour Ballerina 2 (s’il y en aura un). Il n’y a donc aucune raison de continuer la franchise, puisque le récit de John Wick a pris fin, et que l’univers du Continental est mieux d’être développé dans notre imagination plutôt qu’au cinéma ou à la télévision, qu’avec des opus dérivés qui étirent la sauce sans nous offrir de réelle conclusion.

Toutefois, la société Lionsgate semble déterminée à la garder en vie, avec un film se focalisant sur l’assassin aveugle Caine, joué par Donnie Yen, qui s’assurera également de le réaliser. Yen est un cinéaste (et un acteur) plus talentueux que Wiseman, mais a-t-on réellement besoin d’une œuvre qui se concentre sur ce personnage? Je ne pense pas, mais j’ai tout de même hâte de voir si, cette fois, le gun-fu sera délaissé pour des séquences qui feront la démonstration des talents d’arts martiaux de sa star principale.

Déjà, cette proposition est plus attrayante qu’un film sur un personnage mineur qui se fait éclipser par les courtes apparitions de John Wick, un rôle qui résistera à l’épreuve du temps parmi les plus grands de Keanu Reeves

Le film «From the World of John Wick: Ballerina» en images

Par Lionsgate @ Tous droits réservés

  • «From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait
    Keanu Reeves interprétant John Wick et Ana de Armas dans le rôle d'Eve dans «Ballerina». Photo: Larry D. Horricks
  • «From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait
    Ana de Armas dans le rôle d'Eve dans «Ballerina». Photo: Larry D. Horricks
  • «From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait
    Lance Reddick jouant Charon et Ana de Armas dans le rôle d'Eve dans «Ballerina». Photo: Larry D. Horricks
  • «From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait
    Norman Reedus jouant Daniel Pine dans «Ballerina». Photo: Murray Close
  • «From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait
    Ana de Armas dans le rôle d'Eve dans «Ballerina». Photo: Murray Close
  • «From the World of John Wick: Ballerina» de Len Wiseman: une expansion d’un univers riche divertissante à souhait
    Ana de Armas interprétant Eve dans «Ballerina». Photo: Murray Close

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