«Predator: Killer of Killers» de Dan Trachtenberg: un opus unique, mais inégal – Bible urbaine

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«Predator: Killer of Killers» de Dan Trachtenberg: un opus unique, mais inégal

«Predator: Killer of Killers» de Dan Trachtenberg: un opus unique, mais inégal

Un dessin animé avec de bonnes idées mais qui s'avère maladroitement conçu

Publié le 6 juin 2025 par Maxance Vincent

Crédit photo : 20th Century Studios @ Tous droits réservés

Qui aurait cru que le huitième opus de la populaire franchise de science-fiction «Predator» prendrait la forme d'un dessin animé? Clairement pas moi, mais c’est une excellente idée de départ que le réalisateur Dan Trachtenberg nous propose après avoir redonné de l’énergie à une série qui en manquait grandement avec «Prey» en 2022. Le succès du film a tellement été monstrueux (sans vouloir faire un mauvais jeu de mots) que plusieurs titres ont été approuvés en même temps par Disney, à commencer par une nouveauté disponible sur Disney+ dès cette semaine, «Predator: Killer of Killers».

Ce film sert en quelque sorte d’amuse-bouche au plat principal, qui se déroulera dans les salles de cinéma en novembre prochain avec Predator: Badlands. À partir de ce que nous avions vu de la bande-annonce, Trachtenberg vise à créer davantage de connexions entre la franchise Predator et Alien, après que Paul W.S. Anderson ait emboîté le pas en 2004 avec Alien vs. Predator.

Les fans qui ne peuvent plus attendre jusqu’en novembre prochain pourront d’ici là apprécier sur Disney+ un film anthologique qui montre l’existence du «Predator» durant trois périodes distinctes de l’Histoire: l’époque des Vikings, le Japon féodal et la Deuxième Guerre mondiale.

«Predator: Killer of Killers». Photo: 20th Century Studios @ Tous droits réservés

Cet assez court film de 84 minutes est composé de trois segments («The Shield», «The Sword» et «The Bullet») qui illustrent la traînée de sang qu’a laissé le Predator à travers plusieurs époques distinctes, durant lesquelles les guerres servent de toiles de fond pour donner la permission au personnage titulaire de tuer d’innombrables humains.

Le premier segment est le moins impressionnant du lot, à l’exception d’un plan séquence animé incroyablement construit et archi violent.

Ce n’est certes pas un film d’animation pour toute la famille, et le réalisateur nous fait prendre conscience de ce fait dès le départ, alors que le Predator utilise plusieurs éléments de son environnement à sa disposition pour couper le plus de têtes humaines possible, ou bien arracher les colonnes de leurs corps!

Un film d’animation qui n’est pas destiné à tous les âges

À travers cette œuvre, la violence est souvent très surprenante, surtout lors du troisième segment, où Dan Trachtenberg et son coscénariste Micho Robert Rutare mettent en scène un combat aérien entre des avions de chasse et le vaisseau gigantesque du Predator. C’est ici où le médium de l’animation possède un avantage que la prise de vues réelles n’offre pas: l’imagination du cinéaste (et de ses artistes) n’a aucune limite.

Trachtenberg peut créer une panoplie de cascades irréalistes, faisant la démonstration de la force de l’extraterrestre, qu’un film comme Prey ne pouvait pas faire, puisqu’il devait se baigner dans un certain réalisme avec la prise de vues réelles. En animation, cependant, le cinéaste a tous les droits de mettre en scène un moment où le crochet du Predator détruit un avion en entier et emmène un soldat vers une mort certaine.

«Predator: Killer of Killers». Photo: 20th Century Studios @ Tous droits réservés

Le sentiment de tension que nous ressentons en observant le tueur des tueurs faisant honneur à son surnom dans une telle séquence est incroyablement palpable.

L’animation, époustouflante, aide aussi à visualiser des mondes de façon détaillée, comme celui des Vikings et de l’époque des samouraïs au Japon, que la prise de vues réelles ne peut pas faire, à moins de coûter très cher. Même si le premier segment n’est pas mon préféré, je ne pouvais pas ignorer la façon dont Trachtenberg élargit l’univers du film d’une façon très créative et unique.

À bien des égards, cet opus du Predator m’a fait penser en quelque sorte à The Animatrix, un autre film anthologique d’animation sorti entre The Matrix Reloaded et The Matrix Revolutions et qui avait pour but de développer le monde qu’avaient créé les sœurs Wachowski d’une manière imaginative en utilisant de nouvelles techniques d’animation à l’époque.

Un film anthologique (mais pas tant)

La grande différence entre The Animatrix et Predator: Killer of Killers, par contre, c’est que l’un est un film anthologique dans le sens propre du terme (plusieurs histoires n’ayant aucun lien ensemble, à l’exception qu’elles se déroulent dans l’univers du Matrix), et que l’œuvre de Dan Trachtenberg essaie de lier les trois segments dans un climax unissant les personnages principaux que nous rencontrons à travers les époques.

On dirait que Disney a une peur bleue de faire des histoires proprement anthologiques pour étendre un univers cinématographique populaire et qu’il doit toujours connecter ce que les spectateurs regardent afin qu’ils soient satisfaits.

«Predator: Killer of Killers». Photo: 20th Century Studios @ Tous droits réservés

C’était un problème flagrant de la série Marvel What If…?, qui se voulait anthologique, mais qui finissait toujours une saison par lier maladroitement tous les personnages que nous avions rencontrés dans les épisodes précédents lors d’une grande bataille. C’était toujours le segment le plus faible, et la dernière partie de Predator: Killer of Killers est d’une qualité similaire. La séquence d’action est irréprochable – c’est tout le reste qui ne fonctionne pas du tout.

Il m’est difficile d’en parler sans divulgâcher, mais je peux dire que le développement entre les trois personnages semble forcé plutôt qu’être naturel, et le film ne possède aucune conclusion satisfaisante qui vient boucler les histoires de cet opus pour mettre la table vers une éventuelle suite.

D’ailleurs, Predator: Killer of Killers n’a pas de fin en soi. Le réalisateur résout cette unification de trois périodes historiques de la manière la plus absurde possible en un cliffhanger qui ne fait aucun sens, et ce, même s’il nous donne un indice clé sur l’avenir de la franchise. Il reste à voir si les prochains indices que Trachtenberg laissera dans Predator: Badlands seront satisfaisants.

D’ailleurs, nous le savons déjà que le film se déroulera dans le futur et racontera son histoire sous le point de vue du Predator lui-même. Cette proposition est tout aussi intéressante et fraîche que ce film d’animation. Il est, donc à espérer que Trachtenberg livrera la marchandise d’une façon plus précise que cette œuvre d’apparence unique, en nous laissant relativement refroidi lorsqu’on arrive à son dénouement…

Le film «Predator: Killer of Killers» en images

Par 20th Century Studios @ Tous droits réservés

  • «Predator: Killer of Killers» de Dan Trachtenberg: un opus unique, mais inégal
    «Predator: Killer of Killers». Photo: 20th Century Studios @ Tous droits réservés
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