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Crédit photo : Universal Pictures
La réalisatrice Emma Tammi revient aux commandes avec Five Nights at Freddy’s 2, une suite à travers laquelle le scénario de Cawthon, cette fois, s’attarde sur Abby Schmidt (Piper Rubio), la sœur du gardien de sécurité Mike Schmidt (Josh Hutcherson), qui veillait de nuit sur le restaurant Freddy Fazbear’s Pizza.
Dans le premier film, Abby s’est noué d’amitié avec les animatroniques du restaurant, créés par le tueur en série William Afton (Matthew Lillard) afin d’attirer et d’éliminer les enfants qui ont le malheur de visiter les succursales.

Photo: Universal Pictures
Or, le souci majeur avec cette suite, c’est que Tammi ne raconte absolument rien d’intéressant pendant les 104 interminables minutes que dure ce film. Et, qui plus est, elle tourne l’atmosphère effroyable des jeux de Cawthon en une «œuvre» risible qui se concentre davantage à mettre la table sur un troisième opus, au lieu de développer les personnages et l’univers du film.
Five Nights at Freddy’s 2 débute par Afton qui brise le quatrième mur en accueillant personnellement le spectateur et en l’incitant à rester jusqu’à la fin, puisqu’on lui réserve plusieurs surprises. Et ce, avant même que nous apercevions le logo d’Universal! Certes, je dois avouer que c’est une mise en abîme intéressante, mais elle nous signale déjà que ce deuxième opus n’offrira rien de surprenant au public, puisqu’on lui dit d’emblée que ce film sera rempli d’une panoplie d’Easter eggs et de références aux jeux vidéo et à l’univers imaginé par Scott Cawthon.
Moi qui ai personnellement joué au jeu (et à toutes ses suites) pendant la quasi-totalité de mes dernières années de secondaire, en plus d’avoir une bonne connaissance de la mythologie derrière ces jeux, je n’ai honnêtement aucune idée de ce que Tammi et Cawthon souhaitaient aborder dans Five Nights at Freddy’s 2.
C’est une œuvre fragmentée qui saute du coq à l’âne, sans réelle cohérence entre les multiples pointes narratives introduites, lesquelles n’évoluent jamais au sein de ce film.
Un pur cash-grab du début à la fin
La trame narrative se résume en plusieurs microrécits qui ne sont aucunement (ou à peine) liés entre eux. Nous avons droit à un flashback qui se déroule dans les années 1980, montrant une attaque survenue dans l’une des succursales les plus populaires de Freddy Fazbear’s, et qui a un lien semi-logique avec la connexion qu’entretient Abby avec l’animatronique Chica (Megan Fox) dans le présent. Celle-ci manipule les émotions de la sœur de Mike pour que les mascottes vivantes puissent se déplacer à l’extérieur du restaurant et résumer le massacre qu’elles avaient entamé dans le premier chapitre de la franchise.

Photo: Universal Pictures
Tammi et Cawthon explorent également (quoique très brièvement) le choc post-traumatique vécu par Vanessa (Elizabeth Lail), fille de William Afton, qui est toujours hantée par des visions surnaturelles de son père préparant grand son retour (une référence à sa célèbre phrase: «I always come back!») dans le monde des vivants, alors qu’il a été tué dans le premier opus.
À travers le scénario, on nous offre aussi un détour mettant en scène un groupe de chasseurs paranormaux, mené par Lisa (Mckenna Grace), qui explore le restaurant abandonné, mais qui n’est d’aucune utilité dans ce récit. Si on avait coupé au montage l’ensemble des scènes où ils figurent, et le mince fil narratif n’aurait même pas été affecté! Évidemment, ce genre de séquences sert à insérer un peu plus d’action pour rythmer le récit, alors qu’en parallèle, les animatroniques reprennent leur carnage à l’intérieur – et maintenant à l’extérieur – du Freddy Fazbear’s.
Étant donné que nous n’avons aucune idée de ce que ce deuxième opus est censé aborder, toutes ces scènes de tuerie ou d’action n’ont aucun impact émotionnel à nos yeux de spectateur.
Les trames narratives auraient pu être développées de façon plus intrigante, mais Tammi et Cawthon étaient malheureusement trop occupés à préparer une suite potentielle, puisqu’ils semblent convaincus que Five Nights at Freddy’s 2 récoltera autant (sinon plus) d’argent que le premier. Dans cette optique, pourquoi ne pas avoir offert un film qui aurait satisfait d’emblée les fans ou non des jeux vidéo, de même que les amateurs de cinéma d’horreur, qui ont tous la même attente, celle d’être divertis par une œuvre qui met en scène des animatroniques tueurs!
Un film qui n’est ni destiné pour les fans ni pour le grand public
Pour les admirateurs de Five Nights at Freddy’s, ce film est une réelle insulte à leur égard, puisque l’atmosphère horrifiante de ces jeux d’horreur n’y est nullement transposée et, en plus, on s’attache à aucun des personnages. Tout ce qui reste, ce sont les références aux jeux, un caméo par-ci, un clin d’œil par là, mais elles n’enrichissent en aucun cas l’univers filmique.
Une chose est sûre, les amateurs de films d’horreur seront déçus. Tout est ridiculement mis en scène, et il n’y a rien d’exaltant ou d’amusant cinématographiquement parlant. Chaque scène qui aurait eu un potentiel d’être incroyablement violente n’est montrée directement. Ici, on a préféré détourner le regard du public plutôt que de montrer frontalement la violence crue des tueries. Vu que Blumhouse souhaite attirer un public plus large, la violence est diluée, et donc l’expérience est, pour le spectateur, nullement effrayante et n’arrive pas à la cheville du sentiment de terreur qu’on éprouve en jouant au jeu.

Photo: Universal Pictures
Évidemment, des générations d’enfants et d’adolescents ont joué à ce jeu, et cela a sûrement contribué à ce que ce film s’adresse à un public plus général. Mais Five Nights at Freddy’s est, à la base, un jeu qui n’est justement pas destiné à un public jeune, compte tenu du niveau d’adrénaline élevé que l’on ressent après avoir survécu à une nuit, et qui augmente à chaque niveau.
Il y aurait eu une opportunité en or de transformer ces animatroniques en véritables machines à cauchemars, qui ont par ailleurs été magnifiquement conçues par le Jim Henson’s Creature Shop, en les rendant aussi terrifiants qu’ils le sont dans le jeu, mais, malheureusement, à aucun moment du film on vit des réactions fortes, ni par le biais du jumpscare ni par d’autres effets-chocs qui ne fonctionnent pas du tout.
Bref, il n’y a aucune atmosphère, aucune tension, la violence est édulcorée, et le scénario est quasi inexistant. C’est un film qui n’a rien d’autre à offrir que nous faire perdre 104 précieuses minutes de notre vie.
Ainsi, toutes les pistes que Tammi et Cawthon explorent dans Five Nights at Freddy’s 2 n’ont aucun réel développement ni réelle résolution, puisque tout sert à préparer les spectateurs à une suite qui n’arrivera probablement pas (du moins je l’espère), puisque ce film a de fortes chances d’être démolit par la critique.
Les fans méritent bien mieux que ce long métrage qui n’a été créé que pour une seule raison: générer un profit permettant à ses créateurs d’en réaliser un autre, et ce, sans se soucier de sa pérennité dans la culture populaire. Ici, il n’y a aucune valeur artistique ajoutée, aucune scène proprement terrifiante, et aucune bonne performance non plus. D’ailleurs, on nous avait promis une réunion entre Skeet Ulrich et Matthew Lillard, deux des vedettes de Scream de Wes Craven, et les acteurs ne se croisent jamais à l’écran…
En somme, Five Nights at Freddy’s 2 est un pur produit commercial et un embarras total qui sera vite oublié par son public cible, qui aurait sans doute espéré retrouver le langage horrifique des jeux vidéos transposé au grand écran. Mais hélas, ce n’est pas le cas.
Le film «Five Nights at Freddy’s 2» en images
Par Universal Pictures
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Photo: Universal Pictures -
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