«Weapons» de Zach Cregger: un film d’horreur débordant de surprises – Bible urbaine

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«Weapons» de Zach Cregger: un film d’horreur débordant de surprises

«Weapons» de Zach Cregger: un film d’horreur débordant de surprises

Deux heures de rebondissements intenses et étonnants

Publié le 14 août 2025 par Maxance Vincent

Crédit photo : Warner Bros. Entertainment Inc.

De nos jours, il est difficile d’aller voir un film dont le récit nous est totalement inconnu. Les multiples bandes-annonces et entrevues promotionnelles qu'accordent les vedettes en révèlent (un peu) trop sur son histoire dans le but de vendre le plus de billets possible. Nous avons même souvent l’impression d’avoir vu le film au complet avant même qu’il soit sorti, ce qui enlève toute possibilité de surprise lorsque nous sommes assis en salle devant le produit final. C’est pour cela que «Weapons», le nouveau film de Zach Cregger, vient ajouter un vent de fraîcheur dans un écosystème qui aime tout divulgâcher au public avant que celui-ci ait la chance d’aller au cinéma pour regarder un nouveau blockbuster.

À l’instar de la dernière œuvre de Cregger, Barbarian, rien de concret n’avait été révélé dans sa bande-annonce et lors des entrevues avec ses acteurs principaux. Tout ce que nous avons su, au préalable, c’est que le film allait se focaliser sur la disparition de dix-sept enfants de la classe de Justine Gandy (Julia Garner). À deux heures dix-sept du matin, ceux-ci se sont réveillés et courent, les bras en l’air et le corps penché vers l’avant (comme Naruto) vers une destination inconnue.

Pourquoi ces enfants ont-ils fait cela? Où sont-ils? Et, le plus important: pourquoi toute sa classe a disparu, sauf un élève, Alex Lilly (Cary Christopher), qui n’a pas fait la même chose que ses collègues de pupitre?

Photo: Warner Bros. Entertainment Inc.

Je ne m’aventurerai pas davantage dans la description du synopsis, puisque Zach Cregger encourage le public à s’aventurer dans Weapons en connaissant le moins de détails possible. Il m’est difficile de parler de cette œuvre monumentale sans entrer dans ses moments les plus forts, toutefois, je peux vous dire que le récit partage plusieurs similarités avec Magnolia de Paul Thomas Anderson.

D’abord, Cregger va raconter l’histoire de Justine, avant de changer les perspectives d’une façon non linéaire en se focalisant sur Archer Graff (Josh Brolin), le père d’un des enfants disparus, Paul Morgan (Alden Ehrenreich), un policier ayant une relation avec Justine, et Marcus Miller (Benedict Wong), le directeur de l’école primaire, et ce, parmi plusieurs autres fragments qui éparpillent l’intrigue principale dans d’innombrables directions.

Cependant, la vision de Zach Cregger est si solide qu’il est capable de minutieusement lier tous les arcs narratifs créés durant le film lors du dernier segment lors duquel on comprend le pourquoi de l’élément déclencheur. Cette section en particulier a semblé diviser le public lors du visionnement, alors que certains ont aimé le changement de ton drastique de l’œuvre, alors que d’autres ont semblé être laissés à leur faim. Peu importe comment vous réagirez. S’il y a bien une chose qui est claire: personne ne sera capable de deviner où l’intrigue s’en va.

Certains pourront certainement tirer quelques conclusions d’avance, car Cregger peuple son récit de plusieurs indices, surtout lorsqu’il multiplie les perspectives d’une même scène (l’assemblée générale de l’école après la disparition des enfants dans les points de vue distincts de Justine et d’Archer, par exemple), nous donnant l’opportunité de l’observer sous différentes facettes.

Un film qui multiplie les histoires et les genres

Cela étant dit, il est très difficile de savoir comment ce film d’horreur se conclura. Weapons est une œuvre qui ressemble étrangement au travail de Kiyoshi Kurosawa, cinéaste de genre japonais qui s’est spécialisé en matière de films où la trame narrative part dans une direction inattendue et se conclut lors d’une finale que personne n’aurait pu deviner. Ce dernier vient justement de sortir Cloud, un thriller qui commence à la manière d’un film d’horreur atmosphérique où le protagoniste vit une paranoïa intense et culmine en une séquence d’action à haute intensité avec plusieurs pointes morbidement comiques.

Dans Weapons s’installe dès les premières minutes une atmosphère glaciale et effroyable, surtout lors du moment où nous observons les enfants quitter leur maison inexplicablement, dans la nuit.

Photo: Warner Bros. Entertainment Inc.

La chanson de George Harrison, «Beware of Darkness», ajoute un sentiment d’inquiétude à cette disparition qui n’est pas anodine et qui semble cacher quelque chose de sombre dans cette communauté en ’apparence paisible. Mais au lieu d’enquêter sur cela, les parents préfèrent blâmer la professeure Justine Gandy, qui ne s’explique pas pourquoi ses élèves se sont levés à deux heures du matin pour s’échapper de leur maison.

C’est à partir d’ici que le registre change et devient davantage anxiogène, jusqu’au moment où Cregger décide d’alterner la perspective et d’offrir une trajectoire différente avec une atmosphère qui n’est pas du tout la même que celle du début.

Le langage visuel du directeur photo Larkin Seiple s’adapte également aux soubresauts narratifs et atmosphériques du film, en empruntant parfois les codes d’un scénario d’action et même d’une comédie burlesque. À travers tout cela, par contre, un sentiment de terreur plane tout au long du film, et comme spectateur, on est incapables de l’effacer de notre mémoire, même lorsque le générique de fin apparaît.

Peu de cinéastes sont capables de réaliser cet exploit, celui de détourner le regard du public en mettant un genre spécifique à l’avant-plan (la comédie ou l’action, parmi tant d’autres), pour masquer l’horreur réelle du film.

La dernière partie représente cela avec brio, mais en dire plus révélerait des indices qui ne doivent pas être exprimés dans une critique. Ce que vous devez savoir, c’est que Weapons baigne dans un univers complètement différent de celui de Barbarian, autant sur le plan esthétique, scénaristique que thématique.

C’est un long métrage qui est beaucoup plus expérimental dans sa structure et dans son esthétique que la première plongée dans le monde de l’horreur de Cregger (Barbarian n’est d’ailleurs pas son premier film, c’est en fait Miss March, qui a actuellement une cote de 5% sur Rotten Tomatoes, qui a été son baptême comme cinéaste! Or, c’est justement sa structure expérimentale qui le rend si intéressant. Tout au long du visionnement, nous ne savons jamais dans quelle direction son scénario bien ficelé va aller ni comment les mouvements de la caméra vont s’adapter aux permutations génériques qu’offre son cinéaste dans l’ensemble des 129 minutes que dure cet opus.

Qui plus est, toute la distribution de haut calibre livre des performances exceptionnelles. Encore une fois, il est difficile d’entrer dans les détails sans rien divulgâcher, mais je dois mentionner le travail incroyable de Josh Brolin, d’Amy Madigan et de Cary Christopher, ce dernier livrant la meilleure interprétation par un enfant qu’il m’a été donné de voir cette année. Madigan et Christopher crèvent l’écran à eux seuls lors de la dernière partie qui, peu importe votre appréciation (ou votre dédain, c’est selon), va rester dans votre mémoire pendant longtemps.

Photo: Warner Bros. Entertainment Inc.

Il est fort possible que, malgré la touche comique du climax – vous devez savoir que Cregger est un cinéaste issu avant tout de la comédie avant de baigner dans l’horreur, comme l’un de ses contemporains, Jordan Peele –, vous n’arriviez pas à vous endormir lorsque la dernière phrase de Weapons résonnera dans votre esprit à votre retour du cinéma, jusqu’à ce que vous fermiez les lumières et tentiez de tomber dans les bras de Morphée.

Il est rare qu’un film d’horreur contemporain me donne cette sensation viscérale. Cette décennie, le seul qui m’a véritablement donné la frousse à un point tel que je n’ai pas réussi à dormir, c’est Les chambres rouges de Pascal Plante.

Maintenant, je peux ajouter Weapons de Zach Cregger à cette liste qui s’agrandit tranquillement mais sûrement, et qui occupe néanmoins une place de choix dans mon esprit, alors que j’essaie toujours d’effacer l’effroyable (mais assez hilarante) finale de ma mémoire…

Le film «Weapons» de Zach Cregger en images

Par Warner Bros. Entertainment Inc.

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