«La pièce qui tourne mal» au Théâtre du Nouveau Monde: quand ça va (vraiment) mal – Bible urbaine

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«La pièce qui tourne mal» au Théâtre du Nouveau Monde: quand ça va (vraiment) mal

«La pièce qui tourne mal» au Théâtre du Nouveau Monde: quand ça va (vraiment) mal

Une comédie désopilante où les éclats de rire s’enchaînent sans discontinuer

Publié le 22 juin 2026 par Éric Dumais

Crédit photo : Émilie Lapointe

En ce dimanche 21 juin, je suis arrivé au Quartier des spectacles sous la pluie battante avec l’excitation de celui qui sait qu’il va passer un sacré bon moment de divertissement. Arrivé devant le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) à l’instant où le soleil se montrait enfin la face, j’ai réalisé, à voir le tapis rouge devant le hall d’entrée, que l’élite du showbizz québécois s’était rassemblée pour voir, comme moi, un spectacle qui promettait déjà une dégringolade d’effusions de rires.

À l’extérieur, j’ai croisé l’une de mes idoles de jeunesse, André Robitaille, chef d’orchestre — dans l’ombre — de cette production d’origine britannique. Il était présent sur le tapis rouge avec sa bouille sympathique habituelle. Après avoir pris possession de mon billet, hop!, je me suis dirigé à l’intérieur du théâtre, dans cette frénésie artistique qui rappelle les soirs de première au TNM.

Une fois assis, j’ai réalisé que j’étais drôlement bien entouré: Simon Boulerice, à gauche, et Cynthia Wu-Maheux, à droite — sans oublier Mani Soleymanlou et Jean-Michel Anctil, quelques sièges plus loin, ou encore la femme de Pierre-François Legendre, assise derrière moi, qui était très heureuse de dire à tout le monde qu’elle était la femme de Pierre-François Legendre!

Jonathan Roberge. Photo: Émilie Lapointe

Avec un sourire en coin, j’ai commencé à observer la scène qui se déployait devant mes yeux. Jonathan Roberge (Trevor, l’insouciant technicien de son et fan invétéré de Duran Duran) et Olivia Palacci (Annie, la maladroite technicienne de scène et comédienne malgré elle) s’activaient gauchement, tout en gardant leur sérieux, à finaliser la bonne tenue d’un décor déjà bien chambranlant (et le spectacle commençait à peine!)

Et, croyez-le ou non: c’est ça le premier gag de la représentation! On croit tous que le show n’est pas encore commencé, mais, en réalité, nous y sommes déjà, puisque nous assistons aux dernières retouches scéniques avant le mot du metteur en scène, interprété par Fabien Cloutier, lequel est très fier de présenter LE spectacle qui s’annonce le plus marquant de la Cornley Drama Society, une troupe amateure.

Ou devrais-je dire, une troupe très, très amateure.

Normand Chouinard, qui signe la traduction en français de ce spectacle qui a fait rire aux éclats les publics londoniens et new-yorkais avant nous, a bien réussi son coup, puisque les minutes où je n’ai pas ri se sont faites très rares! Je n’ai pas eu beaucoup d’occasions de reprendre mon souffle en tout cas.

La pièce qui tourne mal, c’est la comédie la plus désopilante que j’ai vue jusqu’à présent. Sa grande qualité, c’est qu’il n’y a aucun, aucun temps mort.

Sur scène, les acteurs s’agitent dans tous les sens, les nerfs à vif, les émotions dans le tapis. Ça gesticule, ça crie, ça se bouscule, ça saute, ça plonge, ça court dans tous les sens, bref, les acteurs sont au cœur d’un marathon théâtral!

Lelouis Courchesne. Photo: Émilie Lapointe

Et le plus comique dans tout ça, c’est qu’on a conscience d’être dans une histoire de meurtres et mystères à la sauce Agatha Christie, mais la proposition est tellement flyée et éclatée, qu’on n’a même pas l’envie de savoir qui a tué Jonathan (joué par ailleurs par l’excellent Pierre-François Legendre, qui est très douée pour jouer le mort!)

Parlant de la distribution, c’est surtout grâce à elle si ce spectacle est autant un gage de succès.

Fabien Cloutier, dans la peau de Chris, joue bien l’inspecteur tenace qui aime qu’on lui obéisse. Stéphane Breton, qui remplace Guillaume Lambert en majordome, est délicieux dans le rôle de celui qui bute sans cesse sur les mots, tellement qu’il doit écrire les plus compliqués sur son poignet! 

Lelouis Courchesne, dans le rôle de Max — mon coup de cœur au masculin — est d’une douce folie: il est tordant lorsqu’il regarde la foule, fier de sa performance, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, et il nous arrache une série de rires gras au moment où il s’agite comme une poule pas de tête. Olivia Palacci, dans le rôle d’Annie, est mon coup de cœur au féminin, car, en plus d’avoir l’un des looks les plus drôles de la pièce, elle nous réserve une surprise lorsqu’elle intègre au pied levé la troupe en remplacement de Sandra, qui se fait assommer à un moment du spectacle. 

Rémi-Pierre Paquin, qui interprète Robert, impressionne: sa prestance, son aplomb, son jeu sans failles, il excelle à tous les niveaux! Jonathan Roberge, alias Trevor, ne semble a priori pas avoir un rôle de premier plan, et pourtant, dans la peau de ce fan de Duran Duran qui tente mollement de retrouver son disque et de jouer le technicien expérimenté, il est vraiment délicieux, justement parce qu’il ne sourit jamais, jamais. 

Julie Ringuette, dans le rôle de l’irrésistible Sandra, femme du défunt Jonathan, est tordante quand elle essaie de jouer la carte de la séduction auprès d’un Max qui ne veut surtout pas être embrassé.

Et finalement, Pierre-François Legendre, qui joue le «mort-vivant» — est-il mort ou il fait semblant d’être mort? —, la question se pose, m’a bien fait rire également.

Olivia Palacci et Fabien Cloutier. Photo: Émilie Lapointe

Cette pièce de Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, mise en scène par Mark Bell, est un petit bijou de comédie. Si vous voulez vous changer les idées et rire à en pleurer, c’est un spectacle que je vous recommande chaudement. Vous m’en donnerez des nouvelles!

Horaire des représentations pour l’été:

  • Du 18 au 27 juin à 14 h ou 20 h au Théâtre du Nouveau Monde (Montréal)
  • Du 10 au 26 juillet à 14 h ou 20 h à la Salle Albert-Rousseau (Québec)
  • Du 31 juillet au 9 août à 14 h ou 20 h à la Salle Odyssée (Gatineau)
  • Du 15 au 23 août à 14 h ou 20 h au Théâtre Manuvie (Brossard)

Le spectacle «La pièce qui tourne mal» en images

Par Émilie Lapointe

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    Jonathan Roberge. Photo: Émilie Lapointe
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    Lelouis Courchesne. Photo: Émilie Lapointe
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    Olivia Palacci et Fabien Cloutier. Photo: Émilie Lapointe
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