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Crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin
L’adaptation de ce texte de Tyrfingur Tyrfingsson, traduit par Maxime Allen, est mise en scène par Marie-Ève Milot, un prodige dont on suit de très près la carrière au QG de Bible urbaine.
Pas grand-chose ne trahit l’origine islandaise du texte, si ce n’est l’humour scabreux parfois presque choquant, et un certain désespoir dans lequel baigne l’ensemble des personnages.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin
Il y a, entre autres, le père (Fabien Cloutier), un homme profondément toxique avec des tendances mystiques; le boulanger (Alexandre Bergeron), qui hésite sans cesse entre brutalité et tendresse; Katrin (Kariane Héroux-Danis), une jeune femme difficile à suivre dont le père vient de trépasser; et Helgi, qui a de la magie dans les yeux et un infini besoin d’amour.
Il y a aussi un personnage de jeune femme errante incarné par Lou Thompson, sous-utilisée, mais on ne comprend pas trop ce qu’il fait là.
L’exploration des dynamiques entre les personnages prend une bonne place dans la pièce, avec la tension qui monte en crescendo, évidemment, jusqu’à l’inévitable explosion. Il est intéressant de mettre en scène un personnage de sexe masculin qui a visiblement des daddy issues, mais là n’est pas la force principale du texte.
C’est plutôt le nihilisme amusé, un genre difficile à maîtriser qui ne fait pas mouche auprès de tous les publics, mais qui a diablement bien fonctionné pour moi. Et au-delà de ce nihilisme qu’on a envie de célébrer, et qui nous dépayse fermement, les maintes qualités de la production comprennent notamment un aspect provocateur qui nous garde attentifs aux moindres joutes verbales se déroulant sur scène.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin
Quand Helgi dit à son père que «toutes les histoires que tu me racontes m’empêchent d’écrire la mienne», il résume son sentiment d’asphyxie, et la source d’une tragédie naissante, que le public verra implacablement se mettre en place, via d’habiles rouages dramaturgiques, dans une mise en scène sensible.
On salue l’originalité de la proposition, qui clôt une saison globalement magnifique au Quat’Sous.
La pièce «Helgi» de Tyrfingur Tyrfingsson en images
Par Frédérique Ménard-Aubin
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Photo: Frédérique Ménard-Aubin -
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Photo: Frédérique Ménard-Aubin -
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