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Crédit photo : Martine Poulin
Barbada, on te souhaite la bienvenue à cette série d’entrevues! C’est vraiment un plaisir d’échanger avec toi. Tu es une artiste drag à la fois drôle et attachante qui s’est fait connaître du public québécois en 2005. Tu excelles dans l’art de livrer des performances à saveur disco, pop et dance colorées et dynamiques, notamment comme DJ, et aussi en animation, comme en font foi tes nombreuses participations à des soirées pour le Cirque du Soleil, des mariages, des événements corporatifs, et bien plus. Le jour où tu as voulu devenir une drag queen, tu t’en souviens? Raconte-nous comment est née l’étoile Barbada.
«Barbada est née un peu par accident. En 2002, j’ai été approché par une drag du nom de Lolita dans un club, qui m’a proposé de danser dans l’un de ses numéros. J’étais loin de me douter que, trois ans plus tard, j’allais moi-même être la star du spectacle dans un concours de drag, le Star Search’ au fameux Cabaret Mado.»
«C’est donc le 6 février 2005 que Barbada a foulé les planches pour la toute première fois. Mon intention, à l’époque, c’était de l’essayer une seule fois, pour le plaisir. Mais force est de constater que, 20 ans plus tard, le one shot deal s’est transformé en une carrière florissante.»
«La drag me permet tellement de choses. Non seulement d’explorer ma créativité à travers des projets tous plus uniques les uns que les autres, mais également de faire de précieuses rencontres».

Barbada @ Tous droits réservés
Tu es vraiment une artiste polyvalente: en 2016, tu as participé à une série documentaire, Ils de jour, elles de nuit, diffusée sur ICI ARTV, et l’un des projets qui t’a révélée au grand public, c’est L’heure du conte, une activité que tu exerces depuis 2016 un peu partout au Québec et à travers laquelle tu lis des histoires à des jeunes de 3 à 8 ans, «dans le but de traiter d’ouverture, d’acceptation et d’estime de soi». Depuis que tu es devenue une personnalité publique, comment ça se passe, justement, l’acceptation au quotidien, autant chez les enfants que chez les adultes?
«C’est merveilleux! Je vis un rêve! Haha!»
«Avec ma carrière d’enseignant de musique au primaire, j’ai toujours eu une passion pour l’enseignement, l’apprentissage dans le plaisir et le travail auprès des jeunes. L’heure du conte, ainsi que toutes les activités jeunesse auxquelles je participe, dont les conférences dans les écoles et l’animation d’événements familiaux, m’ont permis de combiner mes deux passions: faire de la drag et travailler auprès des jeunes.»
«L’heure du conte est un projet qui m’a menée à faire des rencontres exceptionnelles et qui, au fil du temps, m’a même permis d’animer ma propre émission, Barbada, sur TOU.TV depuis 2022. Ainsi, je suis devenue la toute première drag queen à la barre d’une émission qui porte son nom! En dix épisodes super colorés, l’émission fait découvrir (ou redécouvrir) aux jeunes et moins jeunes des instruments de musique, de même que des artistes d’ici tels que Klô Pelgag, Bon Enfant, Ariane Moffatt, Clay and Friends, Normand Brathwaite, Guylaine Tanguay et plusieurs autres.»
«Jamais je n’aurais imaginé un tel projet possible! Je suis définitivement sur mon X. Vraiment, je vis un rêve!»
Le 16 juin dernier, tu as foulé les planches du Théâtre La Comédie de Montréal dans le cadre de l’activité en deux parties Queer Académie: la sélection, présentée lors de l’édition 2025 de Fierté littéraire, un festival gratuit lors duquel le public 2LGBTQIA+ «partage ses histoires, ses talents et son énergie dans un esprit d’inclusion et de solidarité». Ce soir-là, tu animais une compétition inspirée de La Voix et de Star Académie où quinze artistes littéraires avaient la mission de remplir différentes épreuves dans le but de gagner un contrat d’édition chez les Éditions TNT. Le concept est vraiment génial et on a hâte d’en savoir plus le 31 juillet lors de Queer Académie: la finale! Veux-tu nous en parler un peu et nous dire ce qu’il en est de la sélection des mentors et de leurs trois recrues?
«C’est un très beau concept de concours littéraire unique en son genre. Nous en sommes à la 4e édition et je l’anime depuis trois ans.»
«Oui, le concept s’inspire des auditions anonymes de l’émission La Voix. Sauf qu’ici, on ne fait pas chanter des gens, mais plutôt on lit leur prose. Pour la première étape du concours, qui a eu lieu le 16 juin, 14 auteurs, autrices et auteurices ont soumis un texte de leur choix sur la thématique Célébrons-nous! Puis, devant notre public et nos trois mentors (Jonathan Bécotte, Sylvie Payette et Alex Viens), les textes ont été lus de façon entièrement anonyme par Stéphanie Desrochers, comédienne professionnelle.»
«Les mentors pouvaient appuyer sur leur buzzeur si le texte leur plaisait. Après la lecture, le∙la candidat∙e se dévoilait et rejoignait l’une des trois équipes si l’un des mentors avait buzzé. Les mentors accompagnent les candidat∙es pendant six semaines pour les préparer aux autres épreuves qui seront présentées lors de la finale le 31 juillet.»
«C’est donc un rendez-vous à ne pas manquer au Théâtre La Comédie de Montréal, dès 20 h, ou sur la chaîne YouTube de Fierté littéraire.»
Que représente pour toi le Festival Fierté littéraire, qui prône «le besoin vital de célébrer», alors qu’on traverse, bon an mal an, des temps incertains pour nos communautés de la diversité sexuelle et de genre? Parle-nous aussi brièvement des invités de marque et des événements à ne surtout pas manquer lors de cette édition 2025 sous le thème Célébrons-nous! On est tout ouïe!
«Lorsqu’on regarde les images des célébrations des Fiertés, on voit presque exclusivement des gens qui font le party dans de gros rassemblements, comme les T-Dance, les défilés ou les spectacles. Mais je trouve que c’est tellement important de se rappeler que la queerness, elle est partout, notamment dans la littérature.»
«Et c’est exactement à ça que sert un organisme tel que Fierté littéraire: donner une voix aux membres de la communauté qui sont trop souvent moins visibles que les flambants personnages lors des défilés, mais qui méritent tout autant qu’on les célèbre.»
«Pour sa 13 édition, Fierté littéraire offre une programmation hors du commun avec des ateliers littéraires, des soirées de poésie, des présentations d’auteurs∙trices en salle du 31 juillet au 5 août. Toute la programmation détaillée est disponible sur le site www.fiertelittéraire.ca et j’invite vraiment tout le monde à la consulter.»
Et alors, que réserve l’année 2025 à Barbada de Barbades? Si ce n’est pas un secret d’État, dis-nous donc dans quel autre projet nous aurons la chance de te suivre au cours des prochains mois!
«Dernièrement, j’ai eu la chance de participer à un projet absolument extraordinaire: une série documentaire, en français, sur l’art de la drag qui s’intitule DRAG! d’la tête aux pieds. Je serai à l’animation de cette très belle série de 13 épisodes, qui nous fait découvrir des artistes drag de partout au Canada.»
«J’ai donc eu l’immense plaisir d’aller à la rencontre d’artistes à Halifax, Moncton, Québec, Sturgeon Falls, Winnipeg, Edmonton, Fredericton, Sherbrooke, Ottawa, Charlottetown, Montréal et Toronto. Comme le chantait Félix Leclerc: “Moi, mes souliers (à talons hauts) ont beaucoup voyagé”.»
«Dans cette série, je serai en compagnie de l’hilarante Sami Landry, qui a rencontré des personnes qui pratiquent des métiers reliés à la drag: costumier, perruquier, photographe, animateur de foule, etc. La série sera diffusée sur TFO dès cet automne.»
«J’invite tout le monde à suivre la page Instagram de la série pour avoir quelques excellents preview: DRAG! d’la tête aux pieds.»
Suivez le conseil de Barbada et venez faire votre tour à la Queer Académie: la finale ainsi qu’aux différents événements proposés au menu de Fierté littéraire! Pour en savoir plus sur la programmation de l’édition 2025, consultez le www.fiertelitteraire.ca. Et pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.
*Cet article a été produit en collaboration avec Fierté littéraire.
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