«L'entrevue éclair avec...» Steve Vallières, historien pour qui le sport occupe une place importante dans sa vie – Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Steve Vallières, historien pour qui le sport occupe une place importante dans sa vie

«L’entrevue éclair avec…» Steve Vallières, historien pour qui le sport occupe une place importante dans sa vie

Le désir de raconter une histoire, oubliée de tous, et pourtant fascinante

Publié le 31 mars 2026 par Éric Dumais

Crédit photo : Tous droits réservés @ Les éditions du Septentrion

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations et, bien sûr, l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd'hui, on a eu le plaisir de jaser avec Steve Vallières, un passionné de sport depuis qu'il a eu l'âge d'enfiler des patins à glace et de manier un bâton de hockey et une rondelle! Son amour pour les sports, couplé à sa soif d'écriture, l'ont poussé vers la rédaction d'un essai sur les Jaros de la Beauce et d'une biographie sur le coach Jacques Dussault. Plus récemment, les éditions du Septentrion ont dévoilé les fruits de son récent travail, l'histoire sportive du hockey sur glace au Canada.

Steve, on vous souhaite la bienvenue! Vous êtes détenteur d’un baccalauréat en histoire et d’un certificat en géographie de l’Université Laval, en plus d’être un vrai mordu de sport. Après quelques années en enseignement, vous avez décidé de réorienter votre carrière vers le monde de la documentation. Ainsi, vous travaillez, depuis 2006, à la Bibliothèque de l’Université Laval. Parlez-nous brièvement de votre parcours professionnel et de la place qu’occupe votre passion pour le sport dans votre vie.

«Le sport occupe une place importante dans ma vie. Le hockey a sans aucun doute été mon premier coup de foudre. Patiner à toute vitesse et décocher un lancer vers le filet, c’étaient des sensations enivrantes pour un petit garçon comme moi.»

«En même temps, j’ai toujours eu une fascination pour les livres. Quand j’étais gamin, ma mère travaillait à la bibliothèque municipale de mon patelin et j’y passais beaucoup de temps. Je me promenais dans les allées et je me disais: Wow, le savoir de l’humanité est ici. Ça me fait rire quand j’y repense, parce qu’il devait y avoir cinq petites rangées de vieux bouquins et c’était bien avant l’arrivée d’Internet. Mais pour l’enfant curieux que j’étais, c’était un monde aux possibilités infinies. Quand j’ai décidé de réorienter ma carrière à l’aube de la trentaine, naturellement, le monde des bibliothèques s’est imposé.»

En parallèle, vous êtes l’auteur d’un récit sur les Jaros de la Beauce, un club de hockey qui a notamment inspiré les créateurs du célèbre film américain Slap Shot (1977) de George Roy Hill, et vous avez également écrit une biographie sur Jacques Dussault, l’entraîneur intronisé au Panthéon des sports du Québec et au Temple de la renommée du football canadien. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans l’écriture de ces deux ouvrages?

«C’est mon collègue et ami, Daniel Laverdière, qui est un peu à l’origine de ces deux projets. Comme moi, c’est un passionné d’histoire et de sport, et nous aimons beaucoup discuter de vieux exploits sportifs oubliés de tous. Un jour, il est arrivé avec cette question: As-tu déjà entendu parler des Jaros de la Beauce? Nous ne savions pratiquement rien de cette mystérieuse équipe des années 1970. Et lorsque nous nous sommes rendu compte, après quelques recherches, qu’il existait un lien entre ce club et le film Slap Shot, j’ai su qu’il fallait raconter cette histoire.»

«Pour le coach Dussault, nous considérions que cet homme était un véritable pionnier de l’enseignement du football au Québec et qu’il n’avait pas reçu tous les honneurs qu’il méritait. Son parcours de vie se devait d’être raconté. J’ai eu la chance de travailler avec Jacques et de découvrir un personnage hors norme.»

Une chose est sûre, l’historien du sport en vous a eu la piqûre, car voilà que les éditions du Septentrion ont fait paraître en librairie, le 31 mars, votre plus récent essai, Du club Laval au Rouge et Or. 95 ans de hockey à l’Université Laval 1896-1991. À travers ce livre de 270 pages, vous retracez «l’évolution du hockey à l’Université Laval, des premières années du sport universitaire et de son intégration au programme d’excellence, jusqu’à l’épopée ayant mené à la construction d’un complexe sportif et à la création de la première association sportive universitaire québécoise.» Dites-nous comment vous est venue l’idée de raconter l’histoire sportive du hockey sur glace, né au XIXe siècle au Canada.

«On a beaucoup écrit sur le hockey, notamment sur les exploits du Canadien de Montréal. Mais on s’est peu intéressé à d’autres aspects de notre sport national. Alors que la vaste majorité des chercheurs, des historiens et des auteurs sont issus du monde universitaire, étrangement, personne n’a daigné poser un regard sur l’histoire du hockey universitaire. Et pourtant, des athlètes provenant des universités de Montréal et de Québec sont intimement liés à la naissance et à la diffusion du hockey à la fin du XIXe siècle.»

«À Québec, le club Laval, formé par des étudiants de l’Université, a été la première formation francophone à remporter des championnats locaux au début du XXe siècle. Dans les années 1950, la rivalité entre le Rouge et Or et les Carabins étaient sur la glace.»

«Ayant un accès privilégié aux archives universitaires, j’ai senti le besoin de raconter cette autre histoire, oubliée de tous, et pourtant fascinante.»

Qu’aimeriez-vous que nos lecteurs et lectrices, qui sont tout aussi férus que vous en matière de culture sportive, retiennent de votre livre, une fois la dernière page tournée?

«J’aimerais d’abord que les gens passent un bon moment en lisant ce livre. Parce que c’est d’abord pour ça qu’on écrit: permettre à tous de s’évader, de rêver et d’apprendre.»

«Si on s’attarde au contenu, je souhaite surtout que les gens s’interrogent sur la manière d’enseigner le hockey au Québec.»

«Comme je le démontre dans le récit, le hockey universitaire québécois était fort populaire jusqu’au début des années 1960. Par la suite, comme société, nous avons décidé que les meilleurs hockeyeurs devaient viser la LNH et que, pour ce faire, ils devaient passer par la LHJMQ.»

«Aujourd’hui, on se rend compte que plusieurs des meilleurs hockeyeurs de 19 ans choisissent de se diriger vers le réseau universitaire américain. Ne serait-il pas temps, pour nous aussi, d’orienter le développement de nos hockeyeurs vers le réseau scolaire, du primaire jusqu’à l’université? Ainsi, nous pourrions affirmer que le hockey, chez nous, est une véritable institution.»

Finalement, y a-t-il un autre sujet dans le monde du sport qui titille votre curiosité depuis un moment et que vous aimeriez explorer dans un avenir proche? Sur ce, on vous dit à la prochaine!

«Il y a plusieurs sujets qui m’intéressent: le baseball, le hockey senior, l’athlétisme, etc. Mais je manque de temps pour m’y consacrer pleinement!»

«La recherche dans les archives, la préparation des entrevues avec les athlètes, ainsi que l’analyse et la synthèse de l’information recueillie exigent des sacrifices, et on passe beaucoup moins de temps avec ses proches.»

«Pour l’instant, je souhaite donc m’éloigner du documentaire… et peut-être faire une incursion dans la fiction. Quelle forme cela prendra-t-il? Je l’ignore. Mais je peux d’ores et déjà vous dire qu’il sera question de sport!»

Le livre Du club Laval au Rouge et Or. 95 ans de hockey à l’Université Laval 1896-1991 est disponible en librairie depuis le 30 mars au coût de 29,95 $ (papier). Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec Les éditions du Septentrion.

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