Le thriller domestique «La menteuse» de Sophie Stava – Bible urbaine

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Le thriller domestique «La menteuse» de Sophie Stava

Le thriller domestique «La menteuse» de Sophie Stava

Un succès littéraire bientôt sur vos écrans

Publié le 9 février 2026 par Éric Dumais

Crédit photo : Les Escales Noires

Si vous êtes un∙e adepte de thrillers et que vous êtes abonné∙e à Instagram, les algorithmes – qui vous connaissent déjà trop bien – ont sûrement mis de l’avant, sur votre fil, des Reels d’influenceurs qui promettent avoir déniché pour vous LE meilleur livre de tous les temps, avec une twist qui va vous scier en deux. Ces derniers temps, ils ont été nombreux∙ses à exhiber fièrement le roman «La menteuse» de la primo-romancière Sophie Stava, publié chez Les Escales Noires. Et bon, comme il m’arrive parfois d’être influençable, j’ai voulu tester le produit, comme on dit.

Ainsi, j’ai trois bonnes nouvelles, et une moins bonne pour vous.

D’une part, ce roman est écrit par une jeune écrivaine fort habile et il se lit avec une facilité déconcertante. Et c’est d’autant plus plaisant d’être bercé par une plume aussi agile quand on vient de lire l’ensemble des livres de Freida McFadden qui, malgré son succès mondial et son indéniable sens du suspense, pourrait sortir un livre de moins par année pour se concentrer un peu plus sur la qualité de son écriture, que j’ai trouvée par moments malhabile pour une écrivaine ayant publié plus d’une vingtaine de romans aux États-Unis.

D’autre part, l’histoire de La menteuse est quand même originale, dans une ère où les thrillers domestiques comme La femme de ménage, Mens-moi à l’oreille ou La femme du serial killer règnent au sommet des palmarès.

Et je dois avouer que le personnage de Sloane Caraway alias Caitlin m’a plu d’emblée, tellement elle est délicieusement tordue.

«C’est juste que la vérité est tellement ennuyeuse.» – Sloane Caraway

Imaginez cette scène surréaliste: une fillette joue au parc avec son papa avant d’éclater en sanglots après avoir malencontreusement posé le pied sur le dard d’une abeille. Et plutôt que d’observer la scène à distance dans l’espoir que la jeune fille se console dans les bras de son père, Sloane bondit de son banc en lançant «Je suis infirmière!», qui sont les trois premiers mots de ce livre.

Mais pourquoi ment-elle à tout va, celle-là?

«Parce que le truc, c’est que je ne suis pas infirmière. Je ne l’ai jamais été. En revanche, je suis une grande menteuse.» Et, quelques phrases plus tard, elle en rajoute une couche: «J’avais envie d’aider. Il paraissait si perdu, si inquiet, que, sans réfléchir ou presque, j’ai ouvert la bouche et le mensonge est sorti. Il est tombé sur le trottoir avec un bruit sourd qui les a fait sursauter tous les deux. Je voulais bien faire, vraiment! Oui, je sais, l’enfer est pavé de bonnes intentions.»

En effet, Sloane – qui va réussir à se faire appeler Caitlin auprès de Jay, Violet et Harper Lockhart – est tellement convaincante dans son rôle de menteuse compulsive qu’elle va parvenir à devenir la nounou de cette famille aisée vivant dans une maison cossue de New York. Et si elle est autant attirée par eux, c’est qu’ils ont tout ce qu’elle ne possède pas: un mariage en apparence heureux, une petite fille mignonne, une maison de rêve, des vêtements de haute couture, et j’en passe.

Sophie Stava. Photo: Alison Bernier

Sloane Caraway, une célibataire de 32 ans, vit encore chez sa mère et travaille dans un salon de beauté à faire des ongles chez Rose & Honey. Pas mal moins glamour comme portrait, n’est-ce pas?

Maintenant, la moins bonne nouvelle: je ne suis pas un grand adepte des romans dont la narration passe de main en main, une méthode que McFadden – pour la nommer une fois de plus – affectionne particulièrement. Au moins, il y a une certaine cohérence chez elles, vu qu’elles participent à étendre le brouillard dans nos esprits. Chez Sophie Stava, c’est le contraire: cette passation de la narration nous éclaire sur les intentions machiavéliques de chacun∙e.

Ici, le fil narratif est tissé en quatre grandes parties: la première, qui n’est jamais nommée, mais qui est racontée par Sloane elle-même durant dix-huit chapitres. Plus loin, on a droit au point de vue de Violet, puis à celui de Jay, avant de revenir à Sloane, en conclusion de récit.

Ce qui fonctionne, c’est que, pour le lecteur, c’est intéressant d’enfin connaître le fond de la pensée des personnages qui gravitent dans cette histoire. Mais l’affaire, c’est qu’il y a quelques détails clés qu’on a vu venir, et donc, l’effet de surprise est là, mais un brin éclipsé. Et ce qui fonctionne moins, à mon sens, c’est que la finale est tellement tirée par les cheveux que l’aboutissement de cette histoire en devient presque risible. Je vous l’assure: dans la vraie vie, un tel scénario est carrément impossible à reproduire, et c’est ce qui m’a découragé au terme du marathon des dernières pages.

Somme toute, La menteuse est un thriller savoureux et un divertissement divin que je vous recommande sans peine.

En tout cas, il y en a au moins une, dans ce roman, qui a bien cerné le personnage de Sloane, qui sera très prochainement interprétée par Lindsay Lohan dans une adaptation en série à venir: «C’est une menteuse, oui, mais elle ment surtout parce qu’elle a terriblement besoin que les gens l’aiment.»

Et vous, arriverez-vous à l’apprécier autant que moi?

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