LittératureThrillers et polars
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S’il y a bien une qualité indéniable qu’on doit accorder à ces thrillers domestiques aux titres racoleurs qui, quoi qu’on en dise, réussissent à conquérir différents publics à travers le monde, c’est qu’ils sont racontés de sorte qu’on navigue en plein brouillard, avant qu’une twist qu’on n’a pas vue venir nous happe de plein fouet.
Si Freida McFadden, Amy Tintera, Leslie Wolfe, Sophie Stava ou Shari Lapena, pour ne nommer qu’elles, sont devenues des auteures aussi iconiques en 2026, c’est bien parce qu’elles sont redoutablement douées dans l’art d’inventer un revirement de situation qui prend réellement par surprise, même ce lecteur à qui on n’en passe pas une habituellement.
Dans le cas de La femme du serial killer, Alice Hunter réussit (presque) le défi de nous garder en haleine jusqu’au bout. Le dénouement est tout à fait plausible, mais son appétit pour la twist machiavélique n’était visiblement pas rassasié, puisque dans la dernière partie du roman, elle a cherché à nous surprendre coûte que coûte, quitte à dénaturer les traits de son protagoniste, décision qui m’a personnellement valu une amère déception.
À mon humble avis, la force d’Alice Hunter, ici, ce n’est pas l’art du coup de théâtre; c’est la sensibilité dont elle a su faire preuve en nous racontant une tragédie humaine à travers les yeux de la femme d’un potentiel meurtrier, c’est-à-dire à travers les yeux de Beth Hardcastle, à laquelle on s’attache d’entrée de jeu.
«J’ai eu la chance d’être l’heureuse élue»
Cette propriétaire du coffee-shop Chez Poppy, où elle anime aussi des ateliers de porterie, et maman comblée d’une petite fille, semble à première vue d’une conduite irréprochable. Jusqu’à ce qu’un doute s’installe dans notre esprit. Et il y a de quoi douter: lorsqu’on apprend – en même temps qu’elle, alors que les policiers toquent à sa porte – que son mari Tom, ce père de famille aimant, est soupçonné d’être l’auteur de crimes odieux, on en vient à se demander si, réellement, Beth n’était pas du tout au courant de ses agissements, ou si, au contraire, elle était complice des supposés meurtres commis par son mari.
Une chose est sûre, la puissance d’une telle révélation nous force, comme mû par un instinct d’empathie pure, à compatir pour le destin de cette famille brisée.
Mais cette question obsédante qui nous tourne en tête tout au long de notre lecture ajoute une couche anxiogène au récit, et l’effet est d’autant plus amplifié par la présence des journalistes, qui font le pied de grue, dans l’espoir d’un aveu, devant leur joli cottage, acheté deux ans plus tôt.
Tom est-il réellement un assassin, ou pire encore, un tueur en série? Le doute plane tout au long du livre. Et plus encore, un brouillard dense s’installe quand on comprend que Beth n’est peut-être pas si blanche comme neige que ça. Mais si c’est bien le cas, comment a-t-elle pu ignorer la gravité des agissements de son mari et faire l’autruche, comme si de rien n’était?
«C’est fou ce qui se cache parfois derrière l’image d’une vie parfaite»
La femme du serial killer reste un bon thriller qui, par la force de ses révélations, et le réalisme du drame qui se déroule sous nos yeux, glace le sang. Croyez-moi, vous n’aurez aucun mal à le dévorer en quelques bouchées.
Et d’ailleurs, si ce roman vous a plu, vous serez sûrement heureux d’apprendre que deux autres livres de la même auteure sortiront dans un futur proche chez L’Archipel: La fille du serial killer et La sœur du serial killer.
L'avis
de la rédaction



