«Dans la peau de...» Isabelle Roy, auteure dont chaque projet est une porte ouverte vers un autre monde – Bible urbaine

LittératureDans la peau de

«Dans la peau de…» Isabelle Roy, auteure dont chaque projet est une porte ouverte vers un autre monde

«Dans la peau de…» Isabelle Roy, auteure dont chaque projet est une porte ouverte vers un autre monde

L'écriture, ou le meilleur moyen de nourrir sa curiosité

Publié le 8 mai 2026 par Éric Dumais

Crédit photo : Julie Artacho

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Aujourd’hui, nous avons eu le plaisir de retrouver Isabelle Roy, une auteure prolifique qui, jusqu'ici, a toujours été attirée par la littérature jeunesse et l'exploration de nouveaux horizons. Plus que jamais, maintenant, elle ressent ce besoin de raconter des histoires qui ressemblent davantage à la vraie vie, «avec toutes les émotions que ça comporte». Nous lui avons posé quelques questions au sujet de «Bonne fille», son premier roman destiné à un public adulte et à travers lequel l'écrivaine explore cette zone floue entre le désir d'aimer et la peur de souffrir.

Isabelle, merci de prendre ces quelques moments pour discuter avec nous. Notre dernière discussion remonte à novembre 2022! Oui! On avait échangé autour du premier tome de ton roman pour adolescents Gloire, où l’on suit deux jeunes rappeurs qui évoluent dans le milieu du hip-hop avec l’espoir de se tailler une place. Et l’année précédente, on discutait de Brûlé, une immersion en trois tomes dans le quotidien des pompiers. Rattrapons le temps perdu: parle-nous brièvement des faits marquants qui ont marqué ces quatre dernières années.

«Les dernières années ont été vraiment marquantes pour moi. J’ai écrit La pleine lune des fraises, qui est une histoire très ancrée ici, dans Charlevoix, et qui m’a permis d’aller vers quelque chose de plus doux, plus vrai. Et il y a aussi eu Le jour où j’ai eu un cancer, qui est un projet beaucoup plus personnel. Ça m’a demandé d’aller dans une place plus vulnérable, mais aussi plus honnête.»

«Je pense que ces livres-là marquent un tournant dans mon écriture. J’ai moins envie de me cacher derrière des univers, et plus envie de raconter des choses qui ressemblent à la vraie vie, avec toutes les émotions que ça comporte. Ça a été des années qui m’ont beaucoup transformée, autant comme autrice que comme personne.»

De tes trilogies Les fées du Phénix à Hackers, jusqu’à La pleine lune des fraises, une histoire pour adolescents qui se déroule dans notre belle Charlevoix, on peut dire que tu en as exploré, des genres, du fantastique au roman réaliste, et des univers, aux antipodes l’un de l’autre! Qu’est-ce qui te plaît dans ce désir d’aller sans cesse à la conquête de nouvelles contrées imaginaires?

«Je pense que c’est une forme de liberté. Chaque nouveau projet est une porte ouverte vers un autre monde, une autre façon de voir la vie. J’aime me sentir débutante à chaque fois, me remettre en danger créativement.»

«Explorer différents genres me permet aussi de ne pas m’enfermer dans une seule identité d’autrice. Et surtout, ça nourrit ma curiosité: j’écris pour comprendre, pour ressentir, pour aller là où je ne suis jamais allée.»

Tout récemment, les Éditions Hurtubise ont levé le voile sur la magnifique couverture de ta plus récente œuvre de fiction, intitulée Bonne fille. On reconnaît bien là l’auteure toujours en quête de nouveauté, puisque c’est ton premier roman pour adultes! On suit une femme de 33 ans, Catherine, qui vient de se faire larguer par son chum. Et disons qu’elle vit cette séparation durement. Comme pour mettre un pansement sur ses blessures à vif, elle se lance à fond sur les applications de dating, dans l’espoir de renouveler sa vie intime. Une question qu’on se pose: va-t-elle finir par foncer droit dans un mur, en enchaînant les hommes avec autant de détachement? Parle-nous de cette protagoniste qui t’a habitée durant tout ton processus d’écriture.

«Catherine, c’est une femme profondément humaine. Elle est imparfaite, vulnérable, parfois contradictoire. Elle vient de vivre une rupture qui la déstabilise complètement et elle tente de se reconstruire comme elle peut, notamment à travers les applications de rencontres.»

«Ce que je trouve touchant chez elle, c’est ce mélange de force et de fragilité. Elle veut avancer, mais elle traîne aussi ses blessures, ses peurs, ses schémas. À travers elle, j’avais envie d’explorer cette zone un peu floue entre le désir d’aimer et la peur de souffrir.»

À travers ce roman où tu explores les thèmes de la peine d’amour, de la sexualité, de l’estime et de l’apprentissage de soi, tu offres «un regard lucide et touchant sur le dating et les tiraillements émotionnels que beaucoup vivent». Pour nos lecteurs et lectrices qui sont curieux ∙se de savoir où cette histoire les mènera, que peux-tu leur révéler, histoire de leur donner un peu l’eau à la bouche?

«Je dirais que c’est une histoire très actuelle, dans laquelle beaucoup de gens se reconnaîtront. On suit Catherine dans ses rencontres, ses espoirs, ses déceptions… et surtout dans le regard qu’elle porte sur elle-même. Ce n’est pas seulement une histoire de dating, c’est une histoire de reconstruction, d’estime de soi et de choix.»

«Sans trop en dire, disons que Catherine va être confrontée à ses propres limites et qu’elle devra décider si elle continue de répéter certains patterns… ou si elle choisit enfin quelque chose de différent pour elle.»

Même si tu n’as toujours pas l’esquisse de ta prochaine œuvre littéraire à l’esprit, dis-nous donc quel autre univers tu aimerais explorer à travers l’écriture dans un futur proche? Ça va nous permettre de patienter jusqu’à notre prochaine discussion. À une prochaine!

«J’ai envie d’écrire un roman qui se passerait dans le Québec des années 1970 et qui suivrait une famille québécoise, avec tout ce que ça implique de tensions, de changements et de dynamiques entre les générations. Ce serait une époque riche où beaucoup de choses bougeraient. J’aimerais me plonger là-dedans!»

«Il y a aussi une partie de moi qui aimerait replonger dans l’univers de Bonne fille et écrire une suite. J’ai l’impression qu’il reste encore beaucoup à dire sur ces personnages-là.»

Bonne fille d’Isabelle Roy, publié aux Éditions Hurtubise, est actuellement en vente dans une librairie près de chez vous au coût de 22,95 $ (papier) ou 16,99 $ (PDF et ePub). Et pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions Hurtubise.

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début