LittératureThrillers et polars
Crédit photo : Image de couverture générée par l'IA
Le roman maudit de Franck Thilliez (illustré par Thomas Gilbert) ∙ Auzou
386 pages ∙ 27,95 $ (papier) ou 23,99 $ (ePub)
Des émotions fortes, distillées au compte-goutte, du 1er au 24 décembre? Mais quelle excellente idée! L’auteur français Franck Thilliez, reconnu pour son sens aigu du suspense et du coup de théâtre, nous présente, à temps pour le temps des fêtes, un thriller de l’avent, intitulé Le roman maudit.
Publié chez l’éditeur jeunesse Auzou, ce petit bijou de livre, rythmé en 24 chapitres et destiné majoritairement à un public adolescent, est le divertissement parfait pour faire durer le suspense jusqu’à Noël (et pour mieux aiguiser la patience de certains).
Avant de commencer votre lecture, armez-vous d’un coupe-papier, car vous aurez la délicate tâche de découper chapitre après chapitre pour découvrir, non pas un énième petit chocolat emballé, mais bien la suite d’une histoire plus complexe qu’elle ne le paraît.
En effet, pourquoi le jeune Naël a reçu devant chez lui un carnet semblable à un journal intime, signé par un dénommé Léo? Et tout semble indiquer que le jeune garçon aurait été enlevé un 1er décembre, il y a un an jour pour jour… Est-il toujours vivant? Et si oui, où se cache-t-il?
Êtes-vous prêt ∙e à suivre Naël dans une série de folles aventures? Pour ceux et celles qui ont aimé le concept du film d’horreur Happy Birthdead, vous y verrez un petit clin d’œil!

Le boyfriend de Frieda McFadden ∙ City
392 pages ∙ 36,95 $ (papier) ou 21,99 $ (ePub)
Le nom de l’autrice américaine Freida McFadden – que certains croient la théorie un peu dingue qu’elle serait en réalité le fruit d’une IA, tellement elle est prolifique et discrète publiquement – n’a jamais été autant prononcé au Québec depuis l’arrivée en librairie de quelques-uns de ses romans publiés en français chez City.
Depuis le succès qu’a connu sa série La femme de ménage, qui a donné lieu aux livres Les secrets de la femme de ménage, La femme de ménage voit tout et La femme de ménage se marie – une nouvelle classée hors-série –, les titres s’accumulent en librairie autant que les critiques élogieuses: Freida McFadden est bien plus qu’une écrivaine de bestsellers; c’est un véritable phénomène littéraire.
Après La psy et La prof, c’est au tour de Le boyfriend de faire du bruit. Dans cette nouvelle histoire, l’Américaine ressort de ses armoires les bons vieux ingrédients de sa recette à succès: des personnages aussi sournois qu’imprévisibles, des voix narratives qui s’alternent pour prolonger le suspense, et une succession de twists qui surprennent autant qu’elles détournent de la vérité.
Et l’histoire, elle? J’y viens. Sydney est une femme jusqu’ici malchanceuse en amour, jusqu’au jour où elle fait la rencontre de l’Homme Mystère qui, pour elle, est plus-que-parfait: Tom est non seulement médecin, il est charmant, charismatique et séduisant.
Mais alors qu’elle devrait être en pleine confiance à ses côtés, complètement obnubilée par l’amour et le désir, elle ne peut s’empêcher d’avoir des doutes sur sa bienveillance, depuis qu’une femme a été retrouvée assassinée dans sa ville…

Cache-cache de Søren Sveistrup ∙ Albin Michel
700 pages ∙ 39,95 $ (papier) ou 27,99 $ (ePub)
Traduits en plus de 30 langues, les livres de l’écrivain et scénariste danois Søren Sveistrup ont rapidement conquis le cœur de lecteurs avare de sensations fortes à travers le monde entier. L’envol a eu lieu en 2019 avec la parution de l’excellent Octobre. Glaçant! Et d’ailleurs, The Killing, ça vous dit quelque chose? La série télé qui a remporté un succès fou en étant diffusée dans plus de 100 pays? Eh bien, c’est notre homme qui l’a écrite!
Cette fois, Søren Sveistrup est revenu, début novembre, au-devant de la scène littéraire avec la parution de son second polar, intitulé Cache-cache. Dans cet imposant et lourd pavé de 700 pages, l’écrivain ressuscite sur papier le duo d’enquêteurs Mark Hess et Naia Thulin, tous deux spécialisés dans les cold cases, pour une nouvelle enquête où l’horreur côtoie l’abominable.
L’histoire démarre en mai 1992 – avant de bondir en février de notre époque – alors que de jeunes enfants d’un centre, accompagnés de leur professeur de biologie et d’une collègue qui s’est improvisée conductrice du bus, participent à une expédition lors de laquelle ils ont l’habitude d’allumer des feux de camp et de jouer à cache-cache à quelques pas du lac de Gundsømagle.
Or, ce qui devait être qu’une simple sortie ludique vire carrément au cauchemar lorsque l’un d’eux découvre le cadavre décapité d’un enfant… Coup de théâtre. Depuis cette macabre découverte, plus de 30 années se sont écoulées, jusqu’au jour où la comptine qui précède le fameux jeu de cache-cache refasse surface pour menacer d’autres victimes qui finiront par tomber entre les griffes d’un tueur sadique…
Si vous aimez les enquêtes policières anxiogènes et les thrillers psychologiques qui paralysent d’effroi, ce polar, qui aurait toutefois mérité une petite diète de près d’une centaine de pages en moins, est fait sur-mesure pour vous!

Mirage de Camilla Läckberg et Henrik Fexeus ∙ Actes Sud
629 pages ∙ 42,95 $
La reine du polar suédois Camilla Läckberg n’a aujourd’hui plus rien à envier à personne, elle qui est devenue un véritable phénomène littéraire depuis la parution des aventures nordiques de son héroïne Erika Falck, de son conjoint Patrick Hedström et de la série Fjällbacka.
À mon sens, Läckberg s’est un peu égarée ces dernières années avec ses courts romans La cage dorée et Femmes sans merci, dans sa quête d’explorer grossièrement, j’ose le dire, le thème de la masculinité toxique, mais avec Le nid de coucou, elle m’a à nouveau convaincu qu’elle a un talent indéniable pour inventer des histoires glaçantes et imprévisibles.
En 2022 et 2023, elle a fait équipe avec le mentaliste suédois Henrik Fexeus pour l’écriture d’une toute nouvelle série mettant en vedette, cette fois, la détective Mina Dabiri et le mentaliste Vincent Walder. Intitulées La boîte à magie et Le culte, ces deux imposantes briques m’ont littéralement charmé. Et voilà que la conclusion finale à cette série paraît enfin sous le titre Mirage.
Dans cette nouvelle histoire qui se déroule en plein temps des fêtes, plusieurs événements en apparence isolés menacent l’ordre établi dans la capitale suédoise. D’abord, le ministre de la Justice reçoit des menaces, avant de disparaître, comme volatilisé, et, en parallèle, un tas d’ossements appartenant à un financier de renom est retrouvé dans le métro de Stockholm. Mina Dabiri, aidée par son acolyte Vincent Walder, devra faire la lumière sur une situation qui menace les hautes sphères de la société…
Préparez-vous mentalement à voir votre rythme cardiaque s’accélérer jusqu’à la scène finale, car ce troisième et dernier volet ne déçoit pas!

8,2 secondes de Maxime Chattam ∙ Albin Michel
391 pages ∙ 36,95 $
L’auteur français Maxim Chattam est, pour moi, l’une des valeurs sûres en matière de bons thrillers aux côtés des grands, tels que Franck Thilliez, Jussi Adler Olsen, Jean-Christophe Grangé ou encore Viveca Sten.
Il y a quelque temps, j’ai organisé un combat dans le ring lors duquel j’opposais ses romans Lux et Prime Time, et la finale s’est avérée ultraserrée, même qu’ils sont arrivés ex aequo. Deux histoires aux antipodes l’une de l’autre, mais brillamment écrites. À couper le souffle.
Cette année, à temps pour cette période de l’année où lire sous la couette est un plaisir divin, Chattam nous fait la surprise d’un tout nouveau thriller psychologique plutôt court, mais diablement efficace, où il nous raconte deux trames narratives qui finiront, au moment opportun, par se télescoper.
D’une part, il y a Constance, une scénariste qui part s’isoler dans un chalet après avoir vécu un épisode dramatique, et, de l’autre, May, une policière new-yorkaise qui tente de mettre le grappin sur un tueur en série monstrueux. Ce qu’elles ignorent toutes deux, c’est qu’un même secret les relie. Et que la vérité finira par refaire surface…
Si vous ne craignez pas de nager en eaux troubles, dans une atmosphère oppressante et anxiogène à souhait, cette nouvelle parution de Maxime Chattam, intitulée 8,2 secondes, risque de vous donner la chair de poule jusqu’à sa finale que vous n’aurez pas vu venir. Pour moi, c’est un coup de maître!




