«The Life of Chuck» de Mike Flanagan: un voyage bouleversant dans l'univers de Charles Krantz – Bible urbaine

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«The Life of Chuck» de Mike Flanagan: un voyage bouleversant dans l’univers de Charles Krantz

«The Life of Chuck» de Mike Flanagan: un voyage bouleversant dans l’univers de Charles Krantz

Danser sous la pluie comme sous les étoiles

Publié le 18 juin 2025 par Manon Beauchemin

Crédit photo : Entract Films

Le réalisateur Mike Flanagan («Doctor Sleep», «The Haunting of Hill House») n’en est pas à sa première adaptation d’une nouvelle de Stephen King, mais «The Life of Chuck», actuellement à l’affiche dans les cinémas, est loin de ressembler aux autres projets qui le lient au célèbre maître de l'horreur. Bien que cette œuvre soit pourvue d’une bonne dose de mystère, l’horreur est ici mise de côté pour laisser la place à l'aspect humain, et plus précisément à un homme ordinaire dont la vie est bien plus magique qu’elle ne paraissait à première vue.

Pendant 1 h 51 minutes, on nous propulse dans l’univers de Charles Krantz (Tom Hiddleston, l’interprète de Loki dans les films Thor), dit Chuck, un comptable passionné de danse. Le scénario s’attarde sur trois périodes charnières de sa vie.

On le voit alors qu’il n’est qu’un petit garçon et qu’il doit déjà faire face à la perte de ses parents. Puis, il grandit et, à chaque étape de sa vie, des obstacles se dressent sur son chemin.

Image tirée du film «The Life of Chuck»

Sa résilience ne fait aucun doute, mais on sait déjà que son temps est compté, et pourtant, il n’a que 39 ans…

Des leçons à retenir

Malgré cette fin prématurée, le film nous renvoie à un sentiment de paix intérieure, puisqu’il nous enseigne le lâcher-prise par l’entremise de son personnage principal, qui a dû affronter de dures épreuves depuis son très jeune âge.

Il nous transmet aussi certaines leçons de vie essentielles que l’on a tous déjà entendues, mais que l’on tient trop souvent pour acquises, dont l’importance de vivre le moment présent.

Bien que le destin de Chuck soit parsemé de tragédies et de souffrances, ce dernier s’efforce malgré tout de savourer les petits moments de bonheur qui se présentent à lui.

Image tirée du film «The Life of Chuck»

Au cours du visionnement, on réalise également que, même si l’on croit avoir le temps d’accomplir tout ce que l’on souhaite dans la vie, celle-ci passe à une vitesse folle et peut parfois s’arrêter à mi-chemin, comme c’est le cas pour Chuck.

Tous les thèmes abordés dans ce film sont puissants et bien transmis à l’écran: la maladie, la fatalité, le deuil, mais aussi la beauté du quotidien. De plus, les différents acteurs qui interprètent le personnage principal à différents stades de sa vie sont tout simplement parfaits.

L’un d’eux, le jeune Benjamin Pajak, qui joue ici dans son premier projet de film en carrière, est particulièrement impressionnant, autant pour transmettre les émotions que pour exécuter ses nombreux numéros de danse.

Une œuvre déroutante

En revanche, les trois chapitres de la vie de Charles Krantz ne se valent pas et le premier acte (qui se trouve à la fin plutôt qu’au début) est de loin le plus intéressant et le plus déroutant.

C’est entre autres au centre de celui-ci que l’on découvre enfin les motivations derrière l’œuvre et que l’on peut finalement construire toute l’histoire dans notre tête, sans pièces manquantes… ou presque.

La vie adulte de Chuck n’est que vaguement abordée, ce qui est dommage, puisque l’on passe beaucoup de temps à l’observer lorsqu’il est enfant, et ce, sans pouvoir réellement connaître l’homme qu’il est devenu.

Au lieu d’utiliser la totalité du deuxième acte pour nous présenter un numéro de danse, lequel, malgré qu’il soit divertissant n’apporte pas grand-chose au récit, il aurait été plus astucieux de nous partager un aperçu de l’existence de Chuck avant qu’il ne tombe malade.

Par exemple, on aurait pu le voir lorsqu’il rencontre sa femme, ou encore lors de la naissance de leur fils. Ces scènes l’auraient rendu plus humain à nos yeux et auraient sans doute permis de nous émouvoir davantage.

Image tirée du film «The Life of Chuck»

D’autant plus que, dans le troisième acte, l’histoire s’attarde plutôt sur une fin du monde apocalyptique dans laquelle d’autres personnages, dont Marty Anderson (Chiwetel Ejiofor, «12 Years a Slave»), un ancien enseignant de Chuck, sont le point central.

Cet aspect rend parfois le film difficile à saisir, puisqu’on a l’impression de regarder trois films distincts en un seul. Il est également moins accessible tant il flirte avec la philosophie, la métaphore et l’onirisme.

Ce n’est que lors de la finale que l’on réalise enfin que les personnages sont liés entre eux et qu’ils font partie de la multitude de Chuck, ou de son univers, autrement dit, et que le monde qui est sur le point de prendre fin est en fait le sien.

Néanmoins, ce long métrage de Mike Flanagan reste un film brillant, qui fait du bien à voir par les temps qui courent, alors que tout va vite et que l’essentiel se perd à travers le chaos du quotidien.

Son message est simple, mais capital: il faut profiter de chaque instant.

The Life of Chuck est un drame fantaisiste unique. Il est assurément imparfait, parfois difficile à interpréter, voire un peu trop abstrait, mais il n’en est pas moins beau et émouvant. Il mettra un baume sur votre cœur et saura sans doute vous faire réfléchir, et ce, même après son visionnement. Bon cinéma!

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