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Crédit photo : 20th Century Studios / Marvel Studios
C’est maintenant au tour de Robert Downey Jr. d’affronter les héros de l’univers Marvel dans les prochains Avengers: Doomsday et Avengers: Secret Wars. Or, celui-ci ne reprendra pas son rôle iconique de Tony Stark / Iron Man, mais bien celui de Doctor Doom, l’un des méchants les plus redoutables du monde de la bande dessinée et l’ennemi juré des Quatre Fantastiques.
Celle-ci est la première équipe de superhéros de Marvel conçus par Stan Lee et Jack Kirby en 1961, qui comprend Reed Richards / Mr. Fantastic, Johnny Storm / The Human Torch, Sue Storm / The Invisible Woman et Ben Grimm / The Thing.

Ebon Moss-Bachrach en tant que Ben Grimm / The Thing. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios
C’est pour cela qu’avant que nous rencontrions Doctor Doom l’an prochain, Marvel Studios introduit finalement les Quatre Fantastiques dans la diégèse du MCU, avec The Fantastic Four: First Steps.
Après deux adaptations cinématographiques, sorties en 2005 et 2015, et qui n’ont pas été bien reçues par la critique et par le public (malgré le statut culte de celle de 2005, et sa suite, Fantastic Four: Rise of the Silver Surfer), les attentes étaient hautes afin que Marvel puisse livrer un film qui capture l’essence de ce que Lee et Kirby ont créé dans leurs bandes dessinées après que les cinéastes Tim Story et Josh Trank les aient maltraités.
La bonne nouvelle, c’est que nous avons finalement sous les yeux des personnages qui ressemblent exactement à leurs traitements dans les BD. La mauvaise, c’est que cette nouvelle transposition, réalisée cette fois-ci par Matt Shakman, est aussi médiocre que les derniers opus du MCU, tant au cinéma qu’à la télévision.
Et c’est beaucoup plus malheureux que le dernier Captain America ou encore Thunderbolts*, car, pour les trente premières minutes du film, il y a de la réelle créativité derrière la caméra. À l’instar du Superman de James Gunn, The Fantastic Four: First Steps nous plonge dans un univers où nos quatre fantastiques, Reed Richards (Pedro Pascal), Johnny Storm (Joseph Quinn), Sue Storm (Vanessa Kirby) et Ben Grimm (Ebon Moss-Bachrach) sont déjà établis en tant que héros et ont déjà acquis leurs pouvoirs uniques.
Après un voyage dans l’espace qui a mal tourné, Reed Richards, le leader du groupe, est capable d’étirer son corps; Johnny, pour sa part, devient une réelle torche humaine, alors que Sue est capable de se rendre invisible; et la physiologie de Ben l’a transformé en homme entièrement fabriqué de pierre.

Joseph Quinn jouant Johnny Storm / Human Torch. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios
Un début prometteur et esthétiquement intéressant
Nous n’avons pas besoin de revoir cette transformation, puisqu’elle a déjà été visualisée deux fois dans deux films différents. Au lieu de cela, nous avons droit à un montage qui présente nos quatre héros vivant sur une planète parallèle (Earth-828) à celle du MCU (qui est Earth-616). Dans cet univers parallèle, les Quatre Fantastiques sont les seuls héros qui existent et qui protègent la Terre et l’espace de plusieurs forces cosmiques menaçant la sécurité de la planète. Les montages qui représentent les origines du groupe sont très dynamiques et reprennent l’esthétique d’un reportage de nouvelles des années 1960, comme la dernière réalisation de Shakman dans le MCU, WandaVision, reprenait les codes des sitcoms des années 1950, 60 et 70 dans les trois premiers épisodes.
Cela donne une énergie qui manquait dans plusieurs films et séries de Marvel, et plonge les spectateurs dans un univers distinct qui se rapproche au plus près des bandes dessinées les plus farfelues que Lee et Kirby ont créées, avec des mentions très bien placées d’antagonistes loufoques que les Quatre Fantastiques ont affrontés depuis le début de leur parution: Red Ghost et son armée de Super-Singes, Monsieur Diablo et Mole Man (qui est joué dans le film par Paul Walter Hauser), parmi tant d’autres. Il était donc facile d’embarquer dans le récit et dans la dynamique très solide que nous offre sa distribution de haut niveau.
Pedro Pascal est excellent en Reed Richards et offre sa meilleure performance dans une année très chargée pour lui, avec Freaky Tales, la deuxième saison de The Last of Us, Materialists et Eddington.
C’est probablement aussi la meilleure représentation du personnage que nous avions eue à l’écran. Pascal comprend bien les forces et les faiblesses de Richards, un homme brillant qui, lorsque sa famille est en danger, devient plus solitaire et anxieux du sort de l’univers, et des personnes les plus proches de lui. En vrai, il n’a pas désiré les pouvoirs qu’il possède, ainsi que le rôle de protecteur de la Terre, mais il comprend la responsabilité qu’il a de s’assurer que sa planète, et son nouvel enfant, pourront vivre en sécurité.
La chimie entre Kirby (en Sue Storm) et lui est tout aussi palpable, mais il est autant plus intéressant de le voir travailler avec toute l’équipe au grand complet, car pour lui, chacun a un rôle à jouer pour sauver le monde.
Et lorsque nos héros reçoivent la visite du Silver Surfer (Julia Garner) leur annonçant la mort de leur planète par un être cosmique connu sous le nom de Galactus (Ralph Ineson), la succession de séquences, où les Quatre Fantastiques voyagent dans l’espace afin de trouver Galactus et une poursuite à l’intérieur d’un trou noir, rappelant Interstellar de Christopher Nolan, sont les plus excitantes que j’aie vues d’un film du MCU depuis Guardians of the Galaxy, Vol. 3 de James Gunn.

Julia Garner interprétant Shalla-Bal / Silver Surfer. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios
Visuellement, c’est une réelle réussite, surtout en IMAX 3D. Le sentiment de proximité que nous avons avec les personnages, alors qu’ils rencontrent un antagoniste quasiment imbattable, est très bien filmé par le directeur photo Jess Hall, qui a tourné entièrement la production en IMAX.
Lorsque Galactus apparaît à l’écran, la voix grave et célèbre d’Ineson perce dans nos tympans et donne au film une certaine intensité dramatique que les derniers opus du MCU ont grandement manquée. Pendant ces séquences, j’étais réellement convaincu que le film allait être bon jusqu’à la fin et marquerait un retour en force pour Marvel, après tant d’années de médiocrité.
Malheureusement, ce sentiment a été de courte durée, car, après leur retour de l’espace, la qualité de The Fantastic Four: First Steps prend une méchante débarque.
Une deuxième partie sous-développée et inintéressante
La relation entre les protagonistes n’est plus autant développée qu’avant, surtout lorsqu’ils ont un choix déchirant à faire pour sauver leur planète de la destruction imminente de Galactus. Qui plus est, plusieurs personnages qui sont introduits à l’avant-plan afin de mettre la table à des arcs narratifs, dont Rachel Rozman (Natasha Lyonne), disparaissent complètement du film. On établit une potentielle relation romantique entre Ben et Rachel, jusqu’au moment où Shakman décide de tout couper lors de la deuxième partie. Il est probable que ce soit pour des raisons de durée, mais l’arc de Ben lors de cette section ne fait hélas plus vraiment de sens.
Pire encore, la facture visuelle créative qu’offrait Shakman au départ n’est plus vraiment présente, et le climax, où notre équipe de héros combat le mangeur de planètes, est un désastre à tous les niveaux. La conception artistique d’un New York rétrofuturiste par Kasra Farahani (qui a aussi travaillé dans les deux saisons de Loki) nous coupe le souffle fréquemment, mais la façon dont Shakman et Hall ont tendance à filmer des lieux plus grands que nature les fait paraître moins impressionnants qu’ils le sont.
Il est clair que Shakman est un réalisateur issu de la télévision et non du cinéma, et il tourne fréquemment son film de manière télévisuelle, c’est-à-dire avec sa caméra très statique positionnée au milieu du cadre, sans profondeur de champ, ce qui ne nous permet pas d’apprécier le travail des concepteurs artistiques qui, eux, tentent de représenter un univers que nous n’avions pas vu au MCU depuis ce jour.
Les conversations en champ-contrechamp des protagonistes sont aussi très bizarrement filmées, avec les acteurs au centre de l’objectif se regardant les uns les autres sous un angle qui n’a pas l’air de respecter la règle des 180 degrés, qui est nécessaire pour maintenir une certaine cohérence dans les espaces représentés par son réalisateur au cinéma.

Ebon Moss-Bachrach, Pedro Pascal et Vanessa Kirby. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios
C’est ce qui arrive lorsqu’on recrute quelqu’un qui, jusqu’à ce jour, n’a rien fait d’autre que de la télévision. Le cinéma diffère de la télévision sur plusieurs aspects, et Shakman ne semble pas savoir cela, surtout lors de la bataille finale entre les Quatre Fantastiques et Galactus, qui n’a rien de proprement cinématique. Les personnages sont baignés dans des images de synthèse qui n’ont pas l’air d’être complétées, notamment lors de moments où le bébé de Reed et Sue, Franklin, se fait cibler par Galactus.
D’abord, ce bambin, entièrement créé en CGI, est effrayant visuellement et enlève toute tension dramatique qu’une bataille comme celle-ci devrait normalement mettre au premier plan. Ensuite, tout l’environnement autour du bébé numérique est une création venant d’un ordinateur et supprime le côté plus créatif que possédaient les précédentes séquences d’action qui se penchaient davantage dans l’esthétique d’un film des années 1960. Cela se solde en une bouillie numérique, chose beaucoup trop fréquente dans les blockbusters de nos jours, où les cinéastes n’ont pas l’air de prendre soin de leur facture visuelle et préfèrent capter des images acceptables plutôt qu’incroyables.
C’est autant plus évident pour les spectateurs qui achèteront un billet IMAX 3D pour le film, car la bande-annonce d’Avatar: Fire and Ash de James Cameron est diffusée en primeur, dans ce format, avant que The Fantastic Four: First Steps débute. Sans rien divulgâcher, Cameron met littéralement tout Hollywood dans la honte avec cet aperçu incroyable de deux minutes, où les nouvelles technologies, mariées avec du 3D totalement immersif, viennent créer de l’art qui perdurera dans le temps, bien après que son cinéaste nous aura quittés.
Si les deux minutes d’Avatar que nous voyons avant The Fantastic Four sont si spectaculaires, imaginez les trois heures que durera ce film…
Mais en montrant cela avant The Fantastic Four: First Steps, on voue le film de Shakman à l’échec, car rien, même les scènes les plus réussies, ne franchira le standard qu’établit Cameron avec le troisième opus de sa franchise la plus lucrative à ce jour. Même la séquence post-générique de Fantastic Four, qui met la table à Avengers: Doomsday, n’offre aucun effet comparable au sentiment d’émerveillement que nous avons à regarder la bande-annonce jouissive d’Avatar: Fire and Ash, et d’anticiper ce que Cameron va nous offrir à l’intérieur de Pandora en décembre prochain.
Il est à espérer que le MCU retrouvera sa magie prochainement, mais j’ai l’impression qu’il est maintenant trop tard et que nous n’aurons plus jamais droit à la même qualité qu’auparavant. Malgré cela, je demeure optimiste et je me permets d’espérer que son prochain opus, cette fois-ci à la télévision avec la série animée Eyes of Wakanda, vaudra le détour…
Le film «The Fantastic Four: First Steps» en images
Par 20th Century Studios / Marvel Studios
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Ebon Moss-Bachrach interprétant Ben Grimm / The Thing. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Joseph Quinn en tant que Johnny Storm / Human Torch. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Vanessa Kirby jouant Sue Storm / Invisible Woman et Ada Scott en tant que Franklin Richards. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Joseph Quinn interprétant Johnny Storm / Human Torch. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Julia Garner jouant Shalla-Bal / Silver Surfer. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Ebon Moss-Bachrach (Ben Grimm / The Thing), Pedro Pascal (Reed Richards / Mister Fantastic) et Vanessa Kirby (Sue Storm / Invisible Woman). Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Julia Garner en tant que Shalla-Bal / Silver Surfer. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Ebon Moss-Bachrach interprétant Ben Grimm / The Thing. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios -
Pedro Pascal jouant Reed Richards / Mister Fantastic. Photo: courtoisie de Marvel Studios / 20th Century Studios
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