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Crédit photo : Marvel @ Tous droits réservés
Seul Daredevil: Born Again a été un succès tangible pour Marvel Studios cette année, et ce, après que cette série ait subi une refonte créative durant la grève des acteurs et scénaristes, alors que ce qui avait été tourné avant l’arrêt de production n’était pas à la hauteur des attentes du public.
C’est aussi durant cette période que le responsable du volet streaming de Marvel Studios, Brad Winderbaum, a changé la manière dont la sous-division du studio approchait leurs séries télévisées. Ainsi, exit les films à six heures, et bonjour la structure télévisuelle, où un showrunner créera une bible pour une série potentielle et supervisera les arcs narratifs des séries qui seront maintenant conçues pour durer plusieurs saisons, au lieu du temps limité de six épisodes.

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Après avoir visionné tous les épisodes de la série, je comprends mieux pourquoi Marvel veut qu’on l’oublie le plus vite possible!

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Les aspirations de Parker sont certes assez nébuleuses, mais nous comprenons qu’il désire devenir plus riche que le roi et, avec sa bande, ils accomplissent divers braquages d’entreprises pour atteindre cet objectif. Ce dernier désire faire entrer Riri dans son monde, puisqu’avec la technologie qu’elle utilise déjà pour son armure, qui rivalise avec celle développée par Tony Stark dans Iron Man, elle pourrait s’enrichir et décrocher de nouvelles opportunités après que sa vie ait été chamboulée depuis la mort de Natalie.
Riri est intriguée par cette offre qui semble trop belle pour être vraie et accepte donc de rejoindre l’équipe de Robbins. Le seul hic, c’est que le chef est contrôlé par une cape avec des pouvoirs mystérieux, ce qui corrompt sa psyché et son corps, et lui fait prendre des décisions complètement irrationnelles.
Six épisodes vides en développement et en arcs narratifs intéressants
Les fans de bande dessinée sauront très rapidement à qui appartient cette cape, mais, pour le reste, le mystère est facilement perceptible. C’est aussi la trame narrative de la série: six épisodes d’exposition pour en venir aux origines de cette cape, afin de mettre la table à d’autres titres du Marvel Cinematic Universe pour que cette franchise perdure dans le futur.
Cependant, j’ai comme l’impression que Marvel ne sait pas exactement ce qu’il désire préparer avec Riri, The Hood et d’autres personnages secondaires qui ne seront pas révélés dans cette critique. La série, si on peut l’appeler ainsi, est d’un vide abyssal total, en commençant par le développement des protagonistes, qui n’ont aucun arc narratif satisfaisant; soit ils quittent abruptement la série pour ne jamais être revus, soit ils finissent l’émission avec une scène qui pourrait théoriquement être développée dans d’autres épisodes subséquents qu’on ne verra jamais.
Des pistes intéressantes sont amenées à travers l’arc de Riri Williams, mais la série n’aboutit à rien de concret ou de psychologiquement intéressant pour le public.

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Le producteur exécutif Sev Ohanian avait déjà expliqué que la protagoniste n’aurait pas un chemin facile à traverser dans cette émission, mais il manque grandement de texture émotionnelle, et plus important encore, de chair autour de l’os pour que nous puissions comprendre ce changement psychologique derrière les intentions de Riri à travers sa vie criminelle. Thorne est une excellente actrice, et elle interprète Riri avec la même vigueur et la même humanité que dans le second opus de Black Panther de Ryan Coogler, mais les scénarios avec lesquels elle travaille cette fois ne l’aident d’aucune façon.
Pourquoi désire-t-elle rejoindre l’équipe de Parker, alors qu’elle n’y gagnera rien de concret en retour? Pire encore, alors qu’elle découvre la magie noire qui donne l’énergie à la cape de Parker, pourquoi veut-elle mélanger ce pouvoir que même les plus grands sorciers désirent se débarrasser avec la technologie de son armure? Ce sont certainement des questions qui méritent d’être répondues, surtout avec les rebondissements narratifs vécus par Riri, non seulement dans sa relation avec Parker, sa famille, mais aussi avec un nouvel ami, Joe McGillicuddy (Alden Ehrenreich), qui l’aide dans la perfection de son armure de métal.
Encore une fois, rien ne sera révélé dans la trajectoire de ce personnage, mais je dois au moins admettre que c’est sans aucun doute le pire rôle de la carrière d’Ehrenreich où, après un début d’arc assez prometteur, son personnage vire dans un territoire risible dans lequel aucun acteur ne peut exceller. C’est à peu près tout ce que je peux dire sur ce rôle qui ne sera sans doute pas bien reçu par les admirateurs de ce talentueux acteur, lequel, après son meilleur rôle dans Oppenheimer de Christopher Nolan, arrive ici tout au bas de l’échelle.
Même Ramos, en tant qu’antagoniste principal, n’est pas capable de surpasser le piètre matériel avec lequel il doit travailler, répétant ad infinitum son désir de se remplir les poches, et ce, sans entrer activement dans sa psyché qui devient de plus en plus sombre, alors que la cape prend une plus grande emprise sur lui.
Bailey et Barnes effleurent à peine cet aspect qui aurait pu être fortement développé dans d’autres épisodes, mais puisque le mandat précédent était d’en réaliser seulement six, nous ne sommes pas capables de nous attacher à qui que ce soit, même à travers la relation mère-fille bien ficelée entre Riri et Ronnie.

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Un dénouement bâclé et insultant
Ce sont ces scènes qui nous permettent de réaliser que la trame narrative de cette émission était la bonne: explorer le deuil par une descente littérale et figurative aux enfers de notre protagoniste, qui tente de surmonter ce qu’elle ressent à travers la figure d’Ironheart. Mais il faut à tout moment développer naturellement cet aspect pour que la finale soit surprenante et nous permette de découvrir quelle trajectoire Riri aura dans les films et les séries potentielles du MCU à venir.
Malheureusement, ce changement ne se fait pas avec naturel et amène davantage de questions que de réponses, surtout avec la fin anticlimatique que proposent Hodge, Bailey et Barnes qui, sans rien révéler, insinuent que les six heures que nous avons passé à regarder cette série était une pure perte de temps.
Ce qui intéresse Marvel avec cette série n’est pas d’explorer la vie de Riri et de sa famille, mais bien de préparer les dix prochaines années de la saga, lors d’une finale qui ne désire pas se focaliser sur les semi-arcs qui ont été introduits dans les cinq derniers épisodes, mais plutôt d’introduire un personnage majeur afin que le public puisse pointer à l’écran et applaudir en signe de reconnaissance, alors que son inclusion dans l’histoire ne fait aucun sens narratif.
Tous les dialogues, plus ridicules les uns que les autres, nous amène vers une conclusion nous permettant de constater que cette nouvelle itération dans le MCU, post-Avengers: Endgame, n’a aucune vision ou plan concret pour qu’on s’attache émotionnellement à ce qui se passe. Ce n’est que de l’exposition sur ce qui s’en vient sans penser à l’instant présent et enrichir l’arc narratif de Riri davantage dans sa propre série après qu’elle ait été bien introduite par Coogler dans Wakanda Forever, où elle nous donnait envie d’explorer son monde à travers sa série télévisée.
Ce personnage, qui a fait son apparition dans les bandes dessinées de Brian Michael Bendis et de Mike Deodato, mérite beaucoup mieux qu’une série qui n’est pas vraiment axée sur elle, mais sur le futur surnaturel d’une franchise sans fin. Oui, les effets visuels sont d’une plus grande réussite ici que dans la quasi-totalité des séries Marvel sorties jusqu’à présent, mais ce n’est pas assez pour que je recommande cet opus dénué de réel développement narratif et d’intérêt, et qui nous prouve, encore plus que Secret Invasion, pourquoi le modèle à six épisodes est voué à l’échec. Dans ce format, le spectateur n’a pas le temps de s’attacher aux personnages, qui sont insuffisamment développés, alors que la série essaie, tant bien que mal, de jongler avec plusieurs arcs narratifs qui n’auront aucune conclusion propre.

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Heureusement, Marvel en a terminé avec ses séries de six épisodes, et d’ailleurs, les prochaines saisons télévisuelles sont beaucoup plus prometteuses qu’Ironheart. Daredevil: Born Again aura une deuxième saison recentrée dans le langage télévisuel plutôt qu’un film segmenté sur Disney+, alors que le créateur des deuxième et troisième saisons de Star Trek: Picard, Terry Matalas, supervise présentement une série se focalisant sur Vision, joué par Paul Bettany.
Il est impossible de traduire le langage cinématographique à la télévision. Ce sont deux médiums complètement différents. Il aura fallu, cependant, plusieurs séries mal reçues pour que Marvel comprenne le message et perde une partie de son public, dû à la sursaturation de contenus médiocres au cinéma et à la télévision.
Il reste à voir si ceux-ci regagneront leur public avec leur prochain opus, The Fantastic Four: First Steps, qui sortira le mois prochain en salle. Par contre, avec un réalisateur issu du milieu de la télévision pour diriger une superproduction cinématographique, je doute que nous ayons droit à une bonne adaptation de la première famille que Stan Lee et Jack Kirby ont créée dans leurs univers, qui continue sa domination dans la culture populaire plus de soixante ans après sa parution…
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