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Crédit photo : Paramount Pictures @ Tous droits réservés
Au lieu d’annuler le projet au grand complet, puisque la franchise Scream est toujours très lucrative, Spyglass a fait appel au coscénariste des films originaux, Kevin Williamson, pour réaliser ce septième opus, dans lequel Neve Campbell fait son retour dans son rôle iconique de Sidney Prescott.
L’actrice canadienne était absente du sixième film, en raison d’un conflit salarial avec le studio, mais ce différend a depuis été réglé. Il fallait bien un élément accrocheur pour justifier un septième film sans la présence de Barrera et d’Ortega!

Neve Campbell dans «Scream 7».
Les studios Paramount et Spyglass ont aussi essayé de convaincre le public que Scream 7 allait être l’opus le plus ambitieux de la série en annonçant le retour de Matthew Lillard, Scott Foley et David Arquette dans leurs rôles respectifs — Stu Macher, Roman Bridger et Dewey Riley —, alors que ceux-ci ont été tués dans le premier, le troisième et le cinquième film.
En voyant cette nouvelle suite, nous réalisons bien vite que c’est seulement une tentative désespérée, puisque deux de ces acteurs n’apparaissent qu’une seule fois dans la même scène et que, sans rien divulgâcher, la manière dont les personnages «reviennent» à la vie est tout simplement ridicule.
À peu près rien ne fonctionne dans Scream 7, à l’exception de la scène d’ouverture, où un superfan de la franchise Stab, Scott (Jimmy Tatro), et sa copine Madison (Michelle Randolph), visitent la maison de Stu Macher, récemment transformée en Airbnb.
C’est la seule occasion où Williamson met en scène des tueries d’une certaine inventivité visuelle et atmosphérique, et fait ressortir les talents comiques de Tatro pour créer un commentaire métafictionnel sur une franchise d’horreur qui a fréquemment étiré la sauce et doit maintenant brûler son histoire pour repartir à zéro.
Pour accomplir cela, Ghostface (Roger L. Jackson) incendie la maison de Stu avec Scott et Madison à l’intérieur.

Joel McHale dans «Scream 7».
Un film qui n’offre rien de nouveau, rien d’original
Le reste de l’œuvre est, à mon humble avis, d’un ennui mortel, alors que «repartir à zéro» signifie une autre histoire avec Sidney Prescott (maintenant Evans). Le seul problème, c’est qu’il n’y a plus rien d’intéressant à raconter sur ce personnage. En effet, son récit s’est terminé avec le quatrième film. La présence de Campbell dans le cinquième n’était donc nullement nécessaire et n’apportait aucun développement pour Sidney depuis Scream 4.
Pour Scream 7, Williamson se contente de rejouer les plus grands moments de la franchise, au lieu d’essayer quelque chose de nouveau ou même d’audacieux pour ce septième film, surtout après la sortie de Scream VI, qui est très réussi sur le plan narratif. Cela dit, il a tout de même essayé d’ajouter une dimension humaine en illustrant Sidney en train de quitter Woodsboro qui, depuis sa dernière altercation avec des imitateurs de Ghostface, vit paisiblement à Pine Grove, dans l’Indiana, avec son mari, Mark (Joel McHale), et sa fille, Tatum (Isabel May).
Malheureusement, la relation mère-fille dépeinte à l’écran est incroyablement unidimensionnelle. Tatum en veut à sa mère pour des raisons mal définies, tandis que Sidney essaie de protéger sa famille d’une éventuelle attaque d’un autre «Ghostface Killer». Cela ne tarde pas avant qu’elle reçoive un appel téléphonique d’un tueur masquant sa voix en se faisant passer pour Ghostface, mais cette fois-ci, il ne craint pas de montrer son visage.
Cette scène est censée mettre la table pour un commentaire urgent sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, mais elle tombe rapidement à plat, puisque le cinéaste n’a rien à dire sur la prolifération, de plus en plus préoccupante, des deepfakes et de la nostalgie, que les franchises cinématographiques aiment beaucoup exploiter ces temps-ci.
Ce rapport à la nostalgie est davantage exacerbé dans Scream 7, alors que Paramount a essentiellement misé sur le retour de Neve Campbell et une panoplie de caméos pour mieux vendre ce film. Il aurait pu être intéressant pour Williamson et son coscénariste, Guy Busick, de discuter du fait qu’une panoplie de superproductions basent leur stratégie marketing entièrement sur la nostalgie.
Un exemple récent est la première bande-annonce d’Avengers: Doomsday, qui repose entièrement sur le fait que Chris Evans est de retour dans le rôle de Steve Rogers. Aucun indice sur le récit. Même aucun élément visuel pour accrocher le public. Simplement le retour d’une vedette six ans après son départ du Marvel Cinematic Universe.

Michelle Randolph dans «Scream 7».
Une Neve Campbell qui s’ennuie à mourir dans son rôle
Malheureusement, la «nostalgie» des vétérans de la franchise dans Scream 7 n’est employée qu’à un seul moment et, qui plus est, dans la pire séquence de la série jusqu’à ce jour, au moment où Sidney confronte son passé, sans jamais faire évoluer son personnage vers de nouveaux territoires. Campbell essaie d’insuffler de l’énergie dans son rôle, mais elle semble vraisemblablement ennuyée de rejouer le même personnage, trente ans après la sortie du premier Scream.
Kevin Williamson n’offre qu’une seule nouveauté à Gale Weathers (Courteney Cox), qui souffre de dommages permanents en lien avec le système nerveux après avoir survécu à une attaque hyperviolente dans le sixième film. Cela dit, cette condition prend très rapidement le bord dans le récit et n’est nullement explorée après avoir été introduite.
On se demande bien l’utilité de le mentionner si Williamson ne fait rien avec cet élément nouveau, surtout si c’est pour utiliser les événements deScream VI dans le but de s’excuser à moult reprises auprès de Neve Campbell de ne pas être apparue dans ce film (les personnages répètent une variante d’«Une chance que tu n’étais pas là à New York, Sidney!»)
Il est d’autant plus désolant qu’on y retrouve à peu près aucun élément d’une comédie noire ni aucun élément méta (la marque de la franchise) dans ce film d’horreur routinier, qui met en scène plusieurs scènes de violence sans réel impact.
Kevin Williamson n’en est qu’à son deuxième film en tant que réalisateur (son premier étant le très mauvais Teaching Mrs. Tingle), et nous ressentons son inaptitude à diriger des scènes de tuerie sans grande tension visuelle ni émotionnelle. La majorité des scènes sont filmées dans le noir, sans jeu d’éclairage ni d’ombres (nous ne voyons pas grand-chose, même en IMAX), et encore moins bien montées, dépourvues de rythme et de sensations fortes.

Ghostface dans «Scream 7».
De plus, le climax du film, le moment où l’identité de Ghostface est révélée, n’a aucun sens. On dirait le dernier acte désespéré d’une franchise qui est entre-temps devenue insignifiante. Tous les films précédents de la série Scream avaient quelque chose à raconter – d’une manière ou d’une autre – sur le cinéma d’horreur et la culture populaire. Scream 7 est le premier volet de la série qui ne raconte rien et qui est là uniquement pour générer du profit au box-office.
Suite au décès de Wes Craven, il était difficile de justifier que cette franchise continue d’exister sans lui. Avec Scream 7, c’est d’autant plus vrai maintenant.
La franchise «Scream 7» en images
Par Paramount Pictures @ Tous droits réservés
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L-r, McKenna Grace, Celeste O'Connor et Isabel May dans «Scream 7». -
Neve Campbell dans «Scream 7». -
Isabel May dans «Scream 7». -
Ghostface dans «Scream 7». -
Joel McHale dans «Scream 7». -
Celeste O'Connor et McKenna Grace dans «Scream 7». -
McKenna Grace dans «Scream 7». -
Neve Campbell et Courteney Cox dans «Scream 7». -
Ghostface dans «Scream 7». -
Michelle Randolph dans «Scream 7». -
Ghostface dans «Scream 7». -
Ghostface dans «Scream 7».
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