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Crédit photo : Paramount Pictures and Skydance © 2024 Paramount Pictures
Avec la dernière étape de la saga, The Final Reckoning, McQuarrie et son coscénariste Erik Jendresen offre un opus bien différent des autres qu’il a réalisés, beaucoup plus mélancolique, comme si tous les personnages avec lesquels nous nous sommes attachés depuis le premier film savent que la mission dans laquelle ils s’embarquent sera leur dernière.
C’est également un film beaucoup plus dense sur le plan narratif, avec une première heure (et dix minutes) d’exposition qui informe le public sur la menace que pose l’algorithme d’intelligence artificielle nommée «The Entity» et sur comment Ethan Hunt et sa bande d’espions vont non seulement devoir l’arrêter, mais empêcher l’assassin Gabriel (Esai Morales) de l’utiliser à des buts néfastes.

Tom Cruise jouant Ethan Hunt et Esai Morales jouant Gabriel dans «Mission: Impossible – The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance.
Les Mission: Impossible de McQuarrie ont tous débuté avec une séquence haute en émotions qui sert d’amuse-bouche afin d’inciter les spectateurs de continuer à regarder le film, puisqu’ils n’ont rien vu encore. The Final Reckoning sauve tout cela pour sa deuxième heure (dans un très long film de 170 minutes) et force les spectateurs à contempler le défilé de scènes d’action des protagonistes pendant une première partie d’un scénario qui ne cesse de se complexifier à force de présenter plusieurs objets qu’Ethan doit récupérer pour sauver le monde.
Une première heure sans action, mais incroyablement bien construite
Tous les personnages doivent expliquer la signifiance des objets et des missions qu’ils doivent entreprendre avant qu’elles ne soient exécutées, ce qui dirige le film vers une succession de scènes dialoguées qui débutent ce bilan final. En prime, McQuarrie et Jendresen rajoutent une couche supplémentaire et essaient de lier l’origine du «Entity» à tous les films précédents de Mission: Impossible, soit par un personnage ou par un objet qui était important dans une œuvre antérieure.
C’est aussi là où plusieurs revirements invraisemblables se produisent, comme si nous étions en train de regarder le dernier arc narratif d’un anime et qu’un personnage que nous n’avions pas vu depuis cinq saisons effectuait son retour inattendu, ou encore qu’une information clé liée au premier film nous révélait la raison pour laquelle une personne ne cesse de poursuivre Ethan.
Plusieurs ont qualifié ces développements de ridicules, et à mon sens, ils le sont absolument. Cela étant dit, c’est tout à fait ce que la série télévisée Mission: Impossible faisait, et ce que la série avec Tom Cruise a également repris plusieurs fois, notamment lors du dénouement de Rogue Nation.
Christopher McQuarrie est parfaitement conscient du ridicule que ces développements narratifs peuvent engendrer. C’est pourquoi il les accepte d’emblée, car il sait très bien que ce sera leur dernière franchise à Cruise et lui. Alors pourquoi ne pas y aller à fond et célébrer le cœur de ce que Mission: Impossible a toujours été, au-delà des cascades et des scènes d’action exagérées? C’est dans leurs droits acquis d’étirer la sauce après avoir révolutionné la sphère du cinéma d’action aux États-Unis depuis trente ans, surtout pour ce dernier opus.
Ce qui est davantage impressionnant dans cette première heure bavarde est la façon dont McQuarrie et son chef monteur Eddie Hamilton nous font digérer d’énormes sections d’exposition qui apparaissent, en surface, très lourdes, et ce, à travers deux montages alternés minutieusement construits. Une réplique dans un espace répond à une autre dans un tout autre environnement, et vice-versa, jusqu’à ce que nous comprenions ce qu’Ethan doit accomplir, et ce que les autres membres de son équipe, composée de Luther Stickell (Ving Rhames), Benji Dunn (Simon Pegg), Grace (Hayley Atwell), Paris (Pom Klementieff), Theo Degas (Greg Tarzan Davis) et William Donloe (Rolf Saxon) devront eux aussi accomplir afin d’aider le protagoniste.

Le réalisateur Christopher McQuarrie et Tom Cruise lors du tournage de «Mission: Impossible – The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance.
Nous avons l’impression que l’enjeu principal du récit est beaucoup plus grand que nature lorsque McQuarrie associe plusieurs scènes entre elles, car il nous fait ressentir l’importance d’accomplir cette mission ultime à travers la subjectivité des personnages plutôt que par le point de vue externe qu’il a adopté dans le divertissant mais oubliable Dead Reckoning.
Une deuxième heure célébrant les prouesses physiques de Tom Cruise
Lorsque tout a enfin été mis sur table, c’est maintenant l’heure de l’action! C’est ainsi que la dernière heure de The Final Reckoning met en scène deux (très longues) séquences qui continuent de montrer les prouesses physiques de l’acteur, sous l’eau et haut dans le ciel.
La première séquence, incroyablement anxiogène, contient l’une des meilleures utilisations du format IMAX jamais exécuté sur grand écran. Ce moment durant lequel Ethan ouvre une valve pour entrer dans le sous-marin Sevastopol afin de récupérer l’objet lui permettant de détruire The Entity est une grande leçon de cinéma populaire. Le cadre s’agrandit à mesure qu’Ethan tourne la valve. Ce dernier s’arrête à un moment donné pour nous regarder avant de continuer pour que l’écran IMAX soit rempli au complet.
Cruise a toujours aimé jouer avec la caméra et les attentes du spectateur. Ce court moment représente exactement ce qu’il aime faire avec le public en tant que dernière réelle vedette d’Hollywood. Personne n’est capable comme lui de réaliser les folies qu’il réussit à accomplir avec brio dans la saga Mission: Impossible, ou du moins à nous convaincre qu’il est nécessaire de risquer sa vie pour notre divertissement.
C’est d’autant plus spectaculaire lorsqu’on comprend que la scène sous-marine est essentiellement un combat entre Ethan et la gravité. Il n’y a pas d’antagoniste physique. Seule l’eau, la position du Sevastopol (devant une falaise) et des missiles lousses, prêts à exploser dans le cas où Ethan ferait un faux mouvement. À ce moment, je n’ai pas entendu personne respirer dans la salle alors que Hunt accomplissait son défi le plus impossible, et nous n’avions encore rien vu en termes de cascades à couper le souffle.
C’est dans la deuxième scène d’action où les sensibilités cinématographiques de McQuarrie sont mises de l’avant que ce dernier rend un hommage à Buster Keaton (ou les Looney Tunes, selon votre préférence) lors d’une confrontation aérienne entre Ethan et Gabriel pour le contrôle du système d’intelligence artificielle. Le réalisateur a toujours offert des clins d’œil à ses influences, notamment dans Rogue Nation, où il a construit une réinterprétation de la séquence la plus connue de The Man Who Knew Too Much d’Alfred Hitchcock.

Shea Whigham jouant Briggs, Pom Klementieff jouant Paris et Greg Tarzan Davis jouant Degas dans «Mission: Impossible – The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance.
Il continue sur sa lancée avec The Final Reckoning, au sein duquel les expressions faciales cartoonesques et exagérées d’Esai Morales, alors que nous n’entendons aucun dialogue, rendent cette scène incroyablement comique, pendant qu’Ethan s’accroche sur son avion, sans parachute, pour sauver sa vie. C’est un clin d’œil évident au burlesque de l’époque du cinéma muet, surtout par le champ-contrechamp entre deux visages expressifs qui se comprennent seulement par leurs gestuelles.
Avec cette grande scène d’action, Christopher McQuarrie culmine la saga Mission: Impossible de façon massive en nous rappelant simultanément à quel point cette franchise peut être très drôle et exaltante à la fois. Nos paumes transpirent alors que nous observons Tom Cruise accomplir cette cascade réellement, du début à la fin, en gardant sa touche humoristique durant les passages les plus chargés d’adrénaline, et en terminant les trente ans d’Ethan Hunt sur le plus haut des sommets.
Après cette séquence qui boucle la franchise une bonne fois pour toutes, nous pouvons dire que c’est une mission plus qu’accomplie pour McQuarrie et Cruise, qui ont innové pendant les dix dernières années à repenser ce que le blockbuster devrait être, et (j’espère) qu’ils continueront de le faire, hors de l’univers de Mission: Impossible cette fois.
Le prochain rôle au grand écran pour Tom Cruise sera dans le nouveau film d’Alejandro G. Iñárritu, ce qui peut paraître surprenant, mais qui correspond tout à fait à ses objectifs en tant qu’artiste: se surpasser, physiquement et psychologiquement, et offrir quelque chose de nouveau pour nous, le public, un film à la fois.
L'événement en photos
Par Paramount Pictures and Skydance © 2024 Paramount Pictures
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Tom Cruise jouant Ethan Hunt dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Tom Cruise jouant Ethan Hunt dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Tom Cruise jouant Ethan Hunt, Pom Klementieff jouant Paris, Greg Tarzan Davis jouant Degas, Simon Pegg jouant Benji Dunn et Hayley Atwell jouant Grace dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Hannah Waddingham jouant Admiral Neely dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Pom Klementieff jouant Paris dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Shea Whigham jouant Briggs, Pom Klementieff jouant Paris et Greg Tarzan Davis jouant Degas dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Tom Cruise jouant Ethan Hunt et Esai Morales jouant Gabriel dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Tom Cruise jouant Ethan Hunt dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Tom Cruise lors du tournage de «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Le réalisateur Christopher McQuarrie et Tom Cruise lors du tournage de «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Tom Cruise et le réalisateur Christopher McQuarrie lors du tournage de «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Tom Cruise lors du tournage de «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Pom Klementieff jouant Paris dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Esai Morales jouant Gabriel dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Hayley Atwell jouant Grace dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Ving Rhames interprétant Luther dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Simon Pegg jouant Benji dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Nick Offerman, Charles Parnell, Angela Bassett, Mark Gatiss et Janet McTeer dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Henry Czerny jouant Kittridge dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance. -
Mark Gatiss plays Angstrom, Janet McTeer plays Walters et Charles Parnell jouant Richards dans «Mission: Impossible - The Final Reckoning». Photo: Paramount Pictures et Skydance.
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