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Crédit photo : New Line Cinema @ Tous droits réservés
Le duo de réalisateurs canadiens Zach Lipovsky et Adam B. Stein prend le relais d’une œuvre qui désire redonner un peu de saveur à une franchise qui, avec son quatrième et cinquième film, en a grandement manqué.
Combien de fois allons-nous répéter la même histoire d’une figure adolescente ayant une prémonition à travers laquelle tout le monde meurt lors d’un accident horrible, et ce, sans que cela devienne redondant? Après tout, la mort ne fait pas exception – on va tous finir sous terre, d’une façon ou d’une autre, mais la formule commençait à s’épuiser avec des séquences de morts tragiques devenant de plus en plus invraisemblables et spectaculaires, au lieu de garder le cœur comique qui a été établi par James Wong en 2000, avec l’arrivée du premier Final Destination.

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Cette fois-ci, nous ne partons pas d’une prémonition, mais bien d’un cauchemar récurrent que vit la protagoniste, Stefani Reyes (Kaitlyn Santa Juana). Cela rafraîchit déjà la formule, même si c’est un léger changement narratif.
Tous les soirs, depuis plusieurs mois, elle fait le même rêve dans son sommeil: un désastre mécanique qui a détruit le restaurant du Skyview lors de son ouverture en 1968, impliquant sa grand-mère Iris (jouée par Brec Bassinger durant ce flashback), qui a eu une prémonition de la catastrophe imminente et qui a sauvé tous les clients avant l’effondrement du bâtiment.
Puisqu’il y avait énormément de gens impliqués dans ce désastre, Iris a découvert que la mort s’est vengée au fil des ans en tuant tous les survivants de l’événement et qu’elle vise maintenant sa famille immédiate, qui n’aurait théoriquement pas été mise au monde si Iris n’avait pas vu son décès arriver lors de ce jour fatidique.
L’événement qui a profondément marqué la grand-mère de Stefani continue de la hanter, comme le coroner William Bludworth, interprété par Tony Todd dans son dernier rôle à l’écran. Évidemment que l’élément déclencheur du récit au présent est la mort excessivement violente d’un des membres de la famille de Stefani, ce qui pousse l’adolescente à vouloir retrouver sa grand-mère (maintenant jouée par Gabrielle Rose) afin de savoir comment déjouer la mort et éviter d’autres situations mettant la vie de sa famille immédiate en péril.
Le gore et l’humour morbide sont au rendez-vous
L’attrait principal de la série Final Destination, c’est de voir les personnages mourir les uns après les autres dans diverses situations où la mort exerce sa vengeance de manière (très) précise.
Alors que les deux derniers opus ont mis la 3D à l’avant-plan pour créer une expérience cinématographique plus ludique et participative, Lipovsky et Stein ont désiré ici créer des séquences plus simples, ayant un effet beaucoup plus percutant. En effet, au lieu de mettre en scène des morts chez le chirurgien ophtalmologiste ou dans un centre d’achats, le duo a choisi des situations plus banales, telles qu’un souper familial autour d’un barbecue ou encore un jogging matinal pendant qu’un camion ramasse les déchets.

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Il est clair que le morceau de bravoure de Bloodlines est la prémonition de l’effondrement du Skyview, qui met un accident morbide après l’autre avec un humour tellement cinglant qu’il est impossible de retenir notre rire lorsque nous voyons quelqu’un se faire écraser par un piano ou un corps se faisant décapiter par une porte d’ascenseur. Tous ces décès sont mis en scène d’une violence ultra gratuite, mais on retient surtout le langage burlesque qu’a mis de l’avant James Wong dans Final Destination 3, où la série de coïncidences menant à la mort des personnages devenait plus comique (et excessive) à mesure que le récit progresse.
Au lieu de tourner le film en 3D, un format qui est devenu de plus en plus rejeté par le public depuis la sortie de Final Destination 5, Lipovsky et Stein ont utilisé des caméras IMAX pour mettre en scène ces décès sordides en élargissant le cadre de l’image chaque fois que la mort vise l’un des protagonistes. Cela crée un effet beaucoup plus immersif, notamment lors d’une scène à l’intérieur d’un salon de tatouages où la caméra est fixée sur le visage du personnage alors que son anneau de nez est accroché par une chaîne sur le plafond du bâtiment. La caméra agit, en quelque sorte, comme la manifestation de la mort elle-même et suit la famille de Stefani de très près, avant d’agir et de bouger frénétiquement jusqu’au choc du décès.
Lipovsky et Stein n’ont d’ailleurs pas peur de mettre le gore de l’avant d’une façon beaucoup plus extrême que ses prédécesseurs, et c’est surtout pour surprendre les spectateurs. Habituellement, l’utilisation extravagante d’un tel procédé peut perdre son effet désiré lorsqu’il est répété, mais le duo de cinéastes trouve toujours une façon de rafraîchir sa violence presque cartoonesque, soit par un visage déchiqueté par une tondeuse ou, et c’est le summum du gore pour ce film, un corps complètement enfoui à l’intérieur d’une machine IRM dans un hôpital.
C’est d’ailleurs la scène qui a suscité le plus de réactions vives, exacerbées par de très gros plans du corps qui, comme un aimant, se fait aspirer à l’intérieur de l’appareil.
C’est certes une mort assez créative pour une franchise qui ne cesse de réinventer l’art de tuer ses protagonistes de façon minutieuse, où aucun détail n’échappe à l’environnement dangereux dans lequel se trouvent les personnages.

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Des personnages peu intéressants, malgré un dernier grand hommage à Tony Todd
Il est clair qu’un cinéphile ayant acheté un billet pour Final Destination ne va pas le voir pour faire la rencontre de personnages finement développés au sein du scénario, mais il y a une limite à au moins créer une relation intéressante entre Stefani et sa famille, notamment la tension qu’elle alimente avec sa mère (Rya Kihlstedt), qui n’a jamais été présente lors de son enfance, et son frère (Teo Briones). Ce qui est montré à l’écran est somme toute assez élémentaire et ne nous donne guère plus de détails qui pourraient davantage être explorés, alors que les protagonistes font directement face à la mort et n’ont plus rien à perdre pour réparer leur relation avant qu’il ne soit trop tard.
À mon sens, cela aurait amené une dimension humaine qui était présente lors des opus réalisés par James Wong pour le premier et troisième film, moins lorsque David R. Ellis s’est amusé à créer des séquences grand-guignolesques pour le deuxième et quatrième film. D’ailleurs, le seul moment d’humanité que l’on retrouve dans Bloodlines est la séquence durant laquelle Stefani et sa famille rencontrent William Bludworth, figure fétiche de la série Final Destination, qui explique aux protagonistes – comme dans à peu près tous les films – comment déjouer la mort.
Cette scène est d’une réelle lourdeur, car Tony Todd était réellement malade et savait fort probablement que son apparition allait non seulement être sa dernière pour la série Final Destination, mais sur le grand écran tout court. Il est d’ailleurs décédé quelques mois après le tournage principal, en novembre 2024.
Nous ressentons ses émotions fortes quand il parle de sa maladie et du fait qu’il lui reste peu de temps à vivre, surtout lorsqu’il regarde directement la caméra et nous encourage à profiter de l’instant présent avant qu’il ne soit trop tard. Dans la diégèse du film, il s’adresse aux personnages, mais la façon dont il est cadré par le directeur photo Christian Sebaldt nous laisse croire qu’il brise le quatrième mur et donne aux spectateurs son adieu formel avant de quitter cette planète.
C’est un moment qui touche droit au cœur, même si vous n’avez jamais entendu parler de ce grand acteur.
Tony Todd a été l’une des figures les plus importantes du cinéma de genre, surtout par son incarnation du personnage éponyme dans Candyman de Bernard Rose, qui continue à effrayer de nouveaux spectateurs découvrant ce film plus de trente ans après sa sortie. Ce sentiment a fait écho dans la salle, qui a applaudi lorsqu’on lui rend hommage durant le générique de fin de Final Destination Bloodlines, un moment fort qui termine ce sixième opus avec une note très haute.
Lipovsky et Stein offrent un renouveau à une franchise qui en a eu grandement besoin et livrent un film d’horreur très divertissant, en nous encourageant à profiter de nos jours sur terre comme si c’était nos derniers, et à faire attention lorsqu’on commande une boisson avec de la glace au restaurant…
Le film «Final Destination Bloodlines» en images
Par New Line Cinema @ Tous droits réservés
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