La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel – Bible urbaine

CinémaCritiques de films

La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel

La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel

Une série contemplative mettant en scène un protagoniste tourmenté par ses secrets

Publié le 27 janvier 2026 par Maxance Vincent

Crédit photo : Marvel @ Tous droits réservés

2025 n’a pas été une bonne année pour Marvel Studios, qui a vu le potentiel commercial de ses œuvres du Marvel Cinematic Universe s’effriter davantage avec trois déceptions financières consécutives en salle et des séries télévisées qui sont reçues sans grand enthousiasme, tant par la critique que par le public. Et ce n’est pas vraiment un signe d'une fatigue du superhéros, puisque le nouvel univers cinématographique de DC carbure à pleins gaz avec deux grands titres qui ont été très profitables pour Warner Bros.: une nouvelle relecture de «Superman» au cinéma et l’excellente deuxième saison de «Peacemaker» sur HBO Max.

Nous sommes plutôt rendus dans une ère où les cinéphiles rejettent ouvertement les œuvres médiocres que les studios tentent de nous présenter comme étant de grandes superproductions, alors qu’elles n’offrent rien de nouveau, autant du point de vue esthétique que du point de vue thématique.

Essayant de remédier à cette tendance, Marvel présente Wonder Man, une minisérie de huit épisodes qui aborde l’état actuel du cinéma de superhéros et, par extension, celui du cinéma hollywoodien.

Photo: Marvel @ Tous droits réservés

Avec des épisodes réalisés par Destin Daniel Cretton, James Ponsoldt, Tiffany Johnson et Stella Meghie, ceux-ci examinent non seulement l’état des choses à Hollywood, mais vont également à l’encontre de la structure archétypale habituelle d’un combat entre le bien et le mal que nous voyons à répétition dans les œuvres de Marvel et de DC.

En fait, il n’y a qu’une seule séquence d’action à travers les huit épisodes d’une durée d’une demi-heure chacun. Ici, on préfère plutôt dresser un portrait contemplatif de la figure principale de la série: l’aspirant acteur Simon Williams (Yahya Abdul-Mateen II), qui tente d’auditionner pour le rôle principal dans un remake du film culte Wonder Man, réalisé par l’un des plus grands auteurs du cinéma (dans l’univers du Marvel Cinematic Universe), Von Kovak (Zlatko Burić).

Ce que le monde d’Hollywood, y compris son agente (jouée par X Mayo), ne sait pas, c’est que Simon garde un secret très personnel qu’il ne désire pas révéler à personne, mais qui pourrait voir le jour avec l’arrivée de Trevor Slattery (Ben Kingsley) à Los Angeles, un acteur déchu qui retente sa chance d’accéder à la gloire en auditionnant également pour le rôle de Wonder Man.

Simon désire jouer le protagoniste du film de Kovak, puisqu’il se dit né pour interpréter un superhéros qui a marqué son enfance, lui qui regardait l’œuvre avec son père, peu de temps avant son décès. Au fur et à mesure que l’émission progresse, on réalise, en fait, qu’il y a une autre raison pour laquelle il est si attiré par la façade de Wonder Man, et ce, plus que n’importe quel personnage qu’il a joué auparavant.

Et c’est ici que la série devient intéressante, car elle s’avère être une étude principalement axée sur un être torturé qui se confrontera intérieurement et qui refuse d’accepter sa différence en société. Simon n’a toujours pas accepté sa nature, ce qui se traduit par des conversations tendues qu’il entretient avec son frère, Eric (Demetrius Grosse), qui n’a jamais cru que sa «carrière» hollywoodienne allait aboutir à quelque chose de concret.

Une série qui déconstruit tout ce que l’on sait sur le cinéma de superhéros

Cretton, qui a cocréé la série avec Andrew Guest, refuse d’offrir une trajectoire à leur protagoniste, qui a des airs de familiarités avec ceux composant l’univers des superhéros: celui-ci a des pouvoirs, perfectionne ses techniques, obtient un costume, et devra sauver le monde d’une certaine façon en se battant contre un antagoniste avec des habiletés quasi similaires aux siennes.

Photo: Marvel @ Tous droits réservés

Oui, Simon Williams est Wonder Man et possède de vrais pouvoirs qu’il doit cacher pour survivre dans cette industrie (un épisode explique justement pourquoi tout individu possédant des pouvoirs ne peut pas jouer dans un film), mais la série n’est nullement intéressée par cet aspect du personnage et vise plutôt à l’examiner dans son intimité la plus profonde, hors des projecteurs et de l’adulation qu’il désire obtenir.

Entre de mauvaises mains, cette proposition aurait pu totalement échouer, puisque Marvel n’est pas reconnu pour présenter des films et des séries sans action ni rebondissements dramatiques. Cela dit, cette série est l’une de leurs plus grandes réussites, puisque Cretton et Guest savent sous quel angle le personnage de Simon Williams doit être exploré et donnent à Yahya Abdul-Mateen II énormément de texture afin de développer Wonder Man d’une manière plus active psychologiquement parlant, plus que de l’observer simplement dans sa quête personnelle de découverte de soi.

Cela aboutit sur un protagoniste tridimensionnel, auquel le public est confronté avec toutes ses facettes, y compris son «secret». L’émission offre un ton beaucoup plus léger que certaines autres productions de l’univers Marvel, et adopte un ton beaucoup plus métafictionnel que la série She-Hulk: Attorney at Law et le film Deadpool & Wolverine, mais les aspects les plus intéressants de la production résident dans l’observation de la figure qu’est Simon Williams, autant dans sa tentative de devenir un superhéros cinématographique qu’à l’extérieur dans l’univers d’Hollywood.

Il est donc difficile d’éprouver de s’attacher à la personne de Simon, et même d’éprouver de l’excitation en le voyant porter le costume de Wonder Man, mais c’est exactement de cette manière que le personnage y est représenté dans les bandes dessinées: c’est une figure complexe qui est consumée par ses conflits intérieurs.

Cretton et Guest ajoutent également beaucoup d’évolution au personnage de Trevor Slattery, initialement introduit dans la figure du terroriste «The Mandarin» dans Iron Man 3, jusqu’au moment où l’on apprend que ce dernier est un acteur ayant adopté la façade du chef de l’organisation «Ten Rings» (alors que l’identité du vrai Mandarin est révélée dans Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings de Cretton, et est joué par l’acteur hongkongais Tony Leung Chiu-wai). Par la suite, le personnage de Slattery, soit dans Iron Man 3, dans le court métrage All Hail the King ou dans Shang-Chi, était complètement inintéressant et n’apportait que du comic relief aux autres protagonistes des œuvres au sein desquelles il apparaissait.

Des personnages finement développés et intéressants

Dans Wonder Man, tout change dans notre perception du personnage. Il y a en fait un réel désir de le développer bien au-delà de sa façade extravagante. On nous le montre dans sa plus grande vulnérabilité, alors qu’il tente, tant bien que mal, de se défaire de son association avec The Mandarin après ses péripéties dans Shang-Chi. Une scène d’ouverture de l’un des épisodes présente Kingsley à son meilleur dans le MCU, ajoutant une couche à Trevor que personne n’aurait cru voir il y a douze ans, lorsqu’Iron Man 3 a récolté un succès gargantuesque en salle, et c’est tout à son honneur.

Le style de la série est aussi très singulier et, d’ailleurs, il respecte totalement l’esthétique établie dans le premier épisode (par exemple, une caméra montée à l’extérieur d’une voiture qui suit Simon naviguant dans les rues congestionnées de Los Angeles), à l’exception, peut-être, d’un épisode qui se démarque du lot et qui offre au public quelque chose de formellement et thématiquement déjanté. Sans rien vouloir divulgâcher, je dirais que cette séquence a des répercussions majeures sur notre compréhension de Simon et sur notre perception du protagoniste qui change immédiatement, possiblement pour de bon, alors que son avenir dans le MCU n’est toujours pas déterminé.

Il y a un espoir qu’une deuxième saison se pointe à l’horizon, puisque plusieurs aspects narratifs n’y sont pas complètement résolus lorsque la série prend fin. Cela étant dit, la trajectoire du personnage est assez intéressante (et complète) pour que Wonder Man puisse se tenir debout tout seul, et ce, sans que les spectateurs se sentent obligés de le regarder pour comprendre ce qui se passera dans l’univers Marvel avant Avengers: Doomsday.

Marvel devrait avoir, pour le futur, des plans pour le personnage, car Simon Williams mérite d’être l’une des figures les plus connues, surtout avec Yahya Abdul-Mateen II, qui livre ici une autre prestation impressionnante dans l’univers des bandes dessinées, après son interprétation jouissive de Black Manta dans la série Aquaman. Le personnage est assez complexe pour susciter davantage de saisons et créer un réel arc narratif pour la première fois dans l’univers télévisé de cette franchise.

En délaissant la formule des «films à six heures» de ses premières miniséries, Marvel a finalement réussi à adapter ses histoires au langage télévisuel et à offrir un portrait riche de l’un de ses personnages les plus intéressants issus des BD. Si ceux-ci désirent poursuivre avec Wonder Man, il est fort possible qu’à la fin de sa trajectoire, nous ayons droit à la meilleure série télévisée que Marvel Studios ait produite sur Disney+.

Cela reste à venir, mais j’ai finalement hâte qu’un récit puisse se poursuivre dans cet univers sans fin qui n’est pas lié à Daredevil

La série «Wonder Man» en images

Par Marvel @ Tous droits réservés

  • La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel
  • La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel
  • La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel
  • La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel
  • La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel
  • La série télé «Wonder Man»: une grande surprise chez Marvel

L'avis


de la rédaction

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début