«L’épopée musicale de…»: Loud, cinq sur cinq – Bible urbaine

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«L’épopée musicale de…»: Loud, cinq sur cinq

«L’épopée musicale de…»: Loud, cinq sur cinq

Le choix des professionnels, de l’imparfait au plus-que-parfait (ou presque)

Publié le 15 juin 2026 par Jean-Benoit Perras Nolet

Crédit photo : Tous droits réservés @ Page Facebook de Loud

Autant au Québec qu’ailleurs dans le monde, l'une des constantes dans l’univers du hip-hop, c'est de proclamer sa suprématie sur le genre. Loud ne fait pas exception à la règle avec plusieurs titres où il se targue d’être le meilleur de sa profession. Est-ce justifié? Certains diront que oui, d’autres diront que non, mais une chose reste pourtant vraie: c'est le rappeur qui a connu le plus grand succès dans la dernière décennie, si ce n’est de tous les temps au Québec. Alors qu’il est actuellement en tournée pour la promotion de son plus récent effort, «Douze sur douze», et qu’il vient tout juste de sortir, avec «D'où je viens», un single très entraînant commémorant les Jeux olympiques de Montréal, on en a profité pour revisiter sa discographie, de l’imparfait au plus-que-parfait (ou presque).

5. Douze sur douze (2025)

D’entrée de jeu, je dois admettre qu’aucun opus de Loud n’est mauvais en soi. Son plus récent est, à mon sens, le moins essentiel de sa discographie, même s’il demeure excellent.

On y retrouve toujours l’écriture soignée de l’auteur-compositeur, les références culturelles bien placées, les jeux de mots, et surtout, cette façon qu’il a de rapper, toujours avec ce calme presque nonchalant.

Toutefois, là où Une année record donnait davantage l’impression d’un artiste qui voulait conquérir le monde, ou encore là où Aucune promesse révélait une nouvelle profondeur, Douze sur douze se la joue plus confortable. C’est un album de consolidation, pas de révolution. Et c’est bien correct, il en faut, dans une carrière.

Cela dit, certaines chansons frappent fort. Sur «A Win is a Win», «Lampe magique» et «Game Time», par exemple, on retrouve le Loud que l’on connaît, à la fois défiant et arrogant, un mode d’expression dans lequel il excelle. Et sur la très touchante «Entre nous», il présente un côté plus sensible de sa personne qu’il laisse moins souvent s’exprimer.

4. New Phone (2017)

C’est toujours délicat d’inclure des EP dans ce genre de classement, car il est difficile de comparer une œuvre comptabilisant quatre morceaux avec un opus complet. Cependant, ces mini-albums s’avèrent parfois des essentiels au sein de la discographie d’un artiste. 

C’est le cas ici avec New Phone, puisque celui-ci occupe une place de choix à travers le cheminement de Loud, puisque c’est le premier effort solo qu’il a offert après sa séparation de Loud Lary Ajust.

Mais au-delà de l’importance symbolique qu’il revêt, la qualité est bel et bien au rendez-vous. Trois des quatre titres sont toujours des incontournables aujourd’hui, soit «Longue histoire courte», «Le pont de la rivière Kwai» et «56k».

Cette dernière étant possiblement la meilleure chanson pour introduire un néophyte à l’univers de Loud. 

3. Tout ça pour ça (2019)

Tout ça pour ça, c’est Loud en mode superstar. Il y est à son plus lumineux, à son plus accessible et à son plus mélodique.

En effet, les hooks sont énormes, la production est brillante, et on sent un artiste pleinement conscient qu’il a la capacité de remplir le Centre Bell, ce qu’il a fait, d’ailleurs! On y ressent une assurance, et presque une euphorie, qui traversent le disque de part en part.

Cet opus offre une écoute très agréable et très efficace, mais moins impressionnante sur le plan technique. Certaines pièces vieillissent extrêmement bien, alors que d’autres nous paraissent moins intemporelles.

Parmi celles qui traversent bien l’épreuve du temps, on peut compter sur «Fallait y aller», «GG» et «Sometimes, All the Time», chantée en duo avec Charlotte Cardin.

L’album est, somme toute, solide de bout en bout, et ce, malgré la tangente plus pop et plus proprette qui ne plaira pas à tous et toutes.

2.  Aucune promesse (2022)

On retrouve ici le Loud plus mature, plus réfléchi, plus adulte. Et pour plusieurs fans de rap, c’est peut-être même son meilleur album sur le plan artistique strictement.

Après avoir touché le sommet au niveau des ventes, le rappeur revient sur la scène musicale avec un disque plus posé, plus introspectif, et où l’artiste semble moins obsédé par le hit instantané. Il parle davantage de la famille, de l’héritage, de la pression, du vieillissement, du succès vécu de l’intérieur.

Sa plume est dense, parfois brillante, et la production est luxueuse, sans être tape-à-l’œil.

Mais ce qui frappe, avec Aucune promesse, c’est sa cohérence. On n’y retrouve pas autant de singles gigantesques que sur ses premiers disques, mais reste qu’il y a une vraie vision d’ensemble. On sent un artiste qui cherche moins à impressionner qu’à construire quelque chose sur le long terme. Il est déjà bien assis sur le trône et il solidifie bien sa place.

Du lot, «Hold Up» est sans doute la plus accrocheuse, et elle n’a rien à envier à ses plus grands succès.

1. Une année record (2017)

L’une des forces de Loud, c’est sa constance. Et, même si toutes ces offrandes sont solides, on ne peut nier l’importance majeure d’Une année record. C’est le moment où Loud est passé de bon rappeur queb à une figure centrale de la musique québécoise contemporaine.

Ce qui rend Une année record si spécial, c’est l’équilibre quasi parfait entre ambition, égo-rap, vulnérabilité, hooks pop et technique maîtrisée. Loud est affamé. Sa plume est acérée, les beats sont élégants, et il a su trouver le juste équilibre en étant mainstream et extrêmement habile comme rappeur.

C’est aussi l’album qui contient certains des morceaux les plus emblématiques de sa carrière. Tout le monde connaît «Toutes les femmes savent danser» mais, même si elle a connu un beau succès commercial avec ce titre, les vrais fans vont préférer réécouter «TTTTT», «Une année record» ou «Nouveaux riches».

Bref, vous ne vous tromperez pas en écoutant n’importe quel disque de Loud, mais s’il y a bel et bien un essentiel, c’est celui-ci!

Loud prendra part à un spectacle extérieur gratuit le 18 juin à 22 h sur la scène Rogers à l’occasion des Francos de Montréal. Autrement, il partira en tournée dans plusieurs autres villes du Québec jusqu’à la fin de 2026. Que nous réserve-t-il pour la suite des choses? C’est à suivre…

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