«L'entrevue éclair avec...» J.R. dos Santos, auteur pour qui la littérature est un moyen de déchiffrer la réalité – Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» J.R. dos Santos, auteur pour qui la littérature est un moyen de déchiffrer la réalité

«L’entrevue éclair avec…» J.R. dos Santos, auteur pour qui la littérature est un moyen de déchiffrer la réalité

Le héros Tomás Noronha sur la piste des enthéogènes dans «Le sixième sens»

Publié le 26 mai 2026 par Éric Dumais

Crédit photo : Pau Storch

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd’hui, on a jasé avec J.R. dos Santos, auteur à succès de polars aussi vertigineux que richement documentés, à l'occasion de la sortie en librairie de «Le sixième sens». Retrouvez son héros, le célèbre cryptologue Tomás Noronha, au cœur d'une intrigue que vous aurez bien du mal à lâcher!

J.R., notre dernière discussion remonte à avril 2021 – cinq années ont passé, déjà, depuis la parution de votre roman Le magicien d’Auschwitz! On est ravis d’avoir le privilège de poursuivre la discussion avec vous et de rattraper le temps perdu. Dites-nous quels ont été les moments phares de votre carrière d’écrivain ces dernières années?

«Il s’est passé beaucoup de choses. La publication de mes romans Âmes animales sur la cognition, les émotions, le langage, l’intelligence des animaux; La femme au dragon rouge, sur les camps de concentration, l’esclavage, les persécutions ethniques et religieuses dans la Chine d’aujourd’hui; Spinoza, sur la vie de Spinoza, l’homme qui a inventé la méthode historique, qui a terminé la méthode scientifique et qui est à la base de l’Occident moderne; Oubliés, une histoire d’amour entre un capitaine portugais et une Française en Flandres pendant la Grande Guerre; et le plus récent, Le sixième sens

«Et, bien sûr, j’étais au Salon du livre de Montréal, où m’est venue l’idée d’écrire Protocole Chaos, qui explique par le biais de la fiction comment la Russie utilise son agent à la Maison-Blanche, Donald Trump, et les réseaux sociaux, pour détruire l’Occident.»

Depuis Le magicien d’Auschwitz, vous n’avez pas chômé, puisque vous avez publié six romans aux Éditions Hervé Chopin, dont les vertigineux et richement documentés Âmes animales (2022), La femme au dragon rouge (2023) et Protocole chaos (2025), trois histoires qu’on a dévorées jusqu’à la dernière page. Où trouvez-vous votre inspiration, et qu’est-ce qui fait vibrer votre corde sensible en matière d’écriture de polars?

«Ma source d’inspiration a toujours été la réalité. Pourquoi inventer des mystères quand il y en a tant autour de nous? Pour moi, la littérature est un moyen de déchiffrer la réalité, de la rendre compréhensible, et d’en saisir le sens. En vérité, c’est la seule raison pour laquelle j’écris des romans.»

Tout récemment, les Éditions Hervé Chopin ont dévoilé votre plus récent titre en carrière, Le sixième sens, un thriller d’un peu moins de 500 pages à travers lequel vous défendez une thèse basée sur d’étonnantes découvertes scientifiques à propos de l’influence des psychédéliques sur la santé mentale et la créativité. Résumez-nous brièvement cette histoire, qui met à nouveau en scène votre héros Tomás Noronha, célèbre cryptologue, et dites-nous-en plus sur ses révélations qui ont fasciné l’érudit en vous au moment de l’écriture.

«Le sixième sens commence par la chute d’un homme du dixième étage d’un hôtel, un événement réel. L’enquête sur cette mort – suicide? Accident? Homicide? – conduit notre héros, Tomás Noronha, sur la piste des enthéogènes, substances psychédéliques aux propriétés thérapeutiques exceptionnelles.»

«À ma grande surprise, elles sont moins toxiques que l’alcool et, à l’exception de la kétamine et de la MDMA, ne créent pas de dépendance – au contraire, elles guérissent les dépendances et aussi d’autres maladies, telles que la dépression profonde, l’anxiété, les névroses, le stress post-traumatique, les comportements obsessifs compulsifs. Elles nous guérissent, non par un quelconque effet chimique, mais parce qu’elles suscitent des visions qui nous disent des choses sur nous-mêmes, des vérités qui nous amènent à réfléchir sur nos comportements ou sur nos problèmes.»

«Par exemple, un alcoolique se voit, à travers une vision, rentrer chez lui ivre, agresser sa femme et ses enfants, et il perçoit tout cela du point de vue de sa femme et de ses enfants. Il comprend alors qu’il détruit sa famille et cesse immédiatement de boire. Une expérience célèbre menée dans un hôpital psychiatrique canadien a démontré que 50% des 700 volontaires alcooliques ont arrêté de boire immédiatement après avoir pris une seule dose de psychédélique.»

«Mais ces visions nous révèlent aussi des choses sur l’univers, sur la vie et sur la mort. La question est la suivante: si les messages que ces visions nous adressent sur nous-mêmes sont vrais, et nous constatons qu’elles sont en effet vraies, les messages concernant l’univers, la vie et la mort le sont-ils également? Telle est la question centrale de ce roman.»

Et qu’espérez-vous laisser comme marque personnelle, que ce soit une émotion précise, ou encore une sensation forte, chez vos lecteurs et lectrices, un coup le livre refermé?

«Je ne sais pas s’il est juste de dire que je souhaite susciter des émotions ou des sensations, même si elles sont en effet créées. Peut-être que je souhaite que les lecteurs, à travers mes histoires, réfléchissent sur eux-mêmes, sur la vie et sur le monde; qu’ils se confrontent à leurs propres préjugés, dogmes et tabous, et ce, de manière agréable, grâce à un roman policier, un thriller, un roman d’espionnage ou un roman historique classique.»

«Bref, je ne veux pas écrire des passe-temps, mais plutôt des gagne-temps, des histoires qui nous divertissent et qui, en même temps, nous font réfléchir, nous enrichissent.»

Y a-t-il un thème qui vous préoccupe en ce moment et qui pourrait faire l’objet d’une de vos prochaines histoires dans un avenir proche?

«Oh, il reste encore beaucoup de sujets à aborder. Un nouveau ne tardera pas à apparaître…»

Le sixième sens de J.R. dos Santos est disponible en librairie dès maintenant aux coûts de 36,95 $ (papier), 37,99 $ (MP3) et 20,99 $ (ePub). Pour les intéressé∙es, l’auteur sera de passage au Renaud-Bray (4380, rue Saint-Denis) le mercredi 10 juin dès 17 h 30 pour rencontrer ses lecteurs et lectrices lors d’une séance de dédicace! Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec Interforum Canada.

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