«Dans la peau de...» J.R. dos Santos, de présentateur vedette à auteur de thrillers | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» J.R. dos Santos, de présentateur vedette à auteur de thrillers

«Dans la peau de…» J.R. dos Santos, de présentateur vedette à auteur de thrillers

Le magicien d’Auschwitz: un côté plus méconnu du nazisme

Publié le 23 avril 2021 par Éric Dumais

Crédit photo : Tous droits réservés @ HC Éditions

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Aujourd’hui, nous avons jasé avec l'auteur d'origine portugaise J.R. dos Santos, un touche-à-tout qui se passionne pour le journalisme et l'actualité en ondes, afin d'en savoir plus sur son plus récent roman, Le magicien d’Auschwitz, qui retrace la vie d'un magicien juif ayant fui le régime nazi en 1939. Préparez-vous à vivre une bonne dose de sensations fortes!

J.R., tu es journaliste, reporter de guerre et présentateur phare de la chaîne de télévision publique portugaise, et ce, depuis 25 ans. D’où t’est venue cette passion pour l’actualité et pour le terrain, au point d’avoir fait le souhait, un jour, d’en faire ton métier?

«Croyez-le ou non, je suis devenu journaliste en raison d’un profil psychologique que j’avais rempli, à l’âge de 16 ans, dans l’optique de choisir une profession. Cela a abouti à trois choix: être un architecte, être un pilote de l’armée de l’air, ou bien être un journaliste. J’ai choisi la plus facile…»

En parallèle, et ce n’est pas un secret de Polichinelle!, tu es l’auteur d’une dizaine d’œuvres de fiction, en plus d’essais et de romans hors-série, dont La formule de Dieu (2006), L’ultime secret du Christ (2011) et Immortel (2020). Qu’est-ce qui t’a attiré dans l’écriture à un certain moment de ta vie, et pourquoi avoir choisi le thriller comme genre littéraire de prédilection?

«Je suis devenu un auteur par accident. En fait, c’est un ami à qui j’avais demandé une faveur  qui a cru que j’étais un écrivain en devenir (sur le moment, j’ai pensé qu’il était un peu fou). Il m’a alors demandé d’écrire une nouvelle pour son magazine littéraire. Ça ne me plaisait pas, mais je ne pouvais pas refuser. Alors, j’ai commencé à écrire… et instantanément, je suis devenu accro à la rédaction de fiction!»

«J’ai alors réalisé que la fiction est un média beaucoup plus puissant pour transmettre la vérité qu’un média traditionnel. C’est la raison pour laquelle j’écris des romans comme je le fais aujourd’hui. J’essaie de me servir de la fiction pour mieux exprimer la vérité.»

Le 7 avril, Interforum Canada a levé le voile sur ton plus récent roman, Le magicien d’Auschwitz. L’histoire, qui se déroule à Prague, en 1939, retrace ce moment historique durant lequel les Allemands ont envahi la Tchécoslovaquie et où se sont réfugiés Herbert Levin, un magicien professionnel connu sous le nom d’artiste le «Grand Nivelli», sa femme et son fils. Leur but: fuir le régime nazi. D’où t’est venue l’inspiration pour cette histoire, en fait?

«J’ai fait la rencontre d’un ancien survivant d’Auschwitz âgé de 94 ans qui m’a raconté l’histoire d’un grand magicien rencontré sur place en 1944. Il m’a confié avoir survécu à Auschwitz en raison de ses tours de magie!»

«J’ai alors décidé de raconter cette histoire au sein d’un roman. Je me suis servi de celle-ci pour aborder un côté plus méconnu du nazisme. Le socialisme national flirte avec le nationalisme, le racisme, le socialisme et les idées eugéniques, mais il y a une cinquième source intellectuelle: le mysticisme. Les nazis croyaient aux pouvoirs du mysticisme et le mysticisme aide à mieux expliquer ce qui s’est passé à Auschwitz.»

«C’est ainsi que nous retrouvons un magicien juif, qui est conscient que la magie et ses tours n’existent pas, et qui fait face à ces Allemands lunatiques qui croient à toutes sortes de mambo-jambo. Il en résulte Le magicien d’Auschwitz».

Peux-tu nous parler davantage de la trame narrative du roman et des péripéties qui attendent, dans le détour, nos lecteurs? On aimerait en savoir plus pour piquer leur curiosité bien comme il faut!

«Le roman raconte l’histoire vraie d’un musicien juif qui a abouti à Auschwitz en compagnie de sa famille. En parallèle, on suit l’histoire d’un légionnaire portugais de la Légion étrangère espagnol venu se battre auprès des Allemands pendant le siège de Leningrad, avant de terminer son périple chez les SS, comme garde à Auschwitz. J’ai essayé, autant que je le pouvais, d’offrir un portrait aussi vrai que possible et basé sur les recherches les plus actualisées.»

«À travers ce bouquin, vous découvrirez Auschwitz d’une tout autre façon. Le directeur de Yad Vashem, l’Institut international pour la mémoire de Shoah au Brésil, m’a confié qu’il avait lu des centaines de livres sur Auschwitz, mais qu’aucun n’était aussi précis que le mien. Je ne peux espérer plus beau compliment que celui-ci!»

Et si ton souhait le plus cher pouvait (enfin!) se réaliser et que tu pouvais remonter le temps pour vivre à une époque qui t’a toujours intrigué, quelle année aimerais-tu découvrir avec tes yeux d’aujourd’hui, et quelles personnalités ayant marqué l’Histoire aimerais-tu rencontrer au long de ton pèlerinage? On est curieux!

«Ça alors, ce n’est pas une question facile! J’aimerais beaucoup rencontrer Henri le Navigateur, ce prince portugais qui a rendu la mondialisation possible, et aussi Neil Armstrong, ce premier homme à s’être rendu au-delà de l’imaginable. Et pour une ère que j’aimerais bien visiter, pourquoi pas celle du futur?»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

*Cet article a été produit en collaboration avec Interforum Canada.

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