«L'entrevue éclair avec...» Éveline Marcil-Denault, auteure qui adore fouler des sentiers inconnus – Bible urbaine

LittératureL'entrevue éclair avec

«L’entrevue éclair avec…» Éveline Marcil-Denault, auteure qui adore fouler des sentiers inconnus

«L’entrevue éclair avec…» Éveline Marcil-Denault, auteure qui adore fouler des sentiers inconnus

Son plaisir, c'est de découvrir comment les gens pensent et réfléchissent

Publié le 6 octobre 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : Justine Latour

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd'hui, on a eu le plaisir de faire la connaissance d'Éveline Marcil-Denault, psychologue organisationnelle, formatrice, conférencière et également auteure d'une nouvelle, «Dans le ventre: histoires d'accouchement» (2019), et de romans, «Le Sourire de Duchenne» (2013), «L'enfantement» (2017) et «Je ne suis pas là où vous croyez» (2025). Ce petit dernier, nouveauté des Éditions XYZ, on l'avoue, a vite piqué notre curiosité (et bientôt la vôtre, vous verrez!)

Éveline, c’est un plaisir de faire ta connaissance! Tu es psychologue organisationnelle, formatrice et conférencière, et tu occupes un poste de syndique adjointe à l’Ordre des psychologues du Québec depuis 2016, entre autres choses. Si ta page LinkedIn dit vrai, tu aimes te tenir occupée! Parle-nous brièvement de ton quotidien et de ce qui t’allume le plus dans le cadre de ton travail.

«Merci Bible urbaine de t’intéresser à mon roman! Je te confirme que ma page LinkedIn (mon unique réseau «social») dit vrai. Je suis une professionnelle qui écrit de la fiction. Cela vient d’ailleurs avec un devoir de discrétion, qui me convient très bien.»

«Pour répondre à ta question, je te dirais que, ce qui m’allume en général, c’est d’explorer nos psychologies. J’aime découvrir comment les gens pensent et réfléchissent. L’un de mes grands plaisirs, dans la vie, c’est de faire parler les gens en leur posant des questions à développement!»

«Par exemple, en ce moment, j’aurais envie de te demander: qu’est-ce que tu fais avec les auteurs qui répondent à tes questions en te posant des questions?»

À partir de 2008, tu as réalisé à titre de rédactrice des séries d’entrevues avec des psychologues pour le magazine Psychologie Québec, et c’est la même année que tu as commencé à t’aventurer dans le vaste univers de la fiction avec l’écriture de nouvelles qui sont parues dans diverses revues littéraires. Puis, en 2013, ton premier roman voit le jour, Le Sourire de Duchenne (Stanké, 2013), et le second, L’Enfantement (XYZ, 2017), suit quatre ans plus tard. Et il y a fort à parier que plusieurs de nos lecteurs et lectrices ont lu ta nouvelle parue dans le collectif Dans le ventre: histoires d’accouchement, («Quai no 5», XYZ, 2019). Comment l’écriture a-t-elle fait son entrée dans ta vie bien occupée?

«J’ai dans mon ordi un vieux fichier Word créé le 5 février 2008 à 15 h 09 et qui s’intitule Banque de titres. Depuis très longtemps, j’ai des intuitions d’histoires qui se présentent à moi sous forme de titres. En 2008, je me suis permis de les sortir de ma tête et de leur consacrer un peu de mon temps.»

«Pour me lancer, une connaissance m’avait suggéré d’écrire des nouvelles de fiction. C’est ce que j’ai fait, et j’ai poussé l’audace jusqu’à soumettre quelques textes à des revues, dont Biscuit Chinois, Virages et Zinc. Ça a bien fonctionné, et c’est ce qui m’a donné l’impulsion d’écrire un premier roman, ce qui, disons-le, est une sorte de marathon d’écriture!»

Les Éditions XYZ ont levé le voile, le 2 octobre dernier, sur ton plus récent ouvrage, intitulé Je ne suis pas là où vous croyez. À travers ce livre au titre mystérieux, à la frontière du thriller psychologique et du manifeste social, tu abordes des thèmes qui ont une résonance forte dans notre société moderne, dont les délinquants sexuels, les victimes d’abus sexuels, le mouvement #MoiAussi, l’effacement des femmes, pour ne nommer que ceux-ci. On est curieux: d’où t’est venue l’idée de mettre en scène une sténographe de métier – une «sténografnée» comme elle le dit si bien! – qui, à force de retranscrire des enregistrements d’entrevues d’enquêtes, en viendra à avoir l’idée d’écrire un roman sous pseudonyme?

«J’ai un intérêt particulier pour les métiers de l’ombre. Il y a tellement de gens qui s’activent en coulisse pour que notre société fonctionne! On braque rarement le projecteur sur eux et, pourtant, leur travail est souvent passionnant.»

«Le métier de sténographe, qui est méconnu, était tout désigné pour mon personnage: une femme qui ne cherche pas d’attention et qui a un don spécial pour capter et transcrire la parole des autres. À force d’être exposée à des récits de violence, quelque chose bouillonne en elle. Le hic, c’est qu’elle est bloquée. Mais un événement fortuit va lui permettre de libérer toute sa puissance!»

«Pour faire un parallèle, ça nous renvoie à ce que ça nous fait vivre d’être confrontés à tous ces témoignages dévoilés grâce au mouvement #MoiAussi. Comment parvient-on à assimiler tout ça? Qu’est-ce qu’on fait avec ça? Qu’est-ce qu’on retient d’utile pour la suite du monde?»

«Les mots sont comme les gens: certains nous rebutent, d’autres nous attirent». On l’avoue, cette phrase, tirée de ton livre, nous est restée en tête après notre lecture, puisqu’elle définit bien l’œuvre qu’on a sous les yeux. C’est que tu abordes, avec une écriture fine et audacieuse, des sujets qui donnent la nausée – soyons francs! –, mais au sein d’une histoire complexe dans sa forme, qui est racontée avec des mots justes, honnêtes, transparents. Pour nos lecteurs et lectrices qui ont les sourcils froncés présentement, peux-tu nous en dire plus sur le fil évolutif de ton récit, sans trop en dévoiler?

«C’est un défi, car il y a quelques revirements dans ce roman! Mais, sans trop dévoiler, c’est l’histoire d’une sténographe qui nous raconte d’entrée de jeu qu’elle est la véritable autrice d’un livre primé qui a été publié sous pseudonyme il y a quelques années et dont la maternité avait été attribuée à une autre femme.»

«Livré comme une confession, son récit nous permet non seulement de découvrir ce mystérieux roman primé, qui s’intitule Un homme, mais il nous entraîne dans son monde, dans sa vérité, et même dans son omnipotence, à un moment de sa vie où elle s’autorisera la plus grande des libertés, pour finalement se donner le dernier mot.»

En terminant, est-ce qu’il y a un thème qui a toujours résonné haut et fort chez toi et que tu n’as encore jamais eu la chance d’explorer à travers tes lunettes d’écrivaine? Qui sait, cette simple question pourrait peut-être t’inspirer un prochain roman dans un futur proche!

«Tu touches à une corde sensible, Bible urbaine. J’adore fouler des sentiers inconnus grâce à la fiction.»

«Mes trois premiers romans adoptaient une perspective féminine, et j’ai l’impression d’avoir complété un cycle. Tu ne te surprendras pas d’apprendre que j’ai déjà un titre en tête pour un prochain roman!»

«Et cette fois, j’aimerais me donner le défi d’écrire à partir d’une perspective masculine, et peut-être un peu neurodivergente.»

Je ne suis pas là où vous croyez d’Éveline Marcil-Denault est présentement disponible en librairie  au coût de 24,95 $ (papier) et 18,95 $ (PDF ou ePub). Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions XYZ.

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début