ThéâtreEntrevues
Crédit photo : ESPACE GO @Tous droits réservés
De nouveaux horizons à explorer
Codirectrice artistique de la Coop Ludotek-Art, metteuse en scène, comédienne et productrice, Margarita Herrera Dominguez dévoue une implication admirable dans le milieu artistique. Elle a également siégé au sein de comités et d’associations culturelles pour s’imprégner de nouvelles connaissances.
«Je crois que c’est important d’apprendre à connaître toutes les sphères du milieu artistique pour mieux le comprendre. Je m’implique autant pour savoir de qui et de quoi on parle. C’est tout un monde à découvrir», a-t-elle confié pour ouvrir la discussion.
Cette vue d’ensemble lui permet de créer des œuvres d’actualité qui parlent tant aux artistes qu’aux différents publics.
En compagnie de Lesly Velázquez et de Víctor Cuellar de la Coop Ludotek-Art, elle s’intéresse au manque de pièces provenant de l’Amérique latine dans les théâtres d’ici. Puis, ensemble, ils créent la série Les Interstices pour susciter cet intérêt au Québec: «On parle beaucoup de l’Europe et de toute la dramaturgie anglophone, mais on ne voit pas beaucoup d’inclusion des Amériques», a lancé la metteuse en scène. «Pourtant, elle existe cette dramaturgie, mais il y a un manque de connaissances.»
Une diversité d’histoires qui n’attendent qu’à être racontées
Enligné avec la mission de la compagnie qui est de partager et d’ouvrir le dialogue sur des sujets qui sont plus difficiles, le comité organisateur de la série Les Interstices a sélectionné de nouveaux visages dans tous les rôles de la production, allant des autrices aux interprètes, en passant par les traductrices.
«Parmi nos objectifs, on souhaitait présenter des textes d’autrices qui sont représentatifs de l’Amérique latine incluant des personnages féminins de différentes générations, tout en diversifiant les propositions», a révélé la coproductrice du projet. «On parle aussi beaucoup de l’impact du corps dans les sphères sociale et politique.»
Cette thématique du corps se retrouve sous différentes formes dans chacune des histoires, afin que l’on comprenne les effets du passé sur eux. Que ce soit dans le regard des autres, dans la construction de l’identité, dans la violence physique et psychologique, ou dans l’adaptation à un quotidien drainant, les marques indélébiles s’incrustent dans le corps pour en faire leur maison.
«Ces textes sont des outils visant à sensibiliser le public par rapport aux préjugés envers d’autres cultures. C’est une façon de dire qu’une parole n’est pas nécessairement celle que l’on est habitués d’entendre, et que le respect commence par-là, qu’on soit d’accord ou non avec l’idée proposée», a renchéri Margarita Herrera Dominguez.
Ces lectures publiques performatives se dérouleront dans les décors des spectacles avec de la musique et du mouvement afin que les interprètes «habitent l’espace».
Un aperçu des quatre soirées qui vous attendent
Manifeste transpophagique (Manifesto Transpofágico) de Renata Carvalho · Brésil · Drame
Présenté le 9 février à 19 h en programme double avec Ailes de Papillon
Renata est une femme née dans un corps d’homme. Afin de sortir de la stigmatisation sociale, elle manifeste le «droit fondamental d’exister» à sa façon, et ce, avec le respect d’autrui.
«C’est un garçon ou une fille? C’est à partir de cette réponse que se décide notre vie. C’est à partir de cette réponse que le monde dira ce que nous sommes, qui nous sommes.»
Une traduction de José Luis Pereira de Sousa · Mise en lecture par Lydie Dubuisson, avec Lior Maharjan et Zoé Boudou.
Ailes de Papillon (Alas de mariposa) de Sayuri Navarro · Mexique · Drame
Présenté le 9 février à 19 h en programme double avec Manifeste transpophagique
Sayuri se retrouve sous l’emprise d’une relation toxique avec un homme manipulateur qui lui arrache ses ailes. Elle puise dans la mémoire de sa mère et de sa grand-mère pour bâtir sa résilience.
«Il m’a dit que j’étais un chien, son petit chien.»
Une traduction de Françoise Major · Mise en lecture par Lydie Dubuisson, avec Lesly Velazquez et Zoé Boudou.
Les nageuses (Las nadadoras) de Nara Mansur · Cuba · Comédie absurde
Présenté le 16 mars à 19 h
Jovita et Clara se retrouvent devant une porte fermée : leur cours de natation est annulé. Les deux femmes âgées se lancent dans une conversation profonde sur la vie et sur les effets de la violence sur la perception de soi.
«Le monde les a abandonnées, mais elles ne s’en sont pas rendu compte.»
Une traduction de Christilla Vasserot · Mise en lecture par Faiza Maskhouni, avec Rose-Maïté Erkoreka et une interprète.
La Patience (La Paciencia) de Macarena García Lenzi · Argentine · Comédie noire
Présenté le 27 avril à 19 h
Au cœur d’un hôpital, on suit deux infirmières qui tentent de survivre malgré l’épuisement, leur salaire misérable et les pénuries de matériel. Leur quotidien vire au drame à la suite d’un événement qu’elles devront justifier à leur déléguée syndicale.
«Calme-toi, calme-toi, respire profondément, Ludmila. Nous n’avons rien fait de mal. Gloria va arriver, nous lui expliquerons tout et elle se rangera de notre côté.»
Une traduction de Flavia García· mise en lecture par Ximena Ferrer, avec Melania Balmaceda Venegas, Maryline Chery et une interprète.
«J’aimerais que le public retienne que c’est possible de cohabiter les espaces, de cohabiter dans toute la création aussi, que la pluralité peut exister et qu’on n’a pas besoin d’être connu pour être là», a ajouté Margarita Herrera Dominguez pour conclure.
La série Les Interstices, imaginée par Margarita Herrera Dominguez, sera présentée au Théâtre ESPACE GO les 9 février, 16 mars et 27 avril prochains. N’attendez plus et réservez vos billets au coût de 15 $ chacun pour les lectures publiques qui piquent déjà notre curiosité!
*Cet article a été produit en collaboration avec le Théâtre ESPACE GO.
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