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Crédit photo : Thomas Paquet
Une ouverture feutrée signée Laraw
En première partie de spectacle, la chanteuse Laraw a offert une performance empreinte de douceur, avec une voix qui rappelle parfois Dolores O’Riordan de The Cranberries ou encore María Zardoya de The Marías.

Laraw. Photo: Thomas Paquet
Malgré une présence scénique plutôt timide (on sent qu’elle débute sur scène), sa sincérité et la texture singulière de sa voix ont su capter l’attention d’un public déjà conquis d’avance.
Cœur de pirate: en pleine possession de la scène
Puis, dans un décor minimaliste mais poétique, Béatrice Martin est entrée sur scène. Habillée d’une mousseline noire à la fois discrète et gracieuse, elle est apparue comme une grande vétérane, à la fois sereine et radieuse.
Le dispositif scénique, une plateforme ronde suspendue au-dessus d’elle, évoquant une pleine lune sur laquelle étaient projetées diverses images, instaurait sur scène une atmosphère à la fois intimiste et onirique.
Dès les premières notes, la magie a opéré. Cœur de pirate a ouvert la soirée avec plusieurs titres de son plus récent album, avant de nous ramener doucement vers ses classiques. Sur «Dans la nuit», la foule s’est immédiatement transformée en chœur, reprenant chaque mot avec ferveur, comme un voyage dans le temps jusqu’en 2019.
Entre confidences et grandes émotions
L’un des moments les plus émouvants du spectacle est sans doute venu avec «Château de sable», une chanson qu’elle dédie à chaque spectacle à sa fille adolescente. «C’est ma façon de créer un pont entre nous», a-t-elle confié, la voix chargée d’émotion. Peu après, «Pensées intrusives» a plongé la salle dans un silence bouleversé; Béatrice y met à nu ses angoisses, ses pensées sombres et transforme la vulnérabilité en force.

Cœur de pirate. Photo: Thomas Paquet
Et puis, bien sûr, il y a eu «Francis», ce classique des débuts de Cœur de pirate en 2008, que beaucoup ont découvert à l’adolescence. Lorsqu’elle s’est installée au piano, on a retrouvé l’auteure-compositrice-interprète en version solo et vulnérable, celle qui chantait l’amour et la mélancolie avec une fragilité si désarmante.
Une artiste fidèle à elle-même, mais toujours en mouvement
Parmi les autres moments marquants, mentionnons «Corbeau», chanson qui fête ses 18 ans cette année et qui connaît une nouvelle vie grâce à son apparition dans la série The Summer I Turned Pretty. «Place de la République», quant à elle, a envoûté le public, tandis que «Somnambule», dans une version au piano dépouillée, a ajouté une touche de grâce suspendue.
Puis, place à la communion: «Ensemble», son tout premier succès, a littéralement fait vibrer la salle. Même chose pour «On s’aimera toujours», irrésistible et dansante, qui a mis le feu au plancher.
Mais le moment le plus fort fut sans conteste «Adieu»: un tourbillon d’émotions, un cri du cœur partagé par des centaines de voix.
Une fin d’une intensité bouleversante
Avant de conclure, Béatrice Martin a tenu à souligner à quel point 2025 a été une année difficile pour le Québec, rendant hommage au personnel de la santé, «qui tient debout malgré tout». Elle a évoqué ses propres ennuis de santé, avouant avoir eu peur de ne plus pouvoir remonter sur scène. Ces mots, empreints d’humilité, ont donné un poids particulier à la suite du spectacle.

Cœur de pirate. Photo: Thomas Paquet
Elle a terminé dans un souffle d’émotion, en remerciant son public pour ces 18 années de fidélité: «J’ai été aussi longtemps Cœur de pirate que Béatrice. Ça fait 18 ans que vous êtes au rendez-vous; vous êtes ma plus vieille amitié», a-t-elle confié, la voix tremblante.
Une phrase qui résonne encore longtemps après la dernière note.
Entre rires et larmes, entre grâce et puissance, Cœur de pirate a prouvé une fois de plus qu’elle n’est pas seulement une icône de la pop francophone, mais une consolatrice collective, une artiste qui ose se montrer dans toute sa vérité. Un spectacle d’une intensité rare, où l’on a à la fois dansé et pleuré, comme elle seule sait nous y inviter.
Les prestations de Cœur de pirate et Laraw au MTELUS
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Cœur de pirate -
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Cœur de pirate. Photo: Thomas Paquet -
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Laraw
Par Thomas Paquet
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