Les meilleurs albums de 2016 selon nos mordus de musique – Bible urbaine

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Les meilleurs albums de 2016 selon nos mordus de musique

Les meilleurs albums de 2016 selon nos mordus de musique

Une année de révélations et de deuils

Publié le 19 décembre 2016 par Isabelle Lareau

Crédit photo : Gracieuseté

5 – «Atrocity Exhibition» de Danny Brown – Suggestion de Mathieu St-Hilaire

Tout droit descendu de sa soucoupe volante, Danny Brown a décidé de faire confiance à ses instincts sur le claustrophobe Atrocity Exhibition. Peut-être l’album le plus délirant de l’année, Brown nous donne une carte d’accès au labyrinthe qu’est son âme. Que le titre de l’œuvre soit une référence à Joy Division (ou J.G. Ballard) n’est pas un hasard: il rappelle une époque où la musique post-punk était dévastatrice d’honnêteté,  de transparence et d’explorations musicales. Et Atrocity Exhibition contient tout cela et bien plus encore. Écouter cet album me rappelle un temps où je découvrais des artistes bizarroïdes qui allaient à contre-courant et qui me sortaient de ma zone de confort. Il est rare de retrouver cet effet de nouveauté en 2016. Avoir 18 ans à nouveau, j’écouterais cet album tous les jours à répétitions. Qu’à cela ne tienne, j’en ai 34 et je l’écoute tout autant. Je suis juste plus essoufflé qu’avant.     

4 – «A Moon Shaped Pool» de Radiohead – Suggestion de Mathieu St-Hilaire

Habitué de se retrouver dans ce genre de palmarès, le quintet d’Oxford est revenu après une période d’inactivité de cinq ans. A Moon Shaped Pool ne réinvente certes pas la roue, mais le groupe séduit toujours autant les critiques que le public. Pour avoir grandi avec la bande de Thom Yorke depuis plus de vingt ans, je serai toujours étonné de voir à quel point Radiohead possède ce don de rassembler les âmes égarées à travers leurs merveilleuses toiles sonores. À ce titre, A Moon Shaped Pool est une exposition que l’on se plaît à visiter et à revisiter, idéalement lorsque les lumières sont tamisées. J’ignore quelle place occupera l’album à la fin de la carrière du groupe, sauf que pour le moment, il s’agit d’une autre œuvre mémorable qui occupe la bande sonore de la vie de bien des gens. 

3 – «Not to Disappear» de Daughter – Suggestion d’Isabelle Lareau

Le trio anglais nous a présenté cette année une offrande particulièrement exquise. La douceur de la musique nous berce gentiment, tandis que l’ambiance mélancolique nous charme. Sans jamais tomber dans les excès, ce disque s’écoute de façon très naturelle. À chaque fois que je le fais jouer et qu’il se termine, j’ai toujours la même réflexion: déjà? Il s’imbrique dans notre vie (et notre lecteur mp3) avec une aisance étonnante. La voix d’Elena Tonra est parfaite pour ce type de musique, son timbre délicat et ses murmures sont élégants et apaisants. Il ne s’agit pas d’une offrande qui tranche par son originalité et les sujets explorés sont des thématiques récurrentes, telles la mort, de la solitude et la douleur amoureuse… Cependant, on remarque une certaine authenticité lorsque l’on écoute Daughter, ce qui nous permet de réellement embarquer dans ce voyage triste et joli à la fois.

2 – «Skeleton Tree» de Nick Cave & the Bad Seeds – Suggestion de Mathieu St-Hilaire

Les premiers instants de Skeleton Tree sont terrifiants. On y retrouve un Nick Cave seul, changé et brisé par la mort de son fils. Tout au long de l’album, Cave puise à l’intérieur de lui-même, constamment à la recherche de quelque chose: de son fils, d’espoir, de réponses ou de réconfort. Dans une année où la mort fut omniprésente et pendait au bout du nez de tout le monde, Skeleton Tree est l’œuvre qui m’a le plus ému et le plus touché. Des chansons qui laissent une trace et qui semblent s’être écrites toutes seules. Et à leur écoute, on est constamment confronté  à ce sentiment déchirant: on les adore, mais on souhaiterait que son auteur n’ait jamais eu à les écrire. Et dans les derniers instants, Cave tente de trouver une parcelle de lumière, toute petite soit-elle, pour lui donner la force de continuer. Skeleton Tree est le pouvoir que l’art donne pour se relever.   

1 – «Citizen of Glass» d’Agnes Obel – Suggestion d’Isabelle Lareau

Enchanteresse, Obel utilise à bon escient sa jolie voix qui est chaleureuse, bien qu’empreinte d’une certaine mélancolie. Les arrangements de cordes offrent un aspect triste et digne à la musique d’Agnes Obel, sans jamais tomber dans l’excès. Tout est bien équilibré sur ce disque. Le genre de musique à écouter lors d’une journée grise. Je dois admettre que la compositrice et pianiste danoise est l’une de mes belles découvertes de 2016, car (malheureusement) je ne la connaissais pas avant. Sons délicats et harmonieux, sa musique nous transporte et nous ouvre la porte aux rêves. Citizen Of Glass est son troisième album, mais il y a un petit quelque chose d’intemporel dans sa musique qui nous donne l’impression qu’elle ne vit pas dans le temps présent, mais dans un univers en parallèle. Obel explore sa réalité à elle, où l’onirisme l’emporte sur la réalité. 

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