«L’épopée musicale de…»: Scott Weiland, de Stone Temple Pilots à Velvet Revolver jusqu'à sa carrière solo – Bible urbaine

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«L’épopée musicale de…»: Scott Weiland, de Stone Temple Pilots à Velvet Revolver jusqu’à sa carrière solo

«L’épopée musicale de…»: Scott Weiland, de Stone Temple Pilots à Velvet Revolver jusqu’à sa carrière solo

Le rocker troublé, de l’imparfait au plus-que-parfait (ou presque)

Publié le 5 janvier 2026 par Jean-Benoit Perras Nolet

Crédit photo : Tous droits réservés @ Page Facebook de Scott Weiland

Le 3 décembre 2015, Scott Weiland poussait son dernier souffle. De son vivant, il n’a jamais été un artiste simple à cerner. Caméléon du rock alternatif, il a épousé, tout au long de sa carrière, différentes facettes: icône grunge, crooner glam, rock star affirmée, poète déchiré… Et, trop souvent, ses démons l’ont empêché d’atteindre son plein potentiel. Il a incarné la dualité de la scène rock des années 1990 entre animalité scénique et fragilité intime. Derrière les excès et les tragédies, il nous reste aujourd'hui les traces d'une discographie hyper dense à travers laquelle je vous propose de plonger (ou de replonger) pour souligner les dix années qui se sont écoulées depuis son départ.

14. Art of Anarchy – Art of Anarchy (2015)

Avant même que cet opus voie le jour, Scott Weiland s’en était d’emblée distancé, le qualifiant de projet sur commande plutôt qu’une véritable collaboration artistique digne de ce nom. Les autres membres du groupe ont rapidement réfuté cette version des faits, mais le résultat semble donner raison au chanteur, qui paraît ici désengagé et peu intéressé.

C’est un projet exempt de «l’âme weilandienne», qui n’a d’intérêt que pour assouvir la curiosité, point. Les compositions sont calibrées pour offrir un hard rock générique, et c’est à peu près tout. Le principal intéressé ne semblait pas souhaiter du tout que cet album soit entendu, alors il vaut peut-être mieux lui faire confiance et le mettre de côté.

Si vous tenez absolument à en écouter un extrait, je vous suggère d’écouter en priorité «Till the Dust is Gone», l’une des rares pièces où sa voix ressort du lot.

13. A Compilation of Scott Weiland Cover Songs (2011)

Prévue au départ comme projet d’accompagnement à son autobiographie, Not Dead & Not for Sale: A Memoir, cette collection de reprises a été lancée uniquement au format numérique et reste aujourd’hui plutôt difficile à se procurer.

Malheureusement (ou heureusement, c’est selon), rien sur cet album ne mérite qu’on fasse des pieds et des mains pour le dénicher à tout prix. C’est surtout un objet de curiosité pour les super fans du chanteur. Sur cet opus, on retrouve un lot de reprises de classiques avec un style élégant, mais qui sont souvent trop proche des originaux pour être réellement mémorables.

Certains morceaux peuvent être trouvés ailleurs, dont «Revolution» des Beatles, qui avait été enregistré par Stone Temple Pilots, et certains autres se retrouvent sur « Happy » in Galoshes

12. Blaster – Scott Weiland and the Wildabouts (2015)

Dernier opus sorti de son vivant, Blaster transpire la lassitude et l’abattement, et ce, malgré quelques riffs mordants d’efficacité.

C’est un album rock honnête, mais au sein duquel on ne retrouve pas le Weiland plus aventureux qui nous avait séduits sur ses projets solos précédents.

Sur le plan technique, il a été épaulé par de nouveaux comparses, The Wildabouts, avec qui il partage les crédits, ce qui peut expliquer ce changement de ton. Soyez-en assurés: vous ne confondrez pas ce nouveau groupe avec la musique de Stone Temple Pilots ou celle de Velvet Revolver, tellement le groupe ne possède ni le dynamisme ni la personnalité auxquels on a été habitué.

Ce n’est pas nécessairement mauvais, mais comme chant du cygne, on aurait espéré mieux.

11. Stone Temple Pilots – Stone Temple Pilots (2010)

Après presque dix ans de séparation, durant lesquelles se sont enchaînés l’aventure Velvet Revolver et un second effort en solo, Scott Weiland retrouve ses vieux camarades sur un disque soigné, plus groovy, mais qui manque parfois de ce feu sacré qui nous plaît tant.

«Between the Lines» est certes digne des succès passés, mais le reste de l’album, même si on y retrouve d’autres bons moments dans l’ensemble, reste plutôt sage et manque de mordant. On ne retrouve pas la tension créative qui faisait la force des premiers opus de Stone Temple Pilots.

Au final, cette brève réconciliation – en effet, les membres de Stone Temple Pilots se sont séparés de nouveau en 2012 – n’aura rien produit pour enrichir l’héritage du groupe, mais elle ne l’a pas entaché non plus, comme certaines reformations ont tendance à le faire.

10. Libertad – Velvet Revolver (2007)

Ce deuxième et ultime effort de Velvet Revolver n’aura pas eu le même impact que Contraband. Les musiciens demeurent excellents en tous points, et Weiland y livre de belles performances vocales. Or, la magie du premier disque s’évapore à travers une production beaucoup trop lisse. Il manque ici la rage et la spontanéité des débuts!

Cela dit, on y retrouve quelques bons moments, particulièrement lors de «She Builds Quick Machines» et «Get Out the Door», ainsi que quelques pièces très oubliables, telles que «Pills, Demons & Etc» ou «Just Sixteen».

Ce n’est pas une mauvaise écoute en soi, mais on ne ressent pas le besoin d’y revenir pour autant.

9. “Happy” in Galoshes (2008)

Alors que sa première escapade en solo aura permis à Scott Weiland d’explorer d’autres univers que ceux déjà conquis par Stone Temple Pilots, ce deuxième effort lui permet de se sortir enfin du moule établi par sa seconde formation, Velvet Revolver.

À travers ce disque, le chanteur américain se montre encore une fois plus ambitieux et éclectique, mais il s’avère davantage décousu que brillant, contrairement à ce que l’on avait pu trouver sur 12 Bar Blues. De fait, on y retrouve un mélange de glam et de pop psychédélique, avec une influence forte gracieuseté David Bowie (période seventies). Il offre d’ailleurs une version assez intéressante, mais qui reste loin d’être aussi mémorable que le succès «Fame».

Si l’œuvre témoigne d’une véritable curiosité artistique, elle s’avère plus fascinante que réussie.

8. Shangri-La Dee Da – Stone Temple Pilots (2001)

C’est bien l’œuvre la plus mature qu’a produite Stone Temple Pilots, mais, avec le recul, elle n’a pas eu le même impact que leurs efforts précédents. C’est un disque ambitieux, avec des arrangements complexes et une production riche. Weiland, inspiré par la naissance de son fils, dévoile une facette de lui à la fois intime et sincère. 

«Days of the Week» est probablement le titre le plus pop du quatuor, même qu’il est très accrocheur, mais ce n’est pas le plus représentatif de cet album, vu que ce dernier baigne plutôt dans la chaleur et la mélancolie.

Malgré ce sentiment de quiétude, le groupe s’est séparé dans la discorde la plus totale peu de temps après sa sortie, alors que le chanteur avait à cette époque renoué avec ses démons intérieurs. C’est donc un rare vestige d’une époque plus sereine dans la vie de l’artiste.

7. The Most Wonderful Time of the Year (2011)

Lorsqu’une rumeur a laissé entendre que Scott Weiland préparait un album de Noël, plusieurs ont sourcillé de perplexité. Il fait admettre que le rockeur n’est en effet pas le premier à qui l’on pense pour répandre la joie lors du temps des fêtes!

Or, ce disque de Noël n’était pas qu’une rumeur, puisqu’il a vu le jour en 2011. Et c’est même une proposition plutôt réussie! La plus grande surprise c’est clairement la direction musicale prise sur cet album, puisque Weiland a opté pour une proposition assez classique, rappelant davantage les disques de Noël de Frank Sinatra ou de Bing Crosby que des relectures rock.

Ce choix artistique nous a permis de découvrir un autre revers de la personnalité de Scott Weiland et de sa voix si singulière. C’est devenu, pour moi, un incontournable à écouter chaque mois de décembre.

6. No. 4 – Stone Temple Pilots (1999)

Après un détour en mode solo, Weiland revient avec Stone Temple Pilots sur leur album le plus brut à ce jour. D’ailleurs, la chanson «Down» donne le ton dès le départ. C’est un retour aux guitares lourdes après l’expérimentation plus glam sur Tiny Music.

Ici, la production est dense, les riffs sont massifs, mais dans l’ensemble, c’est parfois trop monolithique. C’est probablement le plus gros défaut de cet opus, qui n’offre par ailleurs pas les mêmes nuances que ses prédécesseurs.

Deux des moments les plus forts de l’album restent les deux pièces, douces et mélodieuses, que sont les succès «Sour Girl», ainsi que la très jolie «Atlanta» en clôture.

5. Contraband – Velvet Revolver (2004)

Voici l’album qui a prouvé hors de tout doute que Scott Weiland pouvait renaître de ses cendres!

Après des années plus difficiles passées aux côtés de Stone Temple Pilots, qui ont mené vers une séparation, de même que des combats contre la dépendance résultant souvent en échecs, la proposition de Slash, Matt Sorum et Duff McKagan, ex-Guns N’ Roses, de se joindre à leur nouveau projet, est arrivée à point.

La chimie avec le légendaire Slash est électrique, particulièrement sur les succès «Slither» et «Fall to Pieces», mais je dois admettre que toutes les chansons sont explosives. On y retrouve un mélange de hard rock et d’attitude punk se rapprochant des premiers efforts de leurs groupes respectifs.

Avec une production brute, des riffs acérés et un chanteur en pleine possession de ses moyens, Contraband est définitivement un disque qui a su redonner du souffle au hard rock mainstream.

4. Core – Stone Temple Pilots (1992)

À partir d’ici, nous avons maintenant de sérieux candidats qui ont chacun le potentiel de se disputer la première place de ce palmarès. Pour les fans de grunge, Core se trouverait probablement au sommet. 

Sur cet opus, on retrouve plusieurs hymnes générationnels, tels que «Plush», «Creep» ou «Sex Type Thing», qui sont devenus avec le temps des classiques indémodables.

Les mélodies sont fédératrices, la production est lourde, mais c’est la voix rageuse et lascive de Scott Weiland qui reste l’élément central. Dès le départ, «Dead & Bloated» donne le ton et demeure la carte de visite par excellence pour le groupe.

Sur leurs prochains efforts, le quatuor se montrera plus nuancé et réussira à se distancer du créneau grunge. Reste qu’on ne peut pas nier l’importance de Core, car, sans le succès de celui-ci, on ne parlerait pas du reste.

3. Purple – Stone Temple Pilots (1994)

Avec Purple, Stone Temple Pilots démontre qu’il n’est pas uniquement un groupe qui tente à tout prix de surfer sur la vague grunge, critique qui s’est avérée récurrente à leur endroit suite à la sortie de Core.

Plus mélodique et varié que son prédécesseur, l’album trouve un parfait équilibre entre puissance et poésie. On sent que le quatuor y a même trouvé sa véritable identité.

On retrouve çà et là plusieurs excellents morceaux, tels que «Meatplow», «Vasoline» et «Big Empty», et surtout «Interstate Love Song», probablement leur succès le plus marquant de tous les temps.

2. Tiny Music… Songs from the Vatican Gift Shop – Stone Temple Pilots (1996)

Voici l’œuvre la plus créative et audacieuse de Stone Temple Pilots, qui contient à la fois un mélange de glam, de rock psychédélique et de pop au sein d’une production lumineuse sur laquelle Weiland et ses complices sont au sommet de leur art.

À sa sortie, ce disque a dérouté les fans du groupe, mais, aujourd’hui, il est considéré comme l’élément phare leur ayant permis d’atteindre leur sommet artistique. Chaque morceau semble flotter entre rêve et désespoir.

Parmi les moments forts, on retrouve, bien sûr, les succès «Big Bang Baby, «Trippin’ on a Hole in a Paper Heart» et «Lady Picture Show», ainsi que la schizophrénique «Art School Girl» et la dansante «Tumble in the Rough». C’est un opus qui mérite d’être redécouvert (ou découvert, selon le cas!)

1. 12 Bar Blues (1998)

Pour son premier envol en solo, Scott Weiland s’est permis un véritable laboratoire sonore. Cet opus fait l’étalage d’un mélange d’art rock, de jazz cabaret déglingué et d’électro, avec des expérimentations vocales, des arrangements surprenants et même un featuring de Sheryl Crow à l’accordéon!

C’est un album dont on peut se délecter en entier, mais je me permets tout de même de souligner l’apport de la psychédélique «Barbarella», la plus pop «Mockingbird Girl» et, surtout, la majestueuse «Lady, Your Roof Brings Me Down», qui sont, pour moi, les moments phares de cet opus.

S’il n’a pas connu un grand succès commercial dès sa sortie, 12 Bar Blues est néanmoins devenu un disque culte pour ceux et celles qui aiment les artistes qui osent prendre des risques.

C’est en tout cas l’œuvre la plus essentielle pour mieux comprendre l’univers intérieur de Scott Weiland. C’est un autoportrait fracturé qui trouve sa beauté à travers ses imperfections.

Alors qu’il ne semble pas exister dans les voûtes des albums posthumes en grande quantité, il arrive encore qu’une nouvelle chanson de Scott Weiland se rende à nous de temps à autre. La plus récente, «If I Could Fly», est d’ailleurs sortie le 2 décembre dernier. À quand la prochaine? C’est à suivre…

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