LittératureL'entrevue éclair avec
Crédit photo : Édith Descôteaux
Nadine, comment vas-tu? Le temps passe si vite! Ça fait déjà un peu plus de trois ans qu’on a échangé la dernière fois! Tu te souviens, c’était à l’occasion de la sortie de ton premier recueil, À l’ombre des pulsars: deux suites poétiques en haïkus, grâce auquel, on l’espère du moins, t’a permis de passer à travers les deuils de ton amoureux, puis de celui de ta maman. Raconte-nous comment s’est passée cette première expérience d’écriture, et fais-nous part de quelques échos positifs que tu as reçus et qui t’ont fait du bien.
«La poésie est présente dans ma vie depuis l’adolescence. Il allait de soit que je ferais appel à cette forme d’expression pour accueillir, traiter et transcender ces épreuves. L’écriture, comme d’autres formes d’expressions artistiques, il me semble, offre l’heureuse possibilité de créer de nouveaux récits du réel.»
«Certaines personnes m’ont témoigné leur appréciation du recueil, mais un silence palpable a entouré la suite poétique traitant du suicide. Ce silence m’est révélateur alors qu’il dévoile à mes yeux l’inconfort qui marque encore le dialogue collectif lorsqu’il est question de suicide.»
Parle-nous brièvement de ton rapport à l’écriture et des bienfaits qu’elle t’apporte, maintenant qu’elle occupe une place centrale dans ta vie.
«L’écriture de poèmes est, selon moi, la tentative de sculpter le silence. À mes yeux, c’est le silence qui s’avère le plus important en poésie. Le silence d’entre les mots et «après» le poème. Un silence plein.»
Les Éditions David ont lancé, lors d’un 5 à 7 de lancement le jeudi 9 octobre, ton second recueil de haïkus, intitulé Pouponnières d’étoiles. À travers cette nouvelle suite poétique, tu abordes l’expérience de la grossesse, de l’accouchement et des premiers mois de vie d’un bébé. On devine donc que tu es devenue maman! Comment ça s’est passé, pour toi, cette toute nouvelle expérience de vie, et de quelle façon le haïku t’a permis d’y voir plus clair?
«L’écriture de poèmes permet de visiter les expériences de la vie réelle, de les traiter et de les traduire en de nouvelles narrations. C’est en cela que la poésie est à mes yeux une alliée.»

On tente notre chance: aurais-tu la gentillesse de partager avec nos lecteurs et lectrices quelques-uns des haïkus tirés de ce plus récent recueil, en nous expliquant, au passage, ce qu’ils symbolisent pour toi?
«Les haïkus de ce recueil traduisent une confusion des réalités. La lumière des étoiles est tout à la fois celle des bombes; le réel s’exprime à travers une lueur dont la lumière est à la fois celle du beau de la vie et de la laideur de la destruction.»
«C’est au cœur de cette dyslexie métaphorique que les haïkus s’articulent et prennent forme.»
lumière d’un phare
sa pulsation
illumine la neige
à travers les flocons
le battement d’un cœur
«Ça y est!»
arbrisseau
dans chaque poumon
poussent les bronches
une constellation de bombes
au plafond
elles scintillent
rue du pont
un univers en expansion
gît au sol
Qu’on se le dise, tu as toujours été une véritable passionnée de culture nippone: ton amour pour les haïkus en est une preuve évidente! Et il semblerait que tu as aussi animé des ateliers de langue japonaise! Ces temps-ci, à quoi occupes-tu tes temps libres, et quelles sont ces activités qui te font vibrer?
«Je me suis en effet intéressée pendant une bonne période à la langue et à la culture japonaise.»
«J’évolue maintenant dans d’autres espaces, mais porte pour le haïku une affection qui s’inscrit dans le temps.»



