«L'entrevue éclair avec...» Nadine Boucher, poétesse qui sculpte le silence à travers sa poésie – Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Nadine Boucher, poétesse qui sculpte le silence à travers sa poésie

«L’entrevue éclair avec…» Nadine Boucher, poétesse qui sculpte le silence à travers sa poésie

L’écriture ou la possibilité de créer de nouveaux récits du réel

Publié le 15 octobre 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : Édith Descôteaux

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd'hui, on a eu le plaisir de jaser une fois de plus avec la poétesse Nadine Boucher, qu'on avait rencontrée pour la première fois en mars 2022 au moment de la sortie de son premier recueil de poésie, «À l’ombre des pulsars: deux suites poétiques en haïkus». En ce 15 octobre, les Éditions David ont levé le voile sur sa plus récente œuvre, «Pouponnières d'étoiles», une nouvelle suite poétique à travers laquelle l'auteure revisite une expérience de vie qui lui est chère: la venue au monde d'un enfant.

Nadine, comment vas-tu? Le temps passe si vite! Ça fait déjà un peu plus de trois ans qu’on a échangé la dernière fois! Tu te souviens, c’était à l’occasion de la sortie de ton premier recueil, À l’ombre des pulsars: deux suites poétiques en haïkus, grâce auquel, on l’espère du moins, t’a permis de passer à travers les deuils de ton amoureux, puis de celui de ta maman. Raconte-nous comment s’est passée cette première expérience d’écriture, et fais-nous part de quelques échos positifs que tu as reçus et qui t’ont fait du bien.

«La poésie est présente dans ma vie depuis l’adolescence. Il allait de soit que je ferais appel à cette forme d’expression pour accueillir, traiter et transcender ces épreuves. L’écriture, comme d’autres formes d’expressions artistiques, il me semble, offre l’heureuse possibilité de créer de nouveaux récits du réel.»

«Certaines personnes m’ont témoigné leur appréciation du recueil, mais un silence palpable a entouré la suite poétique traitant du suicide. Ce silence m’est révélateur alors qu’il dévoile à mes yeux l’inconfort qui marque encore le dialogue collectif lorsqu’il est question de suicide.»

Parle-nous brièvement de ton rapport à l’écriture et des bienfaits qu’elle t’apporte, maintenant qu’elle occupe une place centrale dans ta vie.

«L’écriture de poèmes est, selon moi, la tentative de sculpter le silence. À mes yeux, c’est le silence qui s’avère le plus important en poésie. Le silence d’entre les mots et «après» le poème. Un silence plein.»

Les Éditions David ont lancé, lors d’un 5 à 7 de lancement le jeudi 9 octobre, ton second recueil de haïkus, intitulé Pouponnières d’étoiles. À travers cette nouvelle suite poétique, tu abordes l’expérience de la grossesse, de l’accouchement et des premiers mois de vie d’un bébé. On devine donc que tu es devenue maman! Comment ça s’est passé, pour toi, cette toute nouvelle expérience de vie, et de quelle façon le haïku t’a permis d’y voir plus clair?

«L’écriture de poèmes permet de visiter les expériences de la vie réelle, de les traiter et de les traduire en de nouvelles narrations. C’est en cela que la poésie est à mes yeux une alliée.»

On tente notre chance: aurais-tu la gentillesse de partager avec nos lecteurs et lectrices quelques-uns des haïkus tirés de ce plus récent recueil, en nous expliquant, au passage, ce qu’ils symbolisent pour toi?

«Les haïkus de ce recueil traduisent une confusion des réalités. La lumière des étoiles est tout à la fois celle des bombes; le réel s’exprime à travers une lueur dont la lumière est à la fois celle du beau de la vie et de la laideur de la destruction.»

«C’est au cœur de cette dyslexie métaphorique que les haïkus s’articulent et prennent forme.»

lumière d’un phare

sa pulsation

illumine la neige

 

à travers les flocons

le battement d’un cœur

«Ça y est!»

 

arbrisseau

dans chaque poumon

poussent les bronches

 

une constellation de bombes

au plafond

elles scintillent

 

rue du pont

un univers en expansion

gît au sol

Qu’on se le dise, tu as toujours été une véritable passionnée de culture nippone: ton amour pour les haïkus en est une preuve évidente! Et il semblerait que tu as aussi animé des ateliers de langue japonaise! Ces temps-ci, à quoi occupes-tu tes temps libres, et quelles sont ces activités qui te font vibrer?

«Je me suis en effet intéressée pendant une bonne période à la langue et à la culture japonaise.»

«J’évolue maintenant dans d’autres espaces, mais porte pour le haïku une affection qui s’inscrit dans le temps.»

Pouponnières d’étoiles de Nadine Boucher est présentement disponible en librairie  au coût de 19,95 $ (papier) et 11,99 $ (PDF ou ePub). Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions David.

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