«L'entrevue éclair avec...» Catherine Ferland, historienne accomplie et électron libre – Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Catherine Ferland, historienne accomplie et électron libre

«L’entrevue éclair avec…» Catherine Ferland, historienne accomplie et électron libre

«À boire!», un ouvrage documenté et pétillant comme du champagne!

Publié le 1 octobre 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : Éric Dussault

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd'hui, on a eu le plaisir de jaser une fois de plus avec l'historienne Catherine Ferland, qui n'a pas son pareil pour vulgariser l'histoire à un public féru et toujours au rendez-vous. L'opportunité d'échanger s'est présentée à nouveau, puisque Les éditions du Septentrion ont récemment dévoilé son plus récent essai, «À boire! Alcools et buveurs, 16e-21e siècles», un ouvrage qui relate la fabuleuse histoire de ces boissons consommées par les Québécois et Québécoises depuis quatre siècles, déjà! Préparez-vous à voir vos sens s'éveiller et votre soif vous réclamer: «À boire»!

Catherine, c’est un bonheur de te retrouver pour une autre jasette qui s’annonce déjà fort sympathique et instructive! En 2021, si tu te rappelles bien, on avait fait connaissance autour de ton livre Les biscuits Leclerc: une histoire de cœur et de pépites (Les éditions du Septentrion), et, deux ans plus tard, on se croisait à nouveau pour jaser des Rendez-vous d’histoire de Québec, que tu as fondés en 2018, avant d’en devenir la directrice générale en 2020. Depuis, où t’a donc mené ton insatiable soif pour l’histoire? Raconte-nous ça: on a du rattrapage à faire!

«Ah oui, ça a bien bougé ces derniers temps! Tout d’abord, en décembre 2023, j’ai décidé de laisser la direction des Rendez-vous d’histoire de Québec aux mains d’une nouvelle équipe. Après plusieurs années à la barre de ce magnifique projet, je souhaitais avoir plus de temps pour développer ma carrière d’autrice et de communicatrice. Je n’ai pas cessé d’organiser divers événements pour autant!»

«Je poursuis mon mandat de programmatrice culturelle auprès du Musée de la civilisation en organisant les Cafés historiques une fois par mois. J’anime aussi, avec mon conjoint, l’historien Éric Dussault, la série des Causeries historiques à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, tous les troisièmes jeudis du mois.»

«Et j’ai mille autres projets ici et là: des collaborations avec des maisons de production, des mandats d’expertise en histoire et patrimoine pour divers organismes…»

Ça paraît que tu t’investis corps et âme dans tous tes projets! Non seulement ta passion pour l’histoire t’a permis d’investir l’espace public depuis plusieurs années – bon nombre de nos lecteurs et lectrices te connaissent sûrement déjà pour t’avoir entendue ou remarquée à la radio ou à la télévision – mais tu as également écrit cinq essais pour adultes, de 2010 à 2025, ainsi que six livres jeunesse, dont les trois premiers tomes de la série de romans historiques Les filles de Guillemette. Et ça, c’est sans compter les nombreux articles que tu as signés dans des journaux et revues! Quel rapport as-tu avec l’écriture, et comment le choix d’un thème ou l’inspiration créative te vient-il en tête?

«Mon rapport à l’écriture est à l’image du rapport que j’ai avec les gens qui m’entourent: parfois, tout se passe de manière fluide et les mots viennent tout seuls, parfois la communication est plus difficile et requiert davantage de circonspection.»

«Bien sûr, il faut donner une chance au processus de se mettre en place, s’accorder du temps pour écrire, mais au fil des ans, j’ai compris que le contexte rédactionnel idéal n’existe pas: l’inspiration peut venir pendant que je relaxe dehors en écoutant les oiseaux, tout aussi bien que pendant un trajet en autobus ou en métro… ou à la faveur d’une insomnie à 4 h du matin.»

«Je saisis donc ces moments lorsqu’ils passent, quand c’est possible, ou bien je prends au moins une note mentale pour y revenir lorsque le contexte est favorable.»

À l’occasion de la rentrée d’automne des éditions du Septentrion, on a eu le plaisir de découvrir que tu signais un tout nouveau livre! Intitulé À boire! Alcools et buveurs, 16e-21e siècles, cet ouvrage de 168 pages qui relate la fascinante histoire de ces «boissons qui ont arrosé les gosiers des Québécois et Québécoises au cours des quatre derniers siècles», et dont tu as déjà parlé lors de tes interventions à l’émission Aujourd’hui l’histoire. Dans cet essai, tu as choisi de regrouper sept alcools – le cidre, les alcools maison, la bière, le vin, l’eau-de-vie, l’absinthe et le champagne – sous sept thématiques. Dis-nous ce qui t’a motivé à te lancer dans ce projet d’écriture, et surtout ce que tu réserves aux papilles de nos lecteurs au fil des pages!

«Je dirige la collection Aujourd’hui l’histoire depuis 2021. Il y avait déjà un petit moment qu’on me demandait d’y publier moi-même, mais je préférais valoriser le travail des autres. En quatre ans, j’ai eu le privilège d’accompagner une dizaine d’autrices et d’auteurs sur des sujets aussi diversifiés que les guerres mondiales, les Croisades, la littérature au 19e siècle, les grandes affaires politico-judiciaires du Québec, ou encore l’histoire de Paris!»

«C’est en avril dernier, en plein Salon du livre de Québec, que mes collègues des éditions du Septentrion m’ont lancé le défi d’écrire sur les boissons… afin d’avoir un ouvrage prêt pour les salons de l’automne. Ouf! Je me suis donc attelée à la tâche et, grâce aux notes accumulées au fil des ans, aux recherches complémentaires et aussi aux encouragements de mon amoureux, j’ai réussi à relever le défi.»

«Je suis très contente du résultat, car À boire! est vraiment à l’image de ma propre approche de l’histoire: le fond est solide, bien documenté, mais la forme est pétillante et facile à absorber. Comme du champagne!»

D’après toi, qu’est-ce qui fait la force de cet ouvrage, et qu’est-ce que nos lecteurs et lectrices retiendront le plus de leur lecture, un coup le livre refermé?

«L’histoire des boissons et des buveurs est un superbe prétexte pour revisiter les grandes périodes du passé. Des phénomènes plus larges, comme l’industrialisation et la mondialisation, ont une influence directe sur la manière dont les gens choisissent leurs boissons et avec qui ils les boivent.»

«En plus de replacer tout ça dans la longue durée, mon livre permet d’apprendre des anecdotes savoureuses, des choses étonnantes, parfois choquantes et souvent amusantes. Je pense notamment à la veuve Clicquot qui, en 1855, écrit à son commis basé au Québec pour mieux connaître les goûts de la clientèle locale et faire préparer des champagnes plus doux, autrement dit sucrés, pour répondre à ces goûts!»

«Je pense aussi à la saga entourant le cidre, qui avait été oublié en 1921 dans la Loi sur les liqueurs alcooliques, aux débats entourant l’admission des femmes dans les tavernes au tournant des années 1970, ou encore au caribou, que la SAQ a tenté de s’approprier en faisant interdire celui produit par un célèbre commerçant de Québec…»

Avec toi, une surprise n’attend pas l’autre: as-tu déjà une petite idée des projets auxquels tu participeras très prochainement? En tout cas, on espère pouvoir poursuivre la discussion dans un futur proche, et pourquoi pas autour d’une délicieuse boisson spécialement choisie… par toi? À une prochaine!

«Ah, ah, ah! J’ai effectivement toujours plein de projets et j’adore ça! Il y a quelques années, Denis Vaugeois m’a surnommée l’historienne libre et ça correspond très bien à ma réalité. Par exemple, ces temps-ci, j’ai des mandats pour le futur Musée national de l’histoire du Québec, je conseille India Desjardins et sa maison de production pour un film qui est en tournage, j’anime une chronique d’histoire gourmande à l’émission Sur le vif à Radio-Canada Gatineau, des conférences planifiées dans plusieurs régions du Québec… Ça bouge!»

«Mais le dénominateur commun de tout ça, c’est le plaisir de partager ma passion de l’histoire. Merci pour cet entretien, et bon automne!»

À boire! Alcools et buveurs, 16e-21e siècles de Catherine Ferland est présentement disponible en librairie  au coût de 19,95 $ (papier) et 9,95 $ (PDF ou ePub). Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec Les éditions du Septentrion.

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