Le roman psychologique «La chute» de Shari Low et Ross King – Bible urbaine

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Le roman psychologique «La chute» de Shari Low et Ross King

Le roman psychologique «La chute» de Shari Low et Ross King

Une histoire envoûtante où le glamour flirte avec scandales et tromperies

Publié le 13 mars 2026 par Éric Dumais

Crédit photo : City @ Tous droits réservés

Dès l’adolescence, Mirren McLean, Davie Johnston et Zander Leith sont unis par le sceau d’une amitié indéfectible. Ayant grandi dans les quartiers pauvres de Glasgow, en Écosse, ils ont tous caressé le fantasme de quitter cette existence de misère pour un avenir plus prometteur. Leur rêve a fini par devenir réalité, puisque Hollywood a souhaité adapter Brutal Circles, le roman à succès que Mirren a écrit. Ainsi, les trois inséparables ont fini par devenir, de fil en aiguille, des figures de proue du septième art, jusqu’à atteindre le rang de stars adulées lors de la cérémonie des Oscars. Or, sous le vernis du glamour se cache une terrible vérité qui ira jusqu’à briser les solides chaînes de leur amitié.

«Au début, quand ils étaient arrivés à Los Angeles, ils avaient tenté d’agir comme avant, de s’aimer, de protéger ce qu’ils avaient. Mais les ombres étaient trop épaisses.»

La dernière fois que Mirren, Davie et Zander ont été aperçus ensemble, c’est en tenue de soirée le 29 mars 1993 lors de la 65e cérémonie des Oscars.

Ce soir-là, leur film Brutal Circles, qui raconte «la douloureuse histoire d’une vie née dans la violence, vécue dans la violence, écourtée par la violence», était en lice dans la catégorie du Meilleur scénario original aux côtés de grosses pointures, comme Woody Allen, John Sayles et Clint Eastwood, entre autres.

«Et le gagnant est…» Brutal Circles!

Ça y est. Cette gloire dont il rêvait tant est enfin à portée de main.

Malgré les mains d’applaudissements, les salves d’acclamations, un discours bien huilé – gagner un Oscar dans la jeune vingtaine, il faut le faire! – et les caméras dévoilant aux personnes les plus influentes de l’industrie du cinéma les trois visages méritants, il se cache, comme tapie dans l’ombre, une amertume dont on ignore la source. Un secret dont on ignore la teneur. Une haine qui n’a pas lieu d’être et qui, pourtant, est bien là, dans cette façon que Mirren, Davie et Zander ont de s’éviter.

Une longue ellipse de vingt ans nous propulse ensuite en 2013, comme si la cérémonie des Oscars n’était plus qu’un vague souvenir, à l’époque présente où se déroule la trame principale du récit. Nous rencontrons individuellement les trois anciens amis dans leur nouvelle vie, où le soleil exacerbe les désirs les plus fous et où l’opulence flirte avec la démesure.

Davie Johnston, comme à son habitude, jongle avec le business et les plaisirs, tout en profitant de la piscine du Beverly Wilshire Hotel. Il est devenu le riche producteur de trois des émissions de téléréalités les plus regardées au pays.

Au rez-de-chaussée du même hôtel, son ex-amie Mirren McLean, mariée depuis dix-neuf ans au producteur et réalisateur Jack Gore, mère aimante de deux enfants, est quant à elle devenue une scénariste d’exception, comme en fait foi sa rencontre imminente avec Paul Bonetti, le producteur légendaire.

Shari Low et Ross King. Photo: Tous droits réservés

Et Zander Leith, lui? Il est au septième étage, chambre 731. C’est l’outsider du trio d’enfance. De nature calme et posée, il reste pourtant dur à déchiffrer. Même ceux qui le connaissent ont bien du mal à réellement savoir ce qu’il pense. Aujourd’hui acteur, avec son mètre quatre-vingt-huit, sa mâchoire carrée et son sex appeal d’enfer, il ne laisse aucune femme indifférente.

Ni même cette journaliste sexy à qui il a laissé son numéro à la fin de l’interview, tout en demandant que ce passage soit retiré du montage. Bien évidemment, la jeune femme ne lui dit pas non.

«Parce que personne ne dit jamais non à Hollywood».

Jusqu’ici, et même si leurs existences ont emprunté des chemins différents, tout semble aller dans le droit chemin, comme si on leur déroulait le tapis rouge au quotidien. Ils vivent à Los Angeles, terre promise du septième art et du vedettariat, ils sont beaux, talentueux, et influents, et surtout, ils sont riches. Très riches.

Mais un terrible secret – et l’évocation d’un nom, Jono Leith –, les empêchent de se sentir totalement libres.

Un jour, une journaliste du nom de Sarah, vivant à Glasgow, vient fouiller dans leur passé pour tenter d’y voir plus clair. Visiblement, cette personne désire les faire tomber de leur piédestal…

Le théâtre d’une tragédie humaine

Écrit à quatre mains par Shari Low et Ross King, deux personnalités vedettes aux États-Unis, La chute est un roman psychologique captivant, à l’image du faux-semblant hollywoodien: sous le masque de la célébrité se terrent des traumatismes ayant été refoulés pour éviter de fragiliser la façade.

Et si Mirren, Davie et Zander nous paraissent si réels, c’est qu’ils sont justement l’incarnation d’humains fragilisés par les souvenirs d’un passé violent qu’ils ont préféré enterrer six pieds sous terre, de peur de sombrer dans la dépression ou la folie, ou pire encore.

Au fil du récit, chaque chapitre est rythmé par le titre d’un air connu, d’Adele à U2, d’Aerosmith à The Who, qui agit à titre de clin d’œil au thème qui parcourt la trame narrative à ce moment-là. Et les aller-retour entre les différentes époques clés du récit servent à dynamiser le rythme de croisière, tout en retardant le moment où la vérité explosera, quitte à faire des dégâts derrière elle.

«Ils étaient allés trop loin, ils souffraient trop. De l’eau avait coulé sous les ponts, une eau prête à les engloutir à tout moment, et ils le savaient tous.»

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