«Dans la peau de...» Simon Lafrance, écrivain, illustrateur, formateur et p'tit comique à ses heures – Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Simon Lafrance, écrivain, illustrateur, formateur et p’tit comique à ses heures

«Dans la peau de…» Simon Lafrance, écrivain, illustrateur, formateur et p’tit comique à ses heures

«Racaille», un roman jeunesse qui se savoure aussi vite qu'un espresso

Publié le 20 novembre 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : Justine Latour

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Aujourd’hui, on a été bien heureux de reprendre le contact avec l'auteur Simon Lafrance, avec qui on n'avait pas jasé depuis 2015! On avait du rattrapage à faire. Depuis, plusieurs livres ont été publiés – dont les trois tomes de sa série «Prochain arrêt» – et, en plus, les Éditions Hurtubise ont récemment fait paraître en librairie «Racaille», son nouveau roman jeunesse. Alors, on rattrape ce temps perdu? Allez, c'est parti!

Cher Simon, comment ça va? Tu sais qu’on ne t’a jamais oublié, n’est-ce pas? En 2015, tu as écrit quelques articles pour nous, et en 2016, alors que tu nous as fait tes adieux, on publiait une entrevue «Dans la peau de…» pour souligner la sortie de ton premier roman, intitulé Comment j’ai appris à tuer. À travers cet entretien cocasse, tu as entre autres déclaré, et ça nous a bien fait rire, «J’aime pas ça le mot écrivain. Ça sonne frais chié!» Avec dix années d’expérience derrière la cravate, et une douzaine de romans publiés, es-tu rendu frais chié, finalement?

«Ha, ha! Éric et sa Bible, je ne vous ai pas oubliés non plus!»

«Eh oui, complètement frais chié. Hé, hé. Plus sérieusement, je pense que ça va, auteur ou écrivain. Romancier a son petit quelque chose aussi. Le point était peut-être, pour moi, de forger plus qu’une épée avant de me proclamer forgeron!»

D’après ton site Web – qui est fort joli en passant –, on peut lire en Times New Roman, taille 64, avec du gras, s’il vous plaît!, que tu es auteur, illustrateur et formateur. En effet, tu offres du soutien à l’écriture sous la forme de formations et d’accompagnement. Dis-nous donc: qu’est-ce qui t’a motivé (à part l’aspect financier, on s’entend!) à vouloir venir en aide à des apprentis auteurs qui rencontrent des difficultés, que ce soit le syndrome de la page blanche, ou encore des problèmes de structure et de rythme?

«Bah! Il y a eu une époque, avant de me lancer dans l’écriture, où je me destinais à une vie de prof. J’ai toujours aimé le partage. Et il y a beaucoup de ces notions très techniques qu’on n’ose pas aborder partout en littérature, comme si on avait peur d’égratigner le petit vernis mystique qu’on associe à cet art.»

«Mais il y a de vraies méthodes tangibles derrière un texte, comme en peinture, en musique ou au cinéma. Les partager aux amateurs rend la chose beaucoup plus accessible, un peu moins intimidante. C’est un très beau sentiment que celui de voir un étudiant publier son premier roman!»

En tout cas, tu n’as visiblement pas perdu la main, puisque les Éditions Hurtubise, le 2 octobre dernier, ont levé le voile sur ton plus récent roman, qui s’intitule Racaille. Dans ce livre destiné aux 12 ans et plus, on fait la connaissance d’un bien drôle d’oiseau: Élias Boutin. Cet ado de 15 ans, qui est un vrai petit magouilleur en chef, ne manque pas d’idées pour gagner de l’argent rapidement. Son but ultime? Posséder le meilleur ordi de gamer qui soit (et, accessoirement, aider financièrement sa maman qui travaille trop à son goût). Pour ce faire, il va notamment fonder, avec l’aide de quatre élèves de sa classe d’adapt’, une fausse œuvre de charité pour en détourner les fonds, tout en trahissant ceux qui se sont impliqués dans son projet… D’où t’est venue l’inspiration pour cette histoire flyée?

«Ça me vient en partie de mon frère, qui ne l’a pas eu facile à l’époque. Les temps changent, les écoles ont plus de ressources, plus de groupes adaptés, justement, mais je visite entre 200 et 300 classes par année et je constate qu’il y aura toujours de ces gars dans le fond du local (et de ces filles, quoique) à qui on permet de lentement se déconnecter, pourvu qu’ils ne dérangent pas

«Mais comment les blâmer de se désintéresser de la lecture et de l’école si la lecture et l’école ne s’intéressent pas à eux? C’est différent en adaptation scolaire, mais plusieurs de ces élèves m’ont parlé d’une certaine aliénation aussi, dans notre beau système à trois vitesses… *tousse*.»

«Alors voilà! J’ai voulu écriture un livre qui pourrait leur plaire. Sans les juger ni leur taper sur les doigts.»

À travers ce récit court et drôle qui se savoure aussi vite qu’un espresso, tu as tenté, en accordant une place de choix à des thématiques qui résonnent, tels que la persévérance, le travail et la marginalité, d’interpeler les jeunes, plus particulièrement les adolescents, pour les motiver à prendre goût à la lecture. Dans un monde où la majorité des gens ne lisent que les gros titres des articles d’information et où l’IA de ChatGPT arrive avec ses gros sabots pour aider et nuire, c’est selon, où se situe le système de valeurs de Simon Lafrance, dans tout ça?

«Pars-moé pas là-dessus! Je pense que l’humain est une belle contradiction. On invente des outils pour nous sauver du travail, mais tu sais ce qu’on dit: il n’y pas mieux pour tuer un homme que de le payer à rien faire. Alors, je pars de là: le sens du travail. La fierté que ça t’apporte, le sentiment de progresser. D’accomplir quelque chose. Oui, comme auteur, avec l’IA, je pourrais maintenant publier trois livres par jour, faire la piastre, me payer une piscine… mais il où le plaisir?»

«Moi qui, chaque année, prends encore quelques élèves sous mon aile en tutorat académique, je ne me gêne pas pour utiliser l’IA avec eux. Mais toujours de manière à développer la pensée, pas pour la remplacer.»

Toi qui ne manques jamais d’idées – la preuve, tu as tellement l’imagination en constante ébullition que tu dois venir en aide aux autres pour éviter les débordements! – si on te mettait au défi de nous raconter, en quelques lignes, une idée pour un futur roman, qu’est-ce qui te vient à l’esprit comme synopsis, là maintenant? Promis juré, tu n’as aucune obligation d’en faire un prochain roman! ;-)

«Eh bien, quand les Éditions Hurtubise m’ont approché avec l’idée que j’écrive un roman jeunesse, je travaillais déjà sur un roman adulte, un peu plus costaud, qui aborde justement les thèmes de la masculinité toxique et des jeunes hommes en déroute, les féminicides.»

«Je n’en dirai pas trop sur l’intrigue, mais je me suis lancé le défi de vous faire tomber en amour avec l’un de ces garçons amochés, tout fier d’être enfin revenu sur le droit chemin… avant que le duct tape sur son cœur ne se déchire de nouveau.»

Racaille de Simon Lafrance, publié aux Éditions Hurtubise, est actuellement en vente dans une librairie près de chez vous au coût de 17,95 $ (papier) ou 12,99 $ (PDF et ePub). Et pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions Hurtubise.

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