LittératureDans la peau de
Crédit photo : Julie Artacho
Gabrielle, bonjour! On est très heureux de faire ta connaissance! Autrice, bibliothécaire et maman, tu as toujours été passionnée par les histoires. Tellement, que tu t’es donné comme mission de transmettre cette passion pour les livres aux petits comme aux grands. À quel moment, dans ta prime jeunesse, es-tu tombée en amour avec la littérature, et quels sont les auteurs et autrices qui ont forgé, par la puissance de leur imagination, la personne que tu es devenue aujourd’hui?
«Ma mère travaillait en bibliothèque, alors j’ai baigné dans le monde des livres plutôt jeune. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé lire ou me faire lire des histoires. J’adorais les romans de La courte échelle, surtout ceux de Denis Côté. Je pense que je les ai tous lus. Je me souviens avoir lu plusieurs fois Les prédateurs de l’ombre, car j’étais fasciné par les extraterrestres. Je me souviens de l’ambiance mystérieuse de l’histoire.»
«Les premières courtes histoires que j’ai écrites étaient destinées à mes amies qui aimaient se faire peur. Ensuite, je me souviens avoir été marquée par la série Marie-Tempête de Dominique Demers et Quatre filles et un jeans d’Ann Brashares. Ces romans m’ont fait vivre beaucoup d’émotions, ça me rejoignait en tant qu’adolescente.»
«Ces auteurices ont un grand talent pour captiver les lecteurs et lectrices. J’ai aussi été transportée par la série À la croisée des mondes de Philip Pullman pour son univers foisonnant.»
Le 19 mars, les Éditions Hurtubise ont dévoilé, après un roman adulte (Cœurs de papier, Saint-Jean Éditeur) et un roman jeune adulte (Un ciel sans étoiles, Lux&Nox, ta toute première publication jeunesse, Les constellations de Daphnée, un livre qui s’adresse aux 12 ans et plus et à travers lequel tu explores, avec humour et légèreté, les thèmes du deuil, la perte de repères, les secrets familiaux, les tensions entre les proches et, bien sûr, l’amour. Comment est né le personnage de Daphnée, cette adolescente de 14 ans qui, à ce qu’on dit, n’a pas la langue dans sa poche?
«Le personnage de Daphnée est né dans mon esprit, car j’avais envie de mettre en scène une héroïne d’adolescente à la personnalité forte et avec de la détermination. Et j’ai eu envie d’écrire pour les plus jeunes, parce que c’est un public que j’aime, et c’est un moment de la vie riche en possibilités et en émotions.»
«Daphnée est une justicière, elle défend ceux qui vivent de l’injustice ou se font intimider. Je suppose que c’est parce que je ne supporte pas les persécutions. Daphnée ferait tout pour ses amis. Je crois que j’ai aussi pensé un peu à ma fille en l’écrivant, bien qu’elle soit plus jeune. Puis, je dirais que Daphnée a mon sens de l’humour.»
«J’avais aussi envie de mettre en scène une belle relation entre une jeune fille et sa grand-mère.»

Entre le décès de sa grand-maman adorée, qu’elle surnommait sa «Grande Ourse», son déménagement dans la petite ville de son aïeule, où sa mère a hérité de son café-librairie et où de nombreux souvenirs doux-amers refont surface, sans oublier sa nouvelle école de banlieue, Daphnée vit de nombreux chamboulements en très peu de temps! Comment l’adolescente va-t-elle tirer son épingle de jeu pour affronter les aléas de la vie avec l’entrain qu’on lui connaît?
«Dans un premier temps, elle n’a pas envie d’affronter ces changements, elle refuse de s’intégrer. Elle est en colère contre sa mère qui l’a déracinée. Elle aura besoin de prendre du recul pour parvenir à comprendre les motivations de celle-ci. Heureusement, à sa nouvelle école, elle va rencontrer Alex, avec qui elle va rapidement se lier d’amitié. Cela lui permettra lentement de faire sa place dans cette nouvelle ville et de créer de nouveaux repères.»
«C’est aussi lorsqu’une professeure dévouée leur proposera un projet de court-métrage que l’enthousiasme et la passion de Daphnée se réveilleront. Une bande d’amis va se former autour du projet et elle ne sera plus seule. Par petites bouchées, elle réapprivoisera ses souvenirs et découvrira de nouvelles choses sur sa mamie.»
«Je ne veux pas trop en dire sur l’histoire, mais il y aura aussi la naissance de premiers sentiments amoureux.»
Imagine un instant: un∙e adolescent∙e se rend à la bibliothèque où tu travailles et te demande où se trouve le livre Les constellations de Daphnée parmi les rayons, et s’il vaut vraiment la peine d’être lu? Comment réagirais-tu sur le moment, et que lui répondrais-tu exactement?
«Cela me toucherait beaucoup qu’une telle situation se produise! Je me ferais une joie de lui montrer où le roman se trouve et de lui parler de mon univers. Je lui confierais être l’auteure du livre et je prendrais le temps de répondre à ses questions, si elle en a.»
«J’ai hâte de rencontrer des jeunes dans les salons du livre. Je ne suis pas la meilleure vendeuse de mes propres écrits, mais je pourrais lui parler des thèmes qui se trouvent dans le roman et de la façon dont c’est écrit. Je lui dirais que ça parle de deuil, mais sans être lourd. J’ai voulu faire un roman lumineux et doux.»
«Je lui dirais qu’on y aborde plusieurs thématiques qui pourraient la rejoindre, telles que: l’amitié, le premier amour, l’école secondaire, l’intimidation. Je lui dirais que Daphnée a beaucoup d’humour, qu’elle est badass, à sa manière, et déterminée.»
Et alors, toi qui as écrit trois romans, dont ce premier destiné à un public jeune, comment as-tu vécu cette expérience? On l’avoue, on est bien curieux de savoir si tu as eu la piqûre et si on peut déjà espérer te revoir très prochainement sur la scène jeunesse avec un tout nouveau? Allez, à une prochaine!
«Oui, depuis le premier, j’ai absolument eu la piqûre et je ne peux plus m’arrêter. J’ai mis du temps à oser écrire un premier roman et à l’envoyer à des maisons d’édition, mais maintenant que c’est fait, je continue.»
«J’adore écrire, créer des univers, des personnages et des histoires, c’est un énorme pouvoir qui se retrouve entre nos mains. Tant que les maisons d’édition voudront publier mes romans et que des lecteurs et lectrices auront envie de les lire, je continuerai. Je m’évade moi-même en écrivant et je trouve toutes les étapes de la création d’un roman enrichissante.»
«J’ai un roman pour les adultes dont le titre est Rue des souvenirs marquants qui sortira le 20 mai chez Saint-Jean. J’ai grand espoir de pouvoir continuer à écrire pour la jeunesse.»



