CinémaCritiques de films
Crédit photo : Universal Pictures
Lorsque des artefacts précieux disparaissent, le groupe se retrouve plongé dans l’action, les entrainant dans une suite d’aventures hautes en adrénaline et en rires.
Ce nouvel opus de la franchise d’animation de DreamWorks marque le retour de Pierre Perifel à la réalisation, cette fois accompagné de JP Sans à la codirection.

Photo: Universal Pictures
Une suite encore plus rythmée
Le statut de suite donne à Les Méchants 2 une plus grande liberté. En effet, les spectateurs connaissent déjà l’équipe hétéroclite d’animaux anthropomorphiques. Leur dynamique de groupe et leurs tempéraments sont déjà bien établis. Le récit peut donc se concentrer sur l’action et l’humour bien campés, tout en introduisant de nouveaux personnages hauts en couleur.
Le trio de super-vilaines est une merveilleuse addition. Doom (Natasha Lyonne), Pigtail Petrova (Maria Bakalova) et Kitty Kat (Danielle Brooks) sont intéressantes autant en tant qu’équipe qu’individuellement. Leurs interactions avec les Méchants donnent lieu à des rapports de force riches et pleins de retournements.
Elles sont aussi attachantes que redoutables.
Pleins phares sur l’action
L’action est le point fort du film. The Bad Guys 2 est inspiré des grands blockbusters d’été, notamment la série Mission: Impossible. Le long métrage ouvre sur une scène d’action délirante qui rappelle immédiatement la franchise de Tom Cruise, mais avec des cascades encore plus farfelues. Une vidéo promotionnelle sous forme de faux making-of animé souligne cette inspiration, prétendant absurdement que les protagonistes animaux ont réalisé leurs propres cascades à l’instar du célèbre acteur.
The Bad Guys 2 se distingue en prenant un malin plaisir à tirer profit des avantages propres à l’animation. L’équipe d’animaux anthropomorphiques exploite leurs morphologies animales pour accomplir leurs missions, produisant des séquences d’action inventives et surprenantes.
Là où un film en prises de vues réelles doit s’en tenir à un minimum de réalisme pour éviter de perdre le spectateur, l’animation permet d’aller plus grand, plus impressionnant, plus drôle. Les Méchants peuvent ainsi courir sur une fusée en plein décollage, ce qu’il serait difficile de faire en prises de vues réelles sans perdre toute crédibilité.

Photo: Universal Pictures
Le long métrage capitalise remarquablement sur la liberté offerte par l’animation. Du Caire à l’espace, en passant par une infiltration de mariage, les scènes d’action sont variées, exagérées et toujours intéressantes. Les silhouettes peuvent être contrôlées au pixel prêt, créant des plans dynamiques d’une précision élégante.
Une efficacité dans tous les aspects
Un dialogue mordant, combiné à cette action délirante, contribue grandement à l’humour. Bien que beaucoup des blagues soient à la portée de tous, les adultes apprécieront particulièrement l’aspect parodique et désinvolte du film.
Le scénario est également extrêmement bien ficelé: aucune minute n’est superflue. Il y a fréquemment des revirements de situation gardant le spectateur en haleine.
Les effets spéciaux 2D, les moments de réactions inspirés des anime japonais et le choix judicieux de plans ajoutent un vernis supplémentaire, octroyant au style un caractère unique. Solide, original et dynamique, The Bad Guys 2 est l’un des blockbusters animés les plus divertissants des dernières années.
La fin se prêtant à des aventures encore plus grandioses, il ne reste qu’à espérer que l’équipe sera de retour pour The Bad Guys 3.
Du talent canadien à l’écran: une nouvelle ère pour l’animation américaine?
Une portion significative de The Bad Guys 2 a été confiée à un partenaire externe à DreamWorks. En effet, autour de 20% des plans ainsi que plusieurs assets (objets, personnages et décors du film) ont été produits par Sony Imageworks.

Photo: Universal Pictures
Les sièges sociaux de Sony Imageworks sont au Canada (à Vancouver et à Montréal). La compagnie peut ainsi se prévaloir des crédits d’impôt offerts par la Colombie-Britannique et le Québec pour les productions audiovisuelles, ainsi que profiter d’un coût de main-d’œuvre inférieur à celui de la Californie, où est situé DreamWorks.
The Bad Guys 2 avait pour mission d’être plus explosif que son prédécesseur, sans pour autant jouir d’un budget grandement supérieur. Il est certain que la décision de collaborer avec Sony Imageworks était une stratégie pour parvenir à cette fin.
Produire hors des États-Unis est de plus en plus prévalent parmi les gros joueurs en animation. La pandémie, suivie par les grèves du syndicat des acteurs (SAG-AFTRA) et du syndicat des scénaristes (WGA), ont impacté significativement les productions cinématographiques américaines. Disney, notamment, vient d’obtenir un succès retentissant avec Moana 2, premier long métrage destiné aux cinémas produit en collaboration avec leur nouveau studio satellite à Vancouver.
Du côté de DreamWorks, l’échec massif au box-office de Ruby Gillman, la jeune Kraken (2023) semble avoir été un coup dur pour le studio. La compagnie a subséquemment renvoyé plusieurs dizaines d’employés et a annoncé sa stratégie de prioriser des films réalisés en partenariats avec des sous-traitants plutôt que de miser sur ceux créés exclusivement sur son propre campus.
Dans le cas de The Bad Guys 2, ce compromis budgétaire n’affecte nullement la qualité visuelle. Au contraire, le pari est réussi: la suite surpasse en effet son prédécesseur étant plus ambitieuse et plus extravagante que l’original.
Le changement de studio passe totalement inaperçu. Impossible d’affirmer avec certitude quelle séquence a été réalisée par quel studio, à moins d’obtenir la confirmation de l’équipe. Lors d’une entrevue avec Collider, les directeurs ont révélé que la scène Lucha Libre est l’une des séquences qui a été réalisée par Sony ImageWorks.
L’animation est particulièrement réussie durant ces plans très dynamiques.
L’industrie de l’animation est en plein changement, et Les Méchants 2 est un exemple foudroyant que cette réinvention peut être bénéfique. Entre rigueur scénaristique, humour effervescent et action assumée, ce film prouve qu’une collaboration bien pensée peut créer une œuvre exaltante.
Le film d'animation «Bad Guys 2» en images
Par Universal Pictures
-
-
-
Photo: Universal Pictures -
-
-
-
-
L'avis
de la rédaction
