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Crédit photo : Warner Bros. Pictures @ Tous droits réservés
Eh, oui, le cinéaste français Sébastien Vaniček ouvre des portes très sensibles et mérite amplement le classement 16 ans et plus que ce nouveau Evil Dead a reçu au Québec, car il est non seulement beaucoup plus sombre que son prédécesseur, mais bien plus excessif.
Pour la majeure partie du film, c’est un plus de voir un réalisateur, qui a une toute autre une conception de l’horreur, insuffler son propre style dans un univers si malléable. Mais cet Evil Dead Burn n’est toutefois pas exempt de défauts.

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On aurait aimé davantage de chair autour de l’os concernant les personnages secondaires, mais Vaniček garde ses racines françaises intactes à travers un casting très inspiré de Souheila Yacoub, connue principalement pour son rôle dans Climax de Gaspar Noé (une figure incontestable de la New French Extremity), où elle incarne la protagoniste. L’actrice suisse interprète Alice, qui, après le décès de son ex-mari, Will (George Pullar), doit passer la fin de semaine avec sa belle-famille.
Nous comprenons très vite que leur union s’est achevée brusquement, car Will a été profondément abusif et violent envers Alice. Alors qu’elle aurait aimé bénéficier du soutien de la famille de Will, celle-ci a toujours cru que les cicatrices physiques qu’elle porte sur son corps, infligées par son ex-mari, sont accidentelles et le fruit de ses propres actes.
Lors de l’accident de voiture fatal qui a tué Will, un «Deadite» s’est attaché à son corps brûlé. Et durant ses funérailles, la malédiction est transmise à son père (Erroll Shand), qui prend progressivement la forme de la créature fétiche de la franchise, pour un opéra ultra-sanglant et parfois même pervers.
Car Sébastien Vaniček n’hésite pas à aller beaucoup plus loin que Raimi ne l’avait établi dans la trilogie originale.
Âmes sensibles: n’allez pas voir ce film!
Moins une expérience axée sur le son comme Evil Dead Rise de Lee Cronin, la réalisation d’Evil Dead Burn est souvent alerte et créative dans la façon dont le réalisateur bouge et place sa caméra. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de trame sonore mémorable. D’ailleurs, l’un des meilleurs moments du film survient lorsqu’un stylo est enfoncé dans l’oreille d’un personnage, créant l’une des sensations les moins plaisantes que vous vivrez au cinéma. C’est d’autant plus désagréable de voir cette personne retirer cet objet de son oreille plusieurs scènes plus tard, et disons que le public a eu de vives réactions face à ces scènes.
Outre la bande-son, Vaniček éprouve également beaucoup de plaisir à mettre en scène de nombreux moments violents qui frôlent le burlesque extrême et l’horreur pure. L’une des premières grandes scènes du film se déroule à table, alors que le père de Will, possédé par un esprit qui n’est pas le sien, a des pensées sombres et désire mettre fin à ses jours. Alice prend alors le couteau posé à côté de son assiette, mais d’autres objets pointus se trouvent sur la table. La caméra de Philip Lozano se focalise, entre autres, sur un tire-bouchon et même sur une fourchette.

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Cependant, rien ne vous prépare au tournant de cette scène, qui a tellement choqué la salle comble du Cinéma Banque Scotia qu’on pouvait presque entendre le souffle des spectateurs se couper en même temps!
Il s’ensuit une succession de tueries démentes, inspirées par les films d’action qui ont défini notre décennie actuelle, notamment John Wick: Chapter 4 de Chad Stahelski, lors d’un plan-séquence en vue aérienne, ou The Shadow Strays de Timo Tjahjanto, lors d’une confrontation entre Alice et les Deadites.
La caméra part littéralement dans tous les sens et tourne à l’envers pour représenter la descente aux enfers d’une protagoniste qui s’est crue libérée lorsqu’elle a mis fin à son mariage, pour ensuite se retrouver au milieu d’un purgatoire sans fin, avec des créatures qui ne peuvent être tuées par des armes conçues par les humains.
L’actrice Souheila Yacoub est exceptionnelle
En incarnant cette spirale infernale, Souheila Yacoub est tout simplement exceptionnelle et à la hauteur de ce que l’on attend d’un personnage qui doit surmonter une épreuve de feu sans réelle issue.
Nous comprenons la douleur psychologique et physique que ressent Alice lorsqu’elle se retrouve auprès de la famille de Will, car Sébastien Vaniček entre dans ses pensées et montre exactement ce qu’elle voit lorsqu’elle pense à son mari.
Evil Dead Burn, c’est un film qui aborde des sujets bien plus difficiles que les précédents volets de la franchise Evil Dead et qui va très loin dans sa représentation de l’abus et de la violence conjugale, ce qui est assez louable pour un film de genre.

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En revanche, Vaniček et son coscénariste Florent Bernard n’arrivent pas à créer des personnages secondaires ayant autant d’intérêt que celui d’Alice, et ce, malgré de bonnes performances de sa distribution colorée. Soulignons notamment Maude Davey, dans le rôle de la grand-mère Polly, où la quasi-totalité des scènes comiques a lieu.
Le dénouement, qui contient une multitude d’effets visuels qui n’ont pas l’air pleinement finis, rend l’impact émotionnel moins puissant que celui des deux premières moitiés d’un film qui a un penchant pour la dépravation absolue et qui n’a aucune honte à montrer des scènes qui vont provoquer de vives réactions de la part du public.
Il est malheureux que Vaniček termine son film sur une note amère en «volant» un plan (et des répliques) à Ready or Not de Radio Silence. Deux bonnes scènes post-génériques viennent rincer (un peu) cet arrière-plan désagréable, mais un copié-collé aussi flagrant n’est pas la meilleure façon de conclure un sixième opus qui, malgré tout, reste assez réussi.
Il reste à voir si le septième film de la franchise, Evil Dead Wrath, réalisé par Francis Galluppi, et qui sortira en 2028, aura une saveur différente de la touche extrême qu’a apportée Sébastien Vaniček à travers une série de films qui continue de nous effrayer et de nous amuser, et ce, même quarante-cinq ans après que Sam Raimi ait changé la face du cinéma d’horreur à jamais avec The Evil Dead…
Le film «Evil Dead Burn» de Sébastien Vaniček en images
Par Warner Bros. Pictures @ Tous droits réservés
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