LittératurePolars et romans policiers
Crédit photo : Fleuve Éditions @ Tous droits réservés
«Je suis bel et bien la fille de ma mère, et il n’est pas exclu qu’une partie de sa folie ait contaminé mon esprit». – Mackenzie
Le roman Love, Mom, devenu best-seller quelque temps après sa sortie en 2024, est le livre qui a révélé l’autrice britannique Iliana Xander au grand public, elle qui a publié, pour celles et ceux qui l’ignoraient, plusieurs écrits, sous pseudonymes, depuis l’adolescence.
D’emblée, je préfère être franc: son écriture archi simple, dans la lignée de Freida McFadden, n’est pas l’élément qui m’a le plus séduit dans ce thriller qui, et je vous l’annonce en grande pompe, n’est pas mon coup de cœur de l’année.
À côté, Une employée modèle de Jean-Christophe Tixier et Sous l’œil des voisins de Christian White m’ont littéralement séduit d’un bout à l’autre. Mais j’admets que l’histoire est bien pensée, malgré une révélation finale qui est, à mon humble avis, carrément tirée par les cheveux.
Et pourquoi le titre, Love, Mom? Déjà, je me suis demandé l’utilité, de la part de la traductrice des Éditons Fleuve, d’avoir conservé le titre original en anglais, car ce n’était pas nécessaire en soi. En gros, c’est un clin d‘œil aux échanges épistolaires d’E.V. Renge, phénomène littéraire et auteure à succès, qui, et on l’apprend dès les premières pages, décède tragiquement des suites d’une mauvaise chute, à seulement 43 ans.
Elizabeth «Lizzie» Casper, avec sa disparition subite, laisse dans le deuil (et l’incompréhension la plus totale) sa fille unique, Mackenzie, une jeune adulte au look gothique qui aspire elle aussi à devenir une écrivaine – pour sortir de l’ombre de sa mère –, et Tom, son mari, lequel, avec son air tristement tragique, semble porter un masque dissimulant de lourds secrets du passé.
Avec ce thriller psychologique «aux dix millions de lecteurs», comme il est vanté en lettres capitales sur la couverture, Iliana Xander confie, durant la majeure partie du récit, les commandes de la narration à Mackenzie, occupée à «enquêter» sur la mort tragique de sa mère, depuis qu’elle reçoit des extraits de lettres lui ayant appartenu et qu’un admirateur anonyme lui envoie, toujours avec la même signature: «De la part de Fan No 1. XOXO».
Mackenzie, qui voue une confiance absolue à son fidèle ami EJ, un programmeur de génie de deux ans son aîné et qui, en plus, est doté d’une intelligence remarquable, le mettra vite dans la confidence, car il est toujours de bons conseils et, après tout, il n’y a pas de mal à chercher un peu de compagnie lorsqu’on vit un deuil et qu’un fan de notre défunte mère nous envoie des lettres anonymes…
Or, c’est à partir de ce jour-là qu’un doute s’immisce à l’esprit de Mackenzie, comme un mauvais pressentiment: et si E.V. Renge n’avait pas chuté accidentellement, mais qu’une personne malintentionnée s’était vengée d’elle?
«Il paraît que le génie va de pair avec la déviance et le crime».
De fil en aiguille, de confession en confession, Iliana Xander, grâce aux mystérieuses coupures du journal intime de la défunte, nous raconte, par bribes, le passé d’Elizabeth Casper, de ses années comme étudiante à Old Bow à ses débuts comme écrivaine, et ce, avant qu’elle connaisse un franc succès avec son œuvre maîtresse, Mensonges, mensonges et vengeance.
Mais la question qui tue: Mackenzie a-t-elle raison de douter qu’il y ait anguille sous roche? Je ne vous révélerai rien en vous disant que oui!
Et même qu’en fouillant dans les souvenirs d’Elizabeth Casper, Mackenzie aura une surprise, inattendue: la vérité se trouvait déjà là, sous ses yeux, à sa portée. Mais il y a toujours des risques à déterrer de lourds secrets qui auraient dû rester enfouis…
Et c’est justement là que réside tout le plaisir de lecture de ce Love, Mom, que je vous recommande malgré tout, pour sa twist imprévisible et surprenante.
L'avis
de la rédaction
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