LittératureDans la peau de
Crédit photo : Justine Latour
Sophie, quel bonheur de te retrouver! Si tu te souviens bien, on a fait connaissance en juin 2020, pour jaser d’En route vers nowhere, puis on s’était parlé en juillet de l’année suivante, car ton roman Fausses routes avait attiré notre attention. Et que dire de Copilotes, livre à la fois drôle et touchant, autour d’une amitié inébranlable, et qui nous a carrément séduit! Bref, on est fan, haha! Et toi, comment ça va? Et quoi de neuf sous le soleil d’automne?
«Je m’en souviens très bien! Je crois même que c’est à vous que j’ai accordé ma première entrevue lors de la sortie d’En route vers nowhere. Vous dire à quel point j’avais hâte qu’on se reparle pour la sortie de mon nouveau roman! J’ai travaillé intensément dessus depuis janvier et, oh! que je me suis donnée émotionnellement à travers le processus! Je me suis même demandé si j’allais le finir, tellement la charge émotive était intense par moments. Mais voilà, il est là, et j’en suis très fière!»
«Ma mission pour cet automne est de prendre soin de moi et de mon cœur. Pour le moment, ça se passe plutôt bien!»
À ce jour, tu as fait paraître quatre romans aux Éditions Hurtubise. Et s’il y a bien des thèmes qui sont chers à ton cœur et qui rayonnent au sein de tes écrits, ce sont les histoires, souvent à saveur romantique, autour de l’amitié – et de ses aléas – sans les road trip, évidemment! Parle-nous de ton rapport à l’écriture et de ces incontournables auxquels tu carbures en tant qu’auteure.
«J’aime écrire sur ce qui me fait vibrer, sur ce qui est authentique à mes yeux. Pour moi, l’amour et l’amitié sont deux sujets aux possibilités infinies qui sont très riches à explorer. J’y reviens toujours sans le faire exprès. Mon esprit tend toujours vers ça. Peut-être parce que je chéris grandement mes relations interpersonnelles dans ma vie.»
«Le contact humain, autant en amour qu’en amitié, c’est ce qui me nourrit.»

Tout récemment, le 16 octobre, pour être exact, tu as dévoilé ton plus récent roman, intitulé On le dira pas à nos enfants. À travers cette histoire, «qui célèbre l’amour et la famille», on fait la connaissance d’Amélie, qui remémore à son conjoint Simon les trente dernières années de vie de leur couple, «leur rencontre sur Tinder, les balbutiements de leur amour, leur emménagement ensemble». Comme le disait Jules Renard, «le bonheur est une habitude à cultiver», mais il arrive, parfois, souvent, même, qu’une ombre, que ce soit un deuil, une décision regrettable ou une épreuve, apparaisse au tableau. On est curieux: comment ce récit a-t-il pris forme dans ta tête, et pourquoi avoir choisi de raconter ce récit avec des dialogues, plutôt qu’une forme épistolaire, par exemple?
«Il y a quelques années, je me suis dit qu’il serait intéressant d’écrire un livre où un couple se remémore des souvenirs de sa vie à deux avant d’avoir des enfants. À l’époque, je commençais à songer à en avoir et on n’arrêtait pas de me dire, tu vas voir, avec des enfants, ta vie ne sera pas pareille. Des enfants, ça change tout. Tu ne te souviendras plus de ta vie d’avant une fois qu’ils seront là, etc. Cette idée-là me faisait peur. Je craignais de perdre mon cocon si précieux avec mon chum. Je ne voulais en aucun cas oublier un jour ce qu’était notre vie d’avant, parce que je l’aimais cette vie à deux.»
«C’est de là qu’est née l’idée première d’On le dira pas à nos enfants. Pour la forme, je me suis inspirée du film Les pages de notre amour (The Notebook). J’avais envie d’écrire une histoire d’amour aussi douce que déchirante.»
Quelles émotions espères-tu que tes lecteurs et lectrices ressentent au cours de leur lecture, et un coup le livre refermé?
«J’espère que, s’ils partagent un petit bout de l’histoire d’Amélie et Simon, ils se sentiront moins seuls. J’espère qu’ils vont rire, pleurer, être émus, être inspirés, peut-être, même.»
«Il y a une lectrice qui m’a écrit pour me dire qu’elle allait faire lire ce livre à son chum pour qu’il comprenne ses sentiments et pour lui faire réaliser tout l’amour qu’elle lui porte. Tant mieux si ce livre génère des discussions de couple, même si ce n’était pas mon but en l’écrivant!»
Comme on souhaite garder le contact avec toi, dis-nous donc: quels sont tes projets, créatifs ou personnels, cet automne-hiver? Pourra-t-on faire un brin de jasette avec toi dans un Salon du livre? Peut-être même que tu es déjà en train d’esquisser les contours d’une nouvelle histoire… ça se peut-tu? À très vite!
«J’espère tellement qu’on aura la chance de se croiser dans un Salon! C’est ce que je préfère faire discuter avec les gens. Je vais d’ailleurs être à celui de Rimouski au début novembre, puis à Montréal à la fin novembre.»
«Et puis, pour la suite, j’ai un projet de roman pour adolescentes qui occupe mon esprit ces temps-ci. J’ai aussi une idée de livre pour enfants qui n’est pas très loin dans ma tête non plus. D’après moi, on va se reparler plus vite que prévu!»



