«La prof» de Freida McFadden: un thriller psychologique qui donne froid dans le dos – Bible urbaine

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«La prof» de Freida McFadden: un thriller psychologique qui donne froid dans le dos

«La prof» de Freida McFadden: un thriller psychologique qui donne froid dans le dos

Comme dans les contes, toute bonne histoire ne se finit pas toujours bien

Publié le 9 octobre 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : City Éditions

Dans ce 23e roman de Freida McFadden, paru aux États-Unis en février 2024, on entre par la grande porte dans l’intimité d’Ève, une professeure de mathématiques «résolument ordinaire» et rigide de surcroît – selon le point de vue de ses élèves en tout cas – et de Nate, son mari, professeur d’anglais lui aussi à Caseham High, qui lui, est tout l’opposé de sa femme: incroyablement beau et sexy, il a les «traits ciselés, un adorable sourire en coin», et en plus, il fait tourner les têtes partout où il passe. Ma foi, j’allais presque oublier de vous présenter l’une des élèves de l’école, Addie Severson, une adolescente qui alimentera, tout au long de l’histoire, une forte aversion pour l’une et – vous l’aurez deviné – un désir ardent pour l’autre. Mais où ce «triangle amoureux», mais pas comme vous l’imaginez, va-t-il les mener… Surprise!

Récemment, je vous parlais de La femme de ménage, œuvre phare de l’Américaine de 45 ans parue en langue originale anglaise en 2022, lequel continue de faire couler beaucoup d’encre encore aujourd’hui, surtout à la suite de l’annonce de l’adaptation cinématographique mettant en vedette Sydney Sweeney, qui sera parfaite pour incarner Millie Calloway au grand écran. Le long métrage sortira en salle au Canada le 25 décembre.

Il n’y a pas à dire, c’est définitivement le roman qui a permis à Freida McFadden de passer d’auteure à surveiller à auteure à succès. Et une chose est sûre: elle ne semble pas souffrir du syndrome de la page blanche au rythme où elle écrit ses romans. À partir de 2019, elle s’offre un rythme de croisière de deux romans par année, et parfois même trois!

Avec La prof, qui continue de se hisser parmi les meilleures ventes au Québec, l’auteure réitère la même recette qui a ravi les papilles – façon de parler – de ses nombreux lecteurs et lectrices: une écriture accessible qui va droit au but, une narration omnisciente, qui nous offre une vue en plongée du tourbillon de pensées qui agite ses personnages, des révélations distillées au compte-goutte, qui provoquent un effet de surprise immédiat lors des fins de chapitre, et surtout, des revirements de situation, ou des twists, comme j’aime les appeler, qui bousculent nos certitudes pour nous surprendre dans le détour.

Il n’y a aucun secret: ce sont les ingrédients de la recette gagnante qui a permis à Freida McFadden de hisser la plupart de ses livres au rang des bestsellers de ce monde, et force est d’admettre qu’avec La prof, elle a eu le temps, depuis ses débuts comme écrivaine, d’affiner sa technique pour recréer cet effet d’ensorcellement qui fait en sorte que, lorsqu’on débute la lecture de l’un de ses romans, on est carrément incapables de s’arrêter en cours de route.

Ici, je ne divulgâcherai rien en vous avouant que cette histoire va vraiment mal se terminer. Mais ça dépend pour qui. À l’instar d’un soleil ardent qui se retrouve voilé par une horde de nuages menaçants, cette histoire, comme je le mentionnais ci-haut, s’ouvre sur le quotidien d’Ève et de Nate, mariés depuis quelques années. Et en apparence, du moins, ils ont l’air toujours amoureux l’un de l’autre, et ce, même si leurs retrouvailles au lit sont de moins en moins fréquentes qu’avant. Comme si leur désir – ou du moins celui de Nate – manquait de passion.

Mais cette petite ombre au tableau de leur vie commune est-elle suffisamment dérangeante pour perturber les vœux qu’ils ont prononcés à une époque pas si lointaine? Ève se pose la question à plusieurs reprises, signe qu’elle s’inquiète pour l’équilibre de son couple.

En tout cas, cette mi-trentenaire, qui voue un culte sacré pour les chaussures de marque, au grand désarroi de son mari qui surveille ses achats impulsifs, va devoir faire preuve d’une grande maturité, et de résilience aussi, car lors de la rentrée scolaire, autant son mari qu’elle auront Adeline Severson en cours, cette adolescente de 16 ans que l’on surnomme Addie et qui aurait – ça, ce sont les rumeurs qui le disent – subi les avances d’Art Tuttle, qui a été renvoyé illico de Caseham High dès que l’affaire s’est ébruitée. Cet événement a causé une onde de choc chez Ève, pour qui cet enseignant était un véritable ami. Et bien sûr, elle a du mal à croire qu’il aurait volontairement abusé de la jeune adolescente.

Et pourquoi ce ne serait pas Addie, plutôt, qui aurait flirté avec son professeur, jusqu’à le faire craquer? Après tout, c’est une jolie et jeune adolescente, la tentation est forte, avouons-le.

De l’aveu d’Ève: «En près de dix ans d’enseignement, je n’ai jamais demandé qu’un élève soit retiré de ma classe, pourtant j’ai failli le faire, cette fois-ci. J’ai un très mauvais pressentiment à propos de cette fille». Décidément, le courant ne passe pas entre elles…

Qu’à cela ne tienne, Art a été renvoyé de l’école, il n’y a pas de retour possible, et maintenant, Addie, qu’on l’aime ou non, ou qu’on la redoute même, cela n’empêchera pas son retour en classe. Et ne vous inquiétez pas, son quotidien ne sera pas forcément de tout repos. Plusieurs la trouvent bien culottée de réapparaître À Caseham High comme si rien ne s’était passé, surtout Kenzie Washington et sa bande, la bombe de l’école, mais aussi la pire garce qu’Addie ait croisé.

Mais le pire dans cette histoire, c’est qu’Addie va réussir à créer un fossé encore plus grand entre Ève et Nate, car autant Ève la méprise, c’est plus fort qu’elle, autant Nate, lui, tombera sous le charme de sa sombre poésie, lui qui est tant fan d’Edgar Allan Poe, comme elle!

Je ne vous en dis pas plus, de peur, cette fois, de trop vous en révéler…

Freida McFadden, avec ce récit, du moins, a souhaité rajeunir son public, car son écriture, fluide, punchée, et le contexte, au lycée, plaira davantage à un auditoire d’adolescents ou de jeunes adultes – cela dit, les adultes ne bouderont pas leur plaisir eux aussi!

Et ce que j’ai trouvé particulièrement ingénieux dans sa construction narrative, c’est l’alternance entre les voix d’Ève, de Nate et d’Addie, les trois personnages principaux. Dans la première partie, on a l’impression d’assister à un véritable combat de coqs entre Ève et Addie, qui se chamaillent, au sens figuré, bien sûr, pour avoir leur temps de parole. Puis, c’est lors de la deuxième partie du récit qu’on accède enfin à la voix de Nate, qui était uniquement vu à travers les yeux des deux femmes.

Et à partir de là, rien ne va plus…

Si vous avez lu et aimé La femme de ménage, vous aimerez assurément La prof, car vous vous sentirez en terrain connu. Plus tôt en 2025, l’auteure a fait paraître une nouvelle classée hors-série, La femme de ménage se marie, et dès maintenant, vous pouvez vous procurer en librairie La psy, ainsi que Le boyfriend – vous me croyez maintenant quand je vous disais qu’elle ne manquait pas d’inspiration? –ses plus récents ouvrages traduits en français!

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