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Crédit photo : Antoine Saito
Je me souviens, en 2017, dans la même salle, lors de leur toute première collaboration avec l’OSM, on sentait chez les membres de la formation une nervosité presque touchante, cette énergie à la fois franche et un peu hésitante, dans un cadre imposant comme celui de la Maison symphonique.
Cette fois, huit ans plus tard, le trio est arrivé clairement plus sûr de lui, beaucoup plus à l’aise dans cette grande salle et ce format orchestral.

Half Moon Run. Photo: Antoine Saito
Ce n’est pas qu’ils ont gagné en complicité — ça, ils l’avaient déjà depuis le début — mais plutôt qu’ils sont beaucoup plus confiants, maîtrisant leur art et leur univers avec plus d’aisance.
Depuis 2017, Half Moon Run n’a pas chômé. Leur discographie s’est étoffée avec plusieurs albums et EP qui témoignent d’une belle maturité artistique. On pense notamment à A Blemish in the Great Light (2019), un disque qui reste un peu sous-estimé selon moi, mais qui regorge de pièces fortes et émouvantes. Ensuite, il y a eu Seasons of Change en 2020, puis Inwards & Onwards en 2021, et enfin Salt, sorti en 2023, leur dernier effort en date.
Cette progression se traduit par une musique qui mêle désormais habilement les racines indie-folk du groupe à des textures plus électro-pop, parfois même jazzy, sans jamais qu’ils perdent un once de leur identité vocale caractéristique.
Un départ en douceur
Le concert a commencé avec des morceaux récents, notamment ceux tirés de Salt et de Seasons of Change. L’ouverture sur «Everyone’s Moving Out East» posait déjà un décor doux, porté par un chœur de huit voix placé en hauteur et qui venait enrichir l’expérience sonore. Puis sont venues «9beat» et «Goodbye Cali», chacune livrée avec cette sensibilité qui caractérise le groupe, mais rehaussée par des arrangements fins et bien ciselés sous la direction d’Adam Johnson, le chef d’orchestre.
Après ce départ quelque peu timide, c’est toutefois avec «Razorblade» que le spectacle a pris une nouvelle dimension. Cette pièce, tirée d’A Blemish in the Great Light, a été sublimée par l’orchestre: les cordes, en douceur, créaient une tension dramatiquement enveloppante, tandis que la voix claire et précise de Devon Portielje se mêlait aux harmonies aériennes du chœur.

Half Moon Run. Photo: Antoine Saito
Un des moments forts de la soirée au cours duquel la magie a vraiment opéré.
Le concert s’est ensuite déployé en tableaux contrastés avec «How Come My Body», une pièce au ton dramatique et intense. La fraîcheur est ensuite arrivée avec «Loose Ends», porté par un piano aux accents presque bossa nova qui a insufflé une légèreté bienvenue à l’ensemble.
Le spectacle a ensuite glissé vers «Look Me in the Eye», plus introspective, avant de se conclure en subtilités «Another Woman», leur tout dernier single. Ces transitions fluides et bien maîtrisées ont montré une belle cohérence d’ensemble et une grande attention portée aux détails dans les adaptations symphoniques réalisées par Blair Thomson.
La seule (ou presque) prise de parole est venue avec Dylan Phillips, le batteur, qui s’est permis une courte intervention en français, simple et efficace, avant d’attaquer la séquence la plus dynamique du concert.
Un habile enchaînement de succès
Ainsi, «Then Again» a lancé cette deuxième moitié du spectacle avec une énergie maîtrisée qui a donné le ton pour la suite, où ont défilé leurs succès les plus attendus: «Full Circle», avec ses arrangements somptueux, «Call Me in the Afternoon», «I Can’t Figure Out What’s Going On», «She Wants to Know» et «You Can Let Go».
Ces chansons se sont enchaînées avec brio et elles ont fait vibrer la salle, en plus de confirmer le fait que le groupe a un talent évident pour construire ses shows afin de toujours maintenir une tension juste et captivante, et ce, sans jamais perdre l’attention du public.

Half Moon Run. Photo: Antoine Saito
La soirée s’est conclue sur «Sun Lead Me On», dans un moment d’intimité où les trois voix se sont rassemblées autour d’un seul micro, accompagnées en arrière-plan par le chœur. Cette finale, d’une simplicité et d’une beauté bouleversantes, a offert un grand frisson à tout le public, qui s’est levé d’un bond pour une ovation méritée.
Une maturité exemplaire
La musique de Half Moon Run, sensible et nuancée, gagne en richesse et en profondeur quand elle est portée par un orchestre symphonique d’une telle qualité. Leur deuxième collaboration avec l’OSM le prouve: le trio a non seulement grandi, mais il est maintenant capable de dialoguer avec la musique classique sans se perdre.
Résultat? C’était une expérience magique, à la fois accessible et exigeante, qui a autant séduit les fans de longue date que ceux et celles qui découvraient tout juste leur univers.
Ce retour à la Maison symphonique montre que la formation n’a rien perdu de son charme et de sa créativité, et que ses pièces peuvent tout aussi bien s’apprêter à un registre populaire qu’être adaptées à un orchestre de plus d’une quarantaine de musicien∙nes.
En somme, les membres de Half Moon Run ont su prendre le temps d’affiner leur art, et ça s’entend, ça se ressent, et surtout, ça se vit.
Half Moon Run et l'OSM à la Maison symphonique en images
Par Antoine Saito
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Half Moon Run. Photo: Antoine Saito -
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Half Moon Run. Photo: Antoine Saito
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