«The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante – Bible urbaine

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«The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante

«The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante

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Publié le 29 avril 2025 par Maxance Vincent

Crédit photo : Warrick Page / Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC

Malgré un grand succès en salle, une suite au thriller de 2016, «The Accountant», était-elle vraiment attendue du public? Il est difficile d’y croire, surtout lorsque le deuxième opus arrive près de dix ans après la sortie d’un premier film qui n’a pas été si bien reçu par la critique. C’est peut-être pour cela que le réalisateur Gavin O’Connor et le scénariste Bill Dubuque se sont éloignés d’un examen minutieux et froid de leur protagoniste, le comptable assassin Christian Wolff (Ben Affleck), pour «The Accountant 2», offrant à la place un divertissement plus léger et comique à travers la relation que ce dernier entretient avec son petit frère Braxton (Jon Bernthal).

Ceux-ci se réunissent pour la première fois depuis les événements du premier film suite à l’assassinat de Raymond King (J.K. Simmons), l’ancien directeur du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) qui, avant sa mort, enquêtait sur l’identité d’une mystérieuse femme connue sous le nom de Jane Doe (Daniella Pineda). King la trouve, mais n’a que le temps de lui écrire «FIND THE ACCOUNTANT» sur un bras avant d’être violemment tué.

Ce message est destiné à la directrice adjointe du FinCEN, Marybeth Medina (Cynthia Addai-Robinson), qui trouve rapidement Christian afin de lui demander son aide. Cela étant dit, les deux ne peuvent pas faire le travail seul, puisque les assassins sont liés à une organisation criminelle nébuleuse ayant plusieurs hauts placés partout dans le monde.

C’est pour cette raison que Christian fait appel à Braxton, également assassin, pour l’aider à découvrir ce qui se cache derrière le meurtre de King et pour savoir qui se cache derrière l’identité de Jane Doe.

Braxton (Jon Bernthal) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC

Une intrigue sous-développée

C’est ici que le scénario se complexifie jusqu’à l’étourdissement. Plus Christian et Marybeth trouvent des indices liant Jane Doe à la mort de King, et plus des personnages secondaires apparaissent et essaient de tuer le comptable et la directrice adjointe du FinCEN. Et ces antagonistes sont aussi sous-développés les uns que les autres.

Le scénario de Dubuque les «baigne» dans une panoplie de stéréotypes plutôt que de les rendre ne serait-ce un minimum intéressants, surtout lorsque la figure antagoniste centrale du film apparaît vers la fin, venant lier tous les événements du récit à cette même personne. Je ne vous gâcherai pas le plaisir de découvrir l’identité de ce méchant par vous-même (et l’acteur en question est un spécialiste des «méchants stéréotypés» (plusieurs cinéphiles ardents pourraient ici le reconnaître), mais cela n’empêche pas que nous avons bien du mal à nous attacher à l’intrigue, puisque les motivations de ce personnage sont floues et mal définies.

La même constatation a été faite en la personne de Jane Doe. Malgré la prouesse physique de Daniella Pineda lors des scènes d’action, surtout lors d’une confrontation serrée dans une cuisine qui rappelle les chorégraphies complexes de Haywire de Steven Soderbergh, le mystère qui plane autour de cette figure est complètement dénué d’intérêt et de réelle connexion dramatique lorsque nous finissons par connaître son identité et que plusieurs informations clés à propos d’elle sont révélées.

Certes, elle aurait pu être une antagoniste convaincante si O’Connor avait ajouté quelques scènes sur ce personnage pour enrichir davantage le secret qui l’entoure en se focalisant seulement sur elle, au lieu d’être toujours fixé sur la relation qui unit Christian à Braxton. Malheureusement, ce n’est pas le cas ici, et il devient difficile à s’accrocher à son sort lorsqu’elle affronte Christian pour la première fois dans le film.

Braxton (Jon Bernthal) et Christian Wolff (Ben Affleck) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC

Ben Affleck et Jon Bernthal volent (et sauvent) le film

Malgré cela, O’Connor et Dubuque pallient le manque flagrant d’antagonistes menaçants par une relation fraternelle amusante entre Christian et Braxton. D’ailleurs, lorsque Bernthal apparaît pour la première fois à l’écran, avec des lunettes de soleil et un suçon dans la bouche, il nous informe rapidement de tout ce que nous devrions savoir sur son personnage. Il n’a jamais réellement grandi depuis son enfance, et est toujours en colère contre son grand frère qui, malgré ses difficultés avec l’autisme, excelle professionnellement et personnellement.

Son sens de l’humour correspond exactement à la personnalité de Bernthal, qui a toujours excellé en jouant un «dur à cuire» cachant des émotions plus délicates à travers le machisme qu’il essaie d’insuffler. Nous retrouvons, avec un peu plus de comédie, comment il a récemment interprété Frank Castle alias The Punisher dans la série Daredevil: Born Again, sachant quand montrer les vulnérabilités de son protagoniste avant de le déchaîner lors d’une scène d’action hyperviolente. Et lors de ces séquences dans The Accountant 2, Bernthal joue carrément The Punisher (quoiqu’avec un peu moins de violence), contrôlant l’écran au complet à travers des mouvements remplis d’adrénaline.

Braxton n’a pas les mêmes nuances dramatiques que The Punisher, mais il équilibre bien le personnage de Christian, qui est joué avec la même précision qu’a offert Affleck lors du premier opus. La chimie qui opère entre les deux frères est si palpitante que nous pouvons facilement oublier la représentation superficielle de l’autisme, qui est moins à l’avant-plan que le film de 2016, et qui a causé son lot de controverses lors de sa sortie. O’Connor préfère plutôt placer son comptable au centre d’un film d’action de série B contenant plusieurs grandes fusillades et des combats au corps à corps, au lieu d’examiner le personnage principal sous une lumière plus emphatique, humaine et respectable.

Cela dit, Ben Affleck demeure tout de même capable de rendre son personnage plus humain que ce qui a été écrit sur papier par Dubuque, et c’est d’autant plus louable, surtout lorsque les ennemis rendent le conflit plus personnel pour Christian et son frère.

Marybeth Medina (Cynthia Addai-Robinson) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC

C’est grâce à eux que nous finissions par être amusés par la série sans relâche de séquences d’action, très bien chorégraphiées, filmées, et montées par ailleurs. Les compétences uniques des deux assassins, l’un plus précis, et l’autre plus direct, sont mises à l’épreuve lors d’une bataille spectaculaire montrant comment les deux frères peuvent vaincre une armée entière à travers leur désir profond de sauver des vies humaines. Nous commençons par des combats plus intimes, jusqu’à une finale explosive où tout est mis à l’écran, tellement que l’ambiance lente du thriller de 2016 n’est plus du tout perceptible.

Cette franchise est maintenant à l’image des blockbusters américains des années Cannon Group: peu de profondeur scénaristique, beaucoup d’explosions et de patriotisme. Votre niveau d’appréciation peut varier, mais il est très facile d’avoir du plaisir lorsque ces scènes sont si bien construites.

Il est fort probable que tout ce qui est mis en scène n’est pas réaliste en termes d’action, mais ça n’a pas d’importance, puisque la réalisation d’O’Connor est tellement énergique qu’on est tenu en haleine jusqu’à ce que la dernière balle soit tirée. 

Cela conclut un film inégal sur une très bonne note, en plus de nous offrir un aperçu d’une suite potentielle qui pourrait sortir beaucoup plus tôt que The Accountant 2, si ce nouvel opus fonctionne bien en salle. La bonne nouvelle pour les fans de la série, c’est que nous retrouverons Christian et Braxton dans moins de neuf ans. La mauvaise, c’est que, malgré la promesse d’une suite davantage axée sur l’action, le comptable s’éloigne de son emploi principal et fera tout, sauf remplir des rapports d’impôts…

Le film «The Accountant 2» de Gavin O’Connor en images

Par Warrick Page / Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC

  • «The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante
    Christian Wolff (Ben Affleck) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC
  • «The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante
    Christian Wolff (Ben Affleck) et Brax (Jon Bernthal) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC
  • «The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante
    Anais (Daniella Pineda) et Ray King (J.K. Simmons) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC
  • «The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante
    Braxton (Jon Bernthal) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC
  • «The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante
    Brax (Jon Bernthal) et Christian Wolff (Ben Affleck) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC
  • «The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante
    Marybeth Medina (Cynthia Addai-Robinson) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC
  • «The Accountant 2» de Gavin O’Connor: une suite inattendue, mais divertissante
    Ben Affleck (Christian Wolff), Cynthia Addai-Robinson (Marybeth Medina), le réalisateur Gavin O'Connor, et Jon Bernthal (Braxton) dans «The Accountant 2». Photo: Warrick Page/Amazon MGM Studios © Amazon Content Services LLC

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