«L'entrevue éclair avec...» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux – Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux

«L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux

Une nouvelle création où le théâtre et la danse forment une symbiose

Publié le 17 avril 2025 par Éric Dumais

Crédit photo : Julie Artacho

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd'hui, on a jasé avec Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de la jeune compagnie de création en danse théâtre Mille feux. Et si l'opportunité était toute désignée pour nous entretenir avec eux, c'est que le Théâtre Aux Écuries, véritable incubateur théâtral situé au cœur du quartier Villeray, présente ces jours-ci, et jusqu'au 26 avril, leur plus récente création mettant en vedette huit interprètes féminines. Pleins feux sur un spectacle – et une distribution intergénérationnelle de feu – qui vous fera vivre une montagne russe d'émotions, du rire aux larmes.

Marilyn et Gabriel, avez-vous idée à quel point on est heureux de faire votre connaissance? Sûrement pas! Vous êtes cofondateur∙ice∙s de Mille feux, une compagnie de création en danse théâtre jeune de cœur since 2024! c’est autour de votre «désir de porter un regard actif sur notre société» que vous avez eu l’envie de former un binôme bouillonnant d’idées créatives, de 2018 à aujourd’hui. Parlez-nous de votre crush artistique et de vos valeurs communes, celles qui se retrouvent au cœur de la mission de Mille feux.

M. D. : «On vient tout juste de fonder officiellement Mille feux cette année, avant ça, on s’autoproduisait de façon individuelle.»

G. L-S. : «Oui, on n’avait pas envie de commencer notre collaboration en mettant des efforts sur une structure administrative, mais bien sur notre langage artistique commun.»

M. D. : « À la base, nous avons été formé∙es comme interprètes. J’ai étudié en danse, et la vie m’a amenée naturellement vers le théâtre, ce en quoi Gabriel a été formé. Nous avons expérimenté la puissance que les arts vivants peuvent opérer sur les corps, autant pour les personnes sur scène que pour le public. Il s’agit de la spécificité commune de nos disciplines. Ça crée des communautés autour d’un même moment vécu ensemble.»

G. L-S. : «On cherche à ancrer nos pièces dans un contexte et une histoire qui dépassent nos propres existences pour chercher à s’expliquer ce que nous vivons dans le présent et ce vers quoi nous voulons nous projeter dans le futur.»

«L du déluge» de Mille feux (2022). Photo: David Wong

À ce jour, vous avez présenté deux créations, L du déluge en 2022 à la Chapelle Scènes Contemporaines et Le temps des fruits en webdiffusion en 2021 à Tangente et en tournée en 2022 et 2024. Vous qualifiez votre vision «d’indisciplinée» et vos spectacles contribuent, selon vous, à retisser les liens sociaux. Parlez-nous brièvement des thématiques de ces deux spectacles et de l’impact que vous cherchez à créer chez vos spectateurs et spectatrices.

M. D. : «Le temps des fruits partait vraiment de nous. Gabriel et moi étions sur scène et on cherchait à ouvrir des brèches en nous-mêmes pour comprendre ce dont nous sommes constitué∙es en tant qu’humains dans une société en effondrement. On avait fait des recherches en collapsologie (l’étude de la fin des civilisations). En parallèle, on effectuait une recherche intime de nos effondrements intérieurs (nos peurs, nos failles). On touchait à la fois au macro et au micro.»

G. L-S. : « L du déluge avait la forme d’une épopée mythologique en trois actes. Il y avait douze interprètes sur scène. C’était l’histoire d’une femme, brisée par une peine d’amour, qui reconstruisait du même coup son monde intérieur et sa ville. Prise en pleine fantasmagorie, on assistait à son parcours d’ »empuissancement » et d’affranchissement de sa cosmogonie intérieure, qui était incarnée par un chœur.»

M. D. : «Rien de moins!!! (rires). Notre nouvelle création a donc été une deuxième opportunité de creuser la relation entre protagonistes et chœur… une vraie chance!»

Calendrier - Entre-nous-sommes-pris-entre-nous

«Entre nous sommes pris entre nous», une création multidisciplinaire de Mille Feux présentée du 15 au 26 avril 2025. Sur la photo: Ginelle Chagnon et Mireille Métellus. Photo: Jeanne Castonguay-Carrière

Du 15 au 26 avril, le Théâtre Aux Écuries codiffusera votre troisième et plus récent spectacle, Entre nous sommes pris entre nous, pour lequel vous cosignez la mise en scène. C’est une ode à l’amitié, ponctuée de moments d’humour, qui donne à voir «une fresque humaine où les relations se tissent devant nos yeux avec tendresse». Cette création, qui allie le théâtre et la danse, «suit la cadence des cycles de la vie» par le biais d’une distribution intergénérationnelle formée par Mireille Métellus et Ginelle Chagnon, ainsi qu’un chœur de six femmes danseuses. Donnez-nous l’eau à la bouche et racontez-nous brièvement le récit qui attend nos lecteurs et lectrices!

G. L-S. : «L’eau à la bouche, c’est le bon terme! Tout commence avec deux femmes qui partagent un sandwich (rires). Les deux sont aînées. L’une (Mireille Métellus) vient visiter sa vieille amie (Ginelle Chagnon) qui est sur un quadriporteur pour lui tenir compagnie et casser la croûte. Mais en fait, on assistera aux derniers instants de la vie de cette dernière.

M. D. : «Durant toute la pièce, la première monologuera sur leurs souvenirs communs, leurs joies, ses regrets, ses perspectives sur la société. Ainsi, nous avons accès à l’impact de ce récit sur le corps de l’autre, qui est complètement silencieuse. C’est en fait un dialogue.»

G. L-S. : «Nous avons donc accès au monde intérieur de celle qui part tranquillement vers la mort via la présence du chœur de danseuses. Elles représentent ses souvenirs, mais aussi celles qui l’ont constituée, celles qu’elle a croisées, celle qu’elle aurait pu devenir.»

Mireille Métellus et Ginelle Chagnon. Photo: Vanessa Fortin

Ce spectacle, c’est donc l’occasion rêvée de prendre un pas de recul et de s’accorder une pause méditative, car il propose des questionnements que chacun e s’est assurément posé – ou se posera – à un moment où l’autre de sa vie: «Comment trouver du sens dans cette société en accélération et en effondrement? Que nous restera-t-il lorsque nous serons au crépuscule de nos vies?» Dites-nous-en plus à ce sujet, et on serait également curieux de savoir avec quel état d’esprit vous espérez que votre public repartira des Écuries après la représentation!

M. D. : «On ne cherche jamais à dicter ce que le public retiendra de notre travail. Mais nous, en tout cas, ça nous fait vibrer. Hier, c’était la première du spectacle et la foule a réagi comme nous avons nous-mêmes réagi tout au long de la création. Il y a eu des rires et des larmes pendant et même après la représentation…»

G. L-S. : «Ce n’est pas un spectacle qui parle de vieillesse ou de la fin de vie; c’est une création qui en développe la perspective. On cherchait à adopter une approche qui nous permettait de prendre du recul sur les tensions causées par les multiples crises que nous traversons à notre époque. Pris∙es dans le feu de ce à quoi on s’identifie dans notre vie active, on oublie parfois que nous partageons notre condition humaine avec l’ensemble des 8,5 milliards de personnes sur Terre – alliés comme adversaires.»

«Le temps des fruits» de Mille Feux (2022 et en tournée en 2024). Photo: Denis Martin

Dans une ère aussi troublée que la nôtre – et ici on pèse à peine nos mots! –, à quel point les arts vivants représentent plus que jamais une échappatoire essentielle à votre survie?

G. L-S. : «Les arts vivants, c’est notre métier. Nous nous sentons responsables de créer des œuvres qui peuvent nous aider collectivement à surmonter les multiples défis de cette ère. Notre métier, c’est d’inspirer, de questionner, de créer de la beauté avec de l’inattendu. Nous n’avons surtout pas la prétention que c’est ce qui suffira; les artistes ont besoin de tous les autres corps de métier de la société, et vice versa.»

M. D. : «Concrètement aussi, quand on réalise un spectacle comme le nôtre, ça fait travailler beaucoup de gens. Alors on essaie aussi de changer les choses de l’intérieur en révolutionnant les vieux modèles de productions et en se donnant le temps de créer dans le respect et la dignité.»

G. L-S. : «Tout demeure tellement précaire dans notre milieu, on souhaite vraiment que les gens comprennent la valeur de ce que l’on fait et que les gouvernements nous permettent d’aspirer à des conditions de vie et de création décentes.»

Offrez-vous un moment de théâtre fort en émotions et achetez dès maintenant vos billets pour une représentation au choix d’Entre nous sommes pris entre nous en cliquant ici! Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec le Théâtre Aux Écuries.

La création «Entre nous sommes pris entre nous» en images

Par Vanessa Fortin et David Wong

  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong
  • «L’entrevue éclair avec…» Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, cofondateur∙ice∙s de Mille feux
    «Entre nous sommes pris entre nous» de Mille feux. Photo: Vanessa Fortin et David Wong

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