«Monuments slaves» de l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique – Bible urbaine

SortiesConcerts

«Monuments slaves» de l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique

«Monuments slaves» de l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique

Populaire et festif

Publié le 27 mars 2016 par Sara Thibault

Crédit photo : François Goupil

Le 25 mars, l'Orchestre Métropolitain présentait un concert Prestige dédié à deux oeuvres majeures du répertoire slave: la huitième symphonie en sol majeur de Dvořák et la Messe glagolitique de Janáček. Spécialiste de ce répertoire, le chef d'orchestre Christian Arming a dirigé le concert d'une main de maître en remplacement de Yannick Nézet-Séguin, qui a dû subir une intervention médicale.

Pour accompagner l’entrée en salle des spectateurs, les jeunes de la Chorale de la Commission scolaire English-Montreal, dirigée par Patricia Abbott, interprétaient des extraits du «Stater Mater» de Pergolesi. Accompagnée par l’organiste Mélanie Barney, la chorale d’enfants a su installer une ambiance propice au recueillement, alors que l’acoustique impeccable de la Maison symphonique faisait circuler leurs voix claires jusqu’aux dernières rangées du balcon.

La première oeuvre de la soirée consistait en la huitième symphonie de Dvořák, marquée par la variété de ses quatre mouvements où alternent les tonalités majeures et mineures. La pièce s’ouvrait par un «Allegro con brio» festif, qui donnait le ton à cette oeuvre légère, proche des inspirations populaires. S’en est suivi un «Adagio» romantique où les cordes avaient le beau rôle. Le troisième mouvement, un «Allegretto grazioso», consistait en un dialogue musical imagé entre les instruments à vent et les cordes. Puis, un «Allegro», qui s’ouvrait avec un solo de trompette magnifiquement interprété, terminait l’oeuvre de façon magistrale, alors que la mélodie s’échangeait d’un instrumentiste à l’autre pour créer un effet choral émouvant.

Encore aujourd’hui, la symphonie no 8 de Dvořák fait partie régulièrement des programmations musicales des plus grands orchestres du monde. Ses mélodies ensorcelantes séduisent toujours autant le public.

La seconde partie du concert était entièrement dédiée à la «Messe glagolitique» de Janáček, rarement présentée à cause du nombre de musiciens nécessaires, notamment le recours à un double-choeur. Écrite deux ans avant la mort de son compositeur, cette oeuvre reprend une liturgie en vieux slave. Loin du dogmatique et de la sévérité associés à l’Église, la «Messe glagolitique» se présente plutôt comme un ode populaire à la vie, à la création et à la nature.

Quatre excellents solistes étaient mis à contribution pour cinq des huit mouvements de la messe. La soprano finlandaise Camilla Nylund brillait particulièrement par sa maîtrise admirable des aigus et par sa voix toujours juste. Le ténor David Pomeroy se démarquait également par sa prestance sur scène et son interprétation très sentie. Le mouvement du «Gloria slava», pour soprano, ténor, choeur et orchestre, était d’ailleurs le moment plus réussi de la messe.

Confronté à la fois à la difficulté d’une partition écrite en vieux slave et à des rythmiques souvent irrégulières, le choeur a livré une belle performance. Malgré un manque d’assurance lors de certaines entrées, la force du nombre bonifiait la performance des solistes et de l’orchestre.

Parmi les moments les plus poignants de la soirée, mentionnons le «Postludium», avant-dernier mouvement de la messe, pour orgue seul. Résonnant dans toute la Maison symphonique, ce solo permettait de mettre en relief la sublimité du grand orgue Pierre-Béique.

L'événement en photos

Par François Goupil

  • «Monuments slaves» de l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique
  • «Monuments slaves» de l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique
  • «Monuments slaves» de l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique
  • «Monuments slaves» de l’Orchestre Métropolitain à la Maison symphonique

L'avis


de la rédaction

Grille des chansons

1. Stabat Mater de Pergolesi (extraits)

2. Symphonie no 8 en sol majeur (op.88 / B.163) de Dvořák

3. Messe glagolitique pour soprano, alto, ténor, basse, choeur, orgue et orchestre de Janáček

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début