Sorties
L’opéra «Samson et Dalila» à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
De belles prestations, mais pas de quoi faire trembler les murs
Crédit photo : Opéra de Montréal
En effet, malgré un décor basé sur les déplacements de murs et les projections numériques, malgré la splendeur nuancée des passages consacrés au chœur et la rareté des fioritures de voix, cet opéra n’a pas su échapper quelques artifices plus conventionnels, qui y deviennent pourtant de moins en moins tolérables. D’abord, après l’introduction, les longues tirades lyriques de Samson-Wottich nous rappellent à quel point peut devenir lourd, le défi… de recréer toute une mise en contexte historique à partir de quelques phrasés d’opéra. Ensuite une Dalida, magnifiquement interprétée par notre Marie-Nicole Lemieux nationale, vient finir de trancher avec ce cadre visuel étrangement contemporain par son apparition à l’allure des plus classiques.
Et puis, avouons-le, le thème central de cet opéra: un homme damné à cause de son désir pour une infidèle, vieillit mal, et d’autant plus dans une création qui a su si bien miser sur l’érotisme et la suavité scènes pour capter les regards. Mais pour en revenir aux voix, Wottich est correct d’un bout à l’autre, comme chanteur, mais comme interprète crédible, il manque parfois à l’appel. Pourtant, Saint-Saëns lui avait épargné les duels et les lentes et impossibles agonies qui rendent trop souvent les scènes d’opéra impensables. Heureusement, il peut compter sur une solide répartie du ténor Gregory Dahl et, bien sûr, de la splendide présence Marie-Nicole Lemieux, avec qui il offre ses meilleurs moments, en second acte. On le retrouve aussi en brillante compagnie auprès d’un autre Québécois, Alain Coulombe qui, malgré son rôle plus modeste de vieillard, se démarque définitivement par sa belle voix de baryton.
Après un début plutôt lent et quelques élégantes prestations en second acte, la présentation quitte subitement le registre de la sobriété pour nous entraîner en pleine festivité orgiaque. La reconstitution est rutilante, osée, d’abord envoutante. Un peu comme en finale d’une compétition pyrotechnique, y retrouve de tout, pour marquer l’esprit, mais finalement, dans le cas présent, un peu aussi n’importe quoi. Nous avions attendu si longtemps la scène parfaite. Maintenant qu’elle y était, on aurait pu se concentrer sur les humains et laisser un peu de côté les effets numériques.
Collaboratrice
Parallèlement à l'écriture de critiques littéraires, Marie-Hélène continue de se préoccuper des questions de marginalisation sociale, d'identité masculine et de prévention.
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de la rédaction
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