La Série en église du Festival de Lanaudière: des rendez-vous musicaux inusités – Bible urbaine

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La Série en église du Festival de Lanaudière: des rendez-vous musicaux inusités

La Série en église du Festival de Lanaudière: des rendez-vous musicaux inusités

Une expérience au cœur des racines du festival

Publié le 1 juin 2026 par Jessica Samario

Crédit photo : Festival de Lanaudière @ Tous droits réservés

Du 3 juillet au 2 août, la 49e édition du Festival de Lanaudière aura lieu majoritairement à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay de la Place des Arts à Joliette. Parmi sa riche programmation musicale, la Série en église propose des concerts uniques et plus intimes pour les adeptes de la musique classique ainsi que pour les curieux·ses.

Un événement d’envergure nationale

Producteur de disques, musicologue et historien de l’art, le directeur artistique du Festival de Lanaudière, Renaud Loranger, a grandi à Joliette. Il a donc été témoin de l’évolution de ce grand événement annuel qui était l’attraction principale de la région durant la saison estivale.

«Je vis en Europe depuis plusieurs années, mais toutes les racines de ma vie musicale sont vraiment à Joliette au Festival de Lanaudière. Alors, quand on m’a proposé d’en reprendre la direction artistique en 2018, c’était pratiquement impossible de refuser, parce que j’ai un attachement très profond à cette institution», a-t-il révélé au début de l’entretien.

Considéré comme le plus grand événement de musique classique en Amérique du Nord, le Festival de Lanaudière offre une expérience unique en proposant non seulement des concerts en pleine nature, mais aussi parfois des récitals, des opéras et des ballets.

«Avec nos efforts, on a recadré le festival pour qu’il soit assez près des idéaux de ses fondateurs en termes de diversité, d’ambitions et d’excellence artistique, en partie en proposant des artistes internationaux que les gens ne connaissent peut-être pas encore. Je suis très fier du festival tel qu’il est aujourd’hui», a ajouté le directeur artistique.

Parmi les grands titres cette année, on y retrouve plusieurs concerts de l’Orchestre symphonique de Montréal, dirigé par Rafael Payare, dont Une Vie de héros et Chostakovitch, ainsi que des concerts orchestrés par Yannick Nézet-Séguin de l’Orchestre Métropolitain, notamment Nézet-Séguin et Eberle: extase romantique, et Macbeth.

Saskia Giorgini. Photo: Christine Reichling

Des concerts en église pour une acoustique des plus impressionnantes

La Série en église présente cinq concerts dans des lieux distincts, adaptés à la proposition de chacun des musicien·nes. Loin de la foule de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, le public y vivra une expérience particulière de qualité dans des églises d’une jauge de 200 à 400 places.

«L’Amphithéâtre a été créé en 1989, alors que le Festival de Lanaudière en était à sa 12e édition. De 1978 à 1989, les concerts ont eu lieu généralement dans des églises de Joliette et des villages environnants. C’était une manière de rayonner un peu partout dans la région. Et on essaie, encore aujourd’hui, de sélectionner les églises pour leur qualité acoustique et leur beauté», a souligné Renaud Loranger.

«Les concerts en église, c’est une manière de se reconnecter aux racines du festival et d’aller à la rencontre d’artistes extraordinaires importants dans un contexte particulier de grande intimité, car la plupart des églises sont assez anciennes, dont certaines remontent au 19e siècle.»

Avec le temps, la qualité sonore des salles de concert a pris de l’ampleur, mais ce qui distingue celle que l’on retrouve dans plusieurs églises est dû à leur matériau de construction. Le directeur artistique précise qu’on ne retrouve pas cette qualité systématiquement dans toutes les églises. Un travail de recherche a été fait au fil des années afin de reconnaître les distinctions de chacune d’entre elles dans la région.

«Le bois (principalement dans le plafond et le plancher) est extrêmement propice à l’épanouissement sonore des musicien·nes. Ça crée une caisse de résonance naturelle et d’une précision tout à fait remarquable», a-t-il ajouté.

Julie Fuchs. Photo: Olivier Metzger

Une programmation accessible qui permet de décrocher

Que vous soyez passionné·es de musique classique ou tout simplement intéressé·es à élargir vos horizons musicaux, des artistes talentueux vous attendent avec cinq concerts aux diverses ambiances.

  • La Belle Époque selon Julie Fuchs, 7 juillet à l’Église de Saint-Ambroise
  • Christian Blackshaw au pinacle du romantisme, 8 juillet à l’Église de Saint-Alphsonse-Rodriguez
  • William Christie et Justin Taylor: symphonie de clavecins, 13 juillet à l’Église de Saint-Jean-de-Matha
  • Matthias Goerne et le Voyage d’hiver, 21 juillet à l’Église de Mascouche
  • Saskia Giorgini: poésie et noblesse, 28 juillet à l’Église de Sainte-Mélanie

«Comme entrée en matière, un récital de piano, c’est toujours approprié», a commenté Renaud Loranger en invitant le grand public à découvrir de nouveaux univers symphoniques. «Pour Saskia Giorgini, il s’agit de son premier concert au Canada.»

Il mentionne également le récital de chant de la soprano française Julie Fuchs mêlant les mélodies classiques, une certaine forme de jazz, avec des touches de cabaret, le tout inspiré des années folles. Un spectacle original qui saura charmer tout public!

Pour certain·es, le décorum de la musique symphonique peut paraître intimidant, alors qu’il est plutôt simple au Festival de Lanaudière. On doit surtout garder ses applaudissements pour la fin d’un morceau.

 «Si vous êtes inconfortables, ne vous en faites pas. Attendez. À la limite, regardez le chef d’orchestre, son langage corporel, la manière dont il s’exprime. Quand ce sera fini, vous allez le savoir»: c’est ce que le directeur artistique répète lorsqu’on lui pose la question.

En bref, la musique classique s’adresse à tout le monde, que l’on connaisse les œuvres et les musicien·nes ou non. Le Festival de Lanaudière est un point de rassemblement chaleureux où chacun y trouvera sa place et pourra vivre de grandes émotions au rythme des mélodies.

«Pour moi, c’est l’antidote absolu au trop-plein de virtuel et à la communication permanente. On est face à quelque chose qui, dans chaque cas, est pensé musicalement, conceptuellement et acoustiquement, et qui offre une expérience unique qui ne sera pas celle du lendemain et du surlendemain», a conclu Renaud Loranger.

Matthias Goerne. Photo: Marie Staggat

Découvrez la programmation complète du Festival de Lanaudière, qui aura lieu du 3 juillet au 2 août 2026, incluant les concerts de la Série en église. Que vous soyez mélomanes ou pas, cette sortie culturelle vous permettra de faire le plein de beauté et d’émerveillement. Coups de cœur garantis!

*Cet article a été produit en collaboration avec le Festival de Lanaudière.

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